Hydrogène de France va investir 15 millions d'euros pour construire son usine à Blanquefort

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Vue d'une pile à combustible d'HDF en Martinique, où l'entreprise a réalisé un important projet.
Vue d'une pile à combustible d'HDF en Martinique, où l'entreprise a réalisé un important projet. (Crédits : Hydrogène de France)
Bordeaux Métropole, associée à la Région Nouvelle-Aquitaine et à la mairie de Blanquefort, a désigné Hydrogène de France comme premier lauréat de l'appel à manifestation d'intérêt concernant le terrain des Circuits, ancienne propriété de Ford. Hydrogène de France veut assembler dans sa future usine de Blanquefort de très puissantes piles à combustible.

Société d'ingénierie et de développement de projets en énergie renouvelable utilisant l'hydrogène, Hydrogène de France (HDF), à Lormont (Bordeaux Métropole), vient d'obtenir le feu vert de Bordeaux Métropole pour l'acquisition, dans la zone industrielle de Blanquefort (Bordeaux Métropole), des 3,5 hectares dont elle avait besoin pour construire sa première usine d'assemblage de piles à combustible d'ici à 2023.

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Cette surface représente grosso modo un tiers de la totalité du terrain dit des Circuits, qui s'étend sur 12,7 hectares à proximité de l'ancienne usine Ford Aquitaine Industries (FAI), en cours de démolition, qui de son côté est adossée à une emprise foncière de 88 hectares. L'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé par Bordeaux Métropole en mars 2020 portait bien sur la totalité de ce site industriel de 12,7 hectares et de nombreux prétendants étaient en lice pour en acquérir tout ou partie.

Un terrain des Circuits rétrocédé par Ford à Bordeaux Métropole moyennant une réduction de 4 millions d'euros de l'aide financière initialement promise au constructeur automobile par la collectivité, qui était de 18 millions.

Un prix théorique à l'hectare de 315.000 euros

Ce qui donne une première estimation théorique du prix auquel Ford a rétrocédé le tout, soit 315.000 euros l'hectare! A peu près ce qu'il faudrait payer à Bordeaux pour se faire construire une maison sur un terrain de même surface.

"Nous ne savons pas encore à quel prix nous allons acheter le terrain ni quand il sera disponible, probablement en septembre", estime pour La Tribune Damien Havard, fondateur et dirigeant d'Hydrogène de France.

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Un des plus gros projets industriels sur les rangs pour le terrain des Circuits était coordonné par le groupe Tesson et consistait à refaire de Bordeaux une capitale de l'embouteillage, moyennant 30 millions d'investissements et l'acquisition de la totalité des 12,7 hectares.

"Nous n'avons pas encore les 15 millions d'euros"

De son côté, HDF va assembler dans cette usine des piles à combustible de forte puissance, soit 1,5 MW.

"Pour cet appel à manifestation d'intérêt lancé par Bordeaux Métropole nous avons été les seuls à être sélectionnés mais nous n'avons besoin que de 3,5 hectares. Cette usine elle est déjà prête à être construite : nous avons tous les plans nécessaires au développement du bâtiment et d'ingénierie, qui ont été conçus avec notre partenaire, le cabinet d'architecture Patriarche. Nous n'avons pas encore les 15 millions d'euros nécessaires mais nous en avons une grande partie. Nous sommes rentables, financièrement sains et nous sommes sereins. Nous ferons des annonces à ce sujet un peu plus tard" éclaire pour La Tribune Damien Havard.

Décollage avec l'appui du groupe canadien Ballard, leader mondial

L'objectif d'HDF, qui annonce un chiffre d'affaires annuel moyen de 2 millions d'euros pour à peu près 100.000 euros de résultat net, avec une trentaine de salariés, est de lancer les travaux dès que toutes les études préalables auront été terminées.

Le programme étant de construire l'usine d'environ 8.000 m2 en 2022 pour une ouverture en 2023. Sur place HDF va produire ses piles en partenariat avec le leader mondial des piles à hydrogènes pour les bus : le groupe canadien Ballard, avec lequel HDF travaille déjà.

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"Nous avons signé avec Ballard puisque c'est un leader mondial dans les piles à hydrogène pour les bus. Nous n'allions pas réinventer l'eau chaude. Nous avons déjà envoyé des ingénieurs chez eux et quand l'usine va ouvrir, il y aura des gens de chez eux à Blanquefort pour nous guider au démarrage" précise Damien Havard.

L'usine devrait employer dans un premier temps une centaine de salariés. Chacune des super piles appelées à sortir de cette usine aura la taille de deux conteneurs standards, soit l'équivalent d'une remorque de semi-remorque. Le dirigeant précise que l'objectif est d'arriver à terme à sortir chaque année pour 100 MW de puissance. Ce qui devrait représenter 67 piles à combustible.

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"L'hydrogène est un nouveau vecteur énergétique en plein développement et à fort potentiel d'innovation : une filière industrielle bas carbone, un vecteur aux potentiels énormes pour la transformation des systèmes de production et de transport de l'énergie", souligne de son côté Bordeaux Métropole, qui précise que le projet porté par HDF "doit maintenant faire l'objet d'une mise au point entre les partenaires sur les aspects techniques, administratifs et financiers avant de passer dans sa phase opérationnelle".

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