Comment Synergy a trouvé un second souffle grâce à la Scop (2/10)

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Synergy réalise 80 % de son activité dans la sous-traitance électronique et tertiaire
Synergy réalise 80 % de son activité dans la sous-traitance électronique et tertiaire (Crédits : Agence APPA)
Pour cette ancienne association à la dérive, le passage en Scop début 2015 a été salutaire. L’entreprise adaptée Synergy, qui réalise 80 % de son activité dans la sous-traitance électronique et tertiaire, a doublé son chiffre d’affaires, renoué avec les profits et créé 50 emplois.

Synergy, dont le siège est à Pessac (Gironde), est aujourd'hui la plus grande société coopérative et participative (Scop) de l'ex-Aquitaine avec 170 salariés, dont les deux-tiers en situation de handicap. Et pourtant, il y a cinq ans, l'association qui portait alors l'activité était à la dérive. "La gouvernance associative était devenue vacillante et éloignée des exigences de nos métiers de sous-traitants électroniques. Elle freinait les décisions et ça s'est traduit par des pertes financières pendant trois ans et des équipes démobilisées", se souvient Eric Soumaille, l'actuel dirigeant de la Scop et ancien cadre de l'association. Avec un groupe de salariés, il décide début 2014 de porter le projet de transformation en Scop : "Le basculement a nécessité plus de dix mois de travail intensif avec un consultant et l'Union régionale des Scop mais il a finalement abouti. Il a fallu énormément communiquer en amont pour expliquer ce changement, convaincre les représentants du personnel et les salariés. Au final, ce basculement a clairement sauvé l'activité et les emplois."

Eric Soumaille Synergy

Eric Soumaille, dirigeant de la Scop Synergy (crédits : Agence APPA)

La nouvelle structure a non seulement permis de redresser la barre mais aussi de doubler le chiffre d'affaires en cinq ans, pour atteindre une dizaine de millions d'euros en 2019, tout en créant 50 emplois. "La priorité était de sortir l'entreprise de l'ornière. Nous avons donc eu quatre années difficiles et ingrates mais aujourd'hui nous affichons une croissance de 30 % en 2018 et probablement de 25 % en 2019", se réjouit le dirigeant élu en 2015 et réélu en 2017 pour diriger la Scop. Actuellement 60 % des 170 salariés de Synergy ont le statut d'associé et cette proportion devrait monter autour de 75 % à la fin de l'année prochaine compte tenu des statuts qui prévoient une période de deux ans avant l'entrée au capital.

"Des salariés acteurs plutôt que spectateurs"

Sur le plan financier, "le résultat net devrait être multiplié par trois ou quatre en 2019 et tout cela grâce à une très forte implication des salariés au quotidien qui a changé du tout au tout avec le statut coopératif. Désormais les salariés sont acteurs plutôt que spectateurs, ils deviennent co-responsables et co-décisionnaires de la destinée de leur entreprise. Pourtant, dès le départ, on leur a demandé de nous faire confiance sans leur promettre de retour sur investissement rapide", souligne le dirigeant de 56 ans.

Et la patience a payé : pour la première fois, Synergy va donc reverser l'an prochain au titre de 2019 des bénéfices en trois parts à peu près égales entre les réserves impartageables, les salariés et les associés. "D'ordinaire, en Scop on rémunère moins le capital mais, pour cette première année où l'on récolte les fruits des efforts collectifs, je veux vraiment récompenser les associés qui ont connu les années noires et qui ont fait un effort important en 2015", explique Eric Soumaille. Et les perspectives restent au beau fixe pour l'an prochain. Synergy prévoit de recruter entre dix et quinze nouveaux collaborateurs en 2020.

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Cet article est issu du dossier intitulé "Les PME de Nouvelle-Aquitaine misent sur le modèle coopératif", paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 29 novembre.

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