Un hydrogène vert et compétitif : le pari de Teréga et d'une trentaine d’industriels européens

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Le projet HyGéo permet d'étudier la question du stockage d'hydrogène dans une cavité saline de la commune de Carresse-Cassaber.
Le projet HyGéo permet d'étudier la question du stockage d'hydrogène dans une cavité saline de la commune de Carresse-Cassaber. (Crédits : Teréga)
SPÉCIAL HYDROGÈNE, LA FRANCE A L'HEURE H - Producteurs, consommateurs, gestionnaires mais aussi investisseurs. En tout, 30 industriels européens de l’énergie ont récemment annoncé le lancement du collectif HyDeal dont l’objectif est de produire un hydrogène vert à un prix compétitif. Parmi eux, l’entreprise Teréga, basée à Pau, travaille sur les questions du transport et du stockage de l’hydrogène. Elle participe au projet franco-espagnol Lacq Hydrogen qui constitue l'une des premières briques de la dorsale européenne de l’hydrogène.

Cela fait 5 ans que l'entreprise Teréga travaille sur l'hydrogène. "Il y a d'abord eu le projet Jupiter 1000 mené avec GRT Gaz à Fos-sur-mer. Puis, en 2018, avec le plan hydrogène initié par Nicolas Hulot, nous avons pris conscience que nous avions un rôle à jouer dans le déploiement de l'hydrogène. Notre cœur de métier depuis 75 ans consiste à transporter et stocker du gaz naturel. Nous nous approchons donc de notre cœur de métier avec un nouveau gaz", explique William Rahain, chargé d'études au sein du pôle Stratégie & Innovation de Teréga à Pau.

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Mais loin d'être seule, Terega s'inscrit désormais dans une démarche menée à l'échelle européenne. Un collectif de 30 industriels de l'énergie, dont elle fait partie, vient officiellement de lancer HyDeal Ambition. Cette initiative vise à permettre dès 2022, la production d'un hydrogène vert et compétitif sur le territoire européen en visant un prix de 1,5 euro le kg avant 2030. Objectif : accélérer la transition énergétique.

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La carte de la dorsale européenne de l'hydrogène qui vise à l'horizon 2040 40.000 km d'infrastructures dans 21 pays européens dont deux tiers de canalisations de gaz reconverties. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : Téréga)

L'amont et l'aval de la filière mobilisée

Le point de départ, c'est l'Espagne qui va produire de l'hydrogène vert, issu de l'électrolyse de l'eau à partir de l'énergie solaire, en grosse quantité.

"L'Allemagne est très intéressée, le Sud-Ouest est au milieu, et en l'occurrence, Teréga est le premier acteur de l'autre côté de la frontière, avec potentiellement des consommateurs d'hydrogène intéressés principalement sur la plateforme industrielle de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. L'enjeu du collectif constitué de toute la filière - développeurs, producteurs, gestionnaires d'infrastructures, énergéticiens mais aussi investisseurs - consiste à dessiner une dorsale européenne et à amener des éléments concrets en matière de modèle économique, de CO2 évité, de prix, de coût du transport et de stockage", explique William Rahain.

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Pour Teréga, ces éléments devront clairement aider à la prise de décision au niveau de la Commission européenne :

"Alors que beaucoup d'argent est débloqué dans le cadre des plans de relance, que de nombreux projets commencent à arriver, il va falloir définir des priorités. Et dans la balance, il sera décidé d'aider soit des projets de production décentralisés qui vont fabriquer de l'hydrogène à un prix plutôt élevé, soit des projets internationaux comme HyDeal avec des prix compétitifs mais nécessitant du transport."

Lacq Hydrogen, un projet franco-espagnol

Avec HyDeal, et dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt, GazelEnergie, Teréga et Soladvent ont d'ores et déjà déposé un dossier pour le projet franco-espagnol Lacq Hydrogen qui prévoit la construction d'une centrale à hydrogène vert pour une production d'électricité renouvelable 100 % pilotable à horizon 2026. S'il était retenu par l'Etat, il pourrait ensuite être aidé au niveau européen. "Plusieurs milliards d'euros peuvent être financés", précise William Rahain.

Dans le cadre de ce projet qui constitue l'une des premières briques de la dorsale européenne de l'hydrogène, Teréga s'attache à regarder comment les infrastructures existantes peuvent aider à déployer l'hydrogène en Europe et comment d'autres seront nécessaires. "En matière de transport, c'est bien règlementé. En terme de stockage, il y a en revanche tout à faire d'un point de vue de la règlementation", explique William Rahain.

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Une étude sur le stockage en région

Teréga étudie justement, depuis l'année dernière, la question du stockage d'hydrogène dans une cavité saline de la commune de Carresse-Cassaber en Nouvelle-Aquitaine avec le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et un autre acteur régional, Hydrogène de France (HDF), via le projet HyGéo. L'idée est de pouvoir stocker l'électricité sous forme d'hydrogène avant de la restituer au réseau, en cas de besoin, sous forme d'électricité. Une étude de faisabilité est en cours afin de caractériser le site, de valider la pertinence technique et économique de la réhabilitation d'un tel stockage. Budget total pour la réalisation de ce site pilote : 13,5 millions d'euros.

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