Hydrogène de France s'apprête à entrer en Bourse sur Euronext

Hydrogène de France annonce l'approbation par l'Autorité des marchés financiers de son projet d'entrée en Bourse sur Euronext. L'entreprise est pionnière dans le domaine prometteur de l'hydrogène-électricité et vise 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Pour cela, elle a besoin de financer des investissements de plusieurs dizaines de millions d'euros dans une vingtaine de pays dont une centrale en Guyane et une usine de piles à combustible près de Bordeaux.

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Visuel de l'usine qu'Hydrogène de France projette de construire à Bordeaux Métropole pour 20 millions d'euros.
Visuel de l'usine qu'Hydrogène de France projette de construire à Bordeaux Métropole pour 20 millions d'euros. (Crédits : HDF Energy)

Fournir une électricité renouvelable non-intermittente grâce à une chaîne de stockage à l'hydrogène : c'est la promesse d'Hydrogène de France (HDF Energy). Créée en 2012 en tant que développeur de centrales électriques, la société peaufine depuis une double compétence d'ingénierie de projets de production d'électricité à partir d'hydrogène vert et de mise au point de piles à combustible. Basée à Lormont, près de Bordeaux, l'entreprise compte 25 salariés pour un peu plus de deux millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020. Et après des années de R&D, l'heure est aux travaux pratiques et à la recherche active de financements. HDF Energy a notamment été retenue début avril par Bordeaux Métropole pour reprendre une partie des terrains libérés par Ford Aquitaine Industries à Blanquefort, au nord de Bordeaux. La PME prévoit d'y investir 20 millions d'euros pour y construire une usine de piles à combustible à forte puissance.

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Entrée prochaine sur le marché Euronext Paris

Et pour réunir ces financements, qui s'élèvent en réalité a minima à plusieurs dizaines de millions d'euros au regard des différents projets de centrale solaire-hydrogène dont HDF Energy est partie prenante, Damien Havard, son fondateur et directeur général, a opté pour le marché boursier. Il s'en explique, en exclusivité, à La Tribune :

"C'est un choix que nous avons fait fin 2020 après avoir écarté les autres possibilités. L'adossement à un grand groupe ou un énergéticien ne correspond pas à notre volonté d'être un acteur indépendant sur ce nouveau marché que sont les énergies renouvelables non intermittentes grâce à l'hydrogène. De même, nous n'avons pas choisi la levée de fonds privée parce que la Bourse offre des avantages mieux reconnus à l'international au regard de ses garanties de transparence et d'indépendance qui sont rassurantes pour nos clients, fournisseurs et partenaires."

Ce mardi 25 mai 2021, HDF Energy est donc en mesure d'annoncer l'approbation de son document d'enregistrement par l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans le cadre de son introduction prochaine sur le marché réglementé d'Euronext à Paris, sous le numéro I. 21-023.

1,3 milliard d'euros d'investissements

Un choix éminemment stratégique qui fera office de révélateur grandeur nature pour cette entreprise longtemps regardée avec curiosité et scepticisme avant de convaincre la Région Nouvelle-Aquitaine de lui attribuer 800.000 de subventions l'an dernier et Bordeaux Métropole de la retenir pour les ex-terrains de Ford. Ce moment charnière correspond, selon Damien Havard, au véritable changement d'échelle que l'entreprise s'apprête à vivre.

"Une introduction en Bourse suppose un fonctionnement et des règles lourdes à gérer pour une entreprise comme la nôtre mais nous allons grandir très vite dans les prochaines années donc je suis convaincu que c'est le bon moment. Nous annoncerons nos différents projets au fur et à mesure de leur avancement mais leur diversité et leur taille nous permettront d'informer et de rassurer régulièrement nos futurs actionnaires", assure le dirigeant d'HDF Energy.

Signe encourageant pour la PME, l'un des premiers projets engagés, celui de la Centrale électrique de l'ouest guyanais (CEOG) vient de passer une étape importante. La ministre de la Transition écologique a signé le 7 mai dernier l'arrêté relatif au taux de rémunération du capital immobilisé. Cette centrale "renewstable" prévoit de produire annuellement 50 GWh d'énergie solaire photovoltaïque couplée à un stockage à l'hydrogène via deux piles à  combustible permettant de fournir une électricité continue et stable, de jour comme de nuit. Cet investissement de 130 millions d'euros, dont 20 % de fonds propres de Meridiam, la Sara et HDF Energy, va enfin pouvoir être mis en chantier prochainement avant une exploitation qui doit durer 20 à 25 ans.

Centrale CEOG Hydrogène de France

Visuel de la centrale de CEOG en Guyane (crédits : HDF Energy)

Au total, HDF Energy porte déjà onze autres projets du même type au Mexique, à La Barbade, à Chypre, en Australie, en Nouvelle-Calédonie et en Australie soit au total plus de 1,3 milliard d'euros d'investissements et plus de 80 MW de piles à combustible à installer d'ici 2025. "La mode de l'hydrogène n'est pas que française ou européenne mais mondiale. Les politiques regardent ça partout de très près mais ça n'empêche pas qu'il faut avant tout un modèle économique rentable. Depuis quatre ans nous avons franchi beaucoup d'étapes en nous autofinançant mais il est désormais temps d'accélérer", cadre Damien Havard.

100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025

L'entreprise girondine travaille également sur les centrales "HyPower", consistant à installer des piles à combustible de forte puissance sur des sites industriels, tout en ayant signé un accord d'exclusivité mondiale jusqu'en 2026 avec Ballard Power Systems pour ses piles à combustible, ainsi qu'un partenariat vec ABB pour la propulsion des navires ou, plus récemment, avec Atos pour la mise au point d'un data center alimenté à l'hydrogène vert.

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D'un peu plus de deux millions d'euros actuellement, Damien Havard s'est donc fixé l'objectif de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires à horizon 2025, soit une activité multipliée par cinquante ! Le tout en triplant les effectifs pour recruter des profils très qualifiés en France et à l'étranger et dépasser rapidement la centaine de salariés d'ici deux ans. "Ce sont des évolutions qui peuvent paraître énormes mais les premières piles à combustible du projet CEOG ne seront vendues que cet été et, ensuite, les revenus pour HDF issus des centrales "renewstable" sont estimés entre 12 % et 17 % des investissements totaux à la fois par les prestations de développement de projet et pour la fourniture des piles", ajoute le chef d'entreprise.

Quant à l'usine de piles à forte puissance prévue à Blanquefort, le rachat des terrains devrait intervenir après l'été pour une livraison toujours prévue en 2023. L'objectif est d'y développer une production annuelle de 100 MW sur 5.000 m2 pour un investissement total de 20 millions d'euros.

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