Navette Air France : Bordeaux Métropole demande la reprise des vols vers Orly

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La navette Air France entre Bordeaux et Orly est à l'arrête depuis le printemps 2020.
La navette Air France entre Bordeaux et Orly est à l'arrête depuis le printemps 2020. (Crédits : SA ADBM / APPA)
Réuni en séance plénière, vendredi 19 mars, le conseil de Bordeaux Métropole a adopté une motion demandant au gouvernement de rétablir deux liaisons aériennes matin et soir entre Bordeaux Mérignac et Paris Orly. Les élus EELV et En Marche et Philippe Poutou ont voté contre.

Votée par les élus PS, PCF et Générations de la majorité et par le groupe d'opposition Métropole commune (droite et centre) ce texte demande officiellement le redémarrage de la navette Air France quotidienne entre l'aéroport de Bordeaux Mérignac et celui de Paris Orly, au sud de Paris. Comme sur d'autres sujets, tels que l'aéroport et les Girondins de Bordeaux, la plupart des élus du groupe écologiste ont exprimé leur désaccord avec leurs alliés de la majorité en votant contre le texte.

A l'arrêt depuis le mois de mai 2020, à la suite du 1er confinement, la navette qui était fréquentée par 550.000 passagers par an, n'a pas redécollé depuis. Elle devrait, selon toute vraisemblance, rester définitivement au sol malgré les demandes des élus locaux et régionaux et de la CCI Bordeaux Gironde.

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"Cette suppression d'une liaison aérienne entre Bordeaux et Orly aura de graves conséquences sur l'économie et l'emploi du territoire qui n'ont pas été évaluées par le gouvernement. La métropole de Bordeaux accueille un bassin aéronautique de première importance générant 35.000 emplois et contribuant fortement au développement de la filière aéronautique française autour de groupes industriels de rayonnement mondial", est-il écrit dans la motion votée par le conseil métropolitain, qui assure que "le maintien d'un transport aérien minimal n'est pas contraire à une forte volonté de transition écologique comme le rappelle l'Union européenne qui admet la complémentarité entre l'aérien et le ferroviaire."

"Rétablir une offre minimale"

Alors que l'article 36 du projet de loi climat et résilience, actuellement examiné par l'Assemblée nationale en procédure accélérée, prévoit d'interdire les dessertes aériennes dès lors qu'une alternative de moins de 2h30 en train existe, les élus bordelais attendent un geste du gouvernement pour rouvrir deux liaisons le matin et le soir, contre dix aller-retour quotidiens auparavant :

"Il est demandé au gouvernement, au regard des enjeux économiques et sociaux d'une telle suppression pour notre territoire, d'introduire un amendement au projet de loi permettant, par exception, de rétablir une offre minimale (deux liaisons aériennes matin et soir) sur le fondement d'une analyse spécifique à chaque territoire. Cette disposition dérogatoire au principe général permettrait d'organiser une transition acceptable, incitative et encadrée dans le temps pour réduire progressivement les transports aériens de courte distance lorsqu'une alternative ferroviaire existe. Elle permettrait également de travailler à la sécurisation des transitions professionnelles."

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Le groupe Renouveau Bordeaux Métropole, qui réunit des élus LREM, soutien au contraire le gouvernement et a voté contre cette motion. "Passer à deux vols par jour concernerait peut-être quelques centaines de passagers mais ne serait pas un outil significatif pour le dynamisme de notre territoire. Sans compter que la viabilité économique de cette ligne ne serait pas au rendez-vous", écrivent les élus En Marche, qui ajoutent "cette transition écologique ne pourra se faire qu'avec des décisions fortes et des changements de comportements." Clément Rossignol-Puech, vice-président écologiste de la Métropole, juge lui le texte insuffisamment ambitieux, estimant qu'il faut prendre des décisions plus immédiates et plus strictes contre le dérèglement climatique.

A noter que Philippe Poutou (Bordeaux en luttes) a lui-aussi voté contre le texte tandis que Sébastien Saint-Pasteur (PS) et Typhaine Cornacchiari se sont abstenus.

Dans l'immédiat, à la fois l'aéroport de Bordeaux Mérignac (55 postes supprimés) et la direction régionale d'Air France (130 postes supprimés) ont annoncé d'importantes coupes dans leurs effectifs.

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Commentaires
a écrit le 24/03/2021 à 17:31 :
wiki, vous semblez oublier que les centres de décisions sont tous à Paris. Idem pour les financeurs. Idem aussi pour le siège de Dassault Aviation et d'autres sociétés. Idem pour les clients étrangers qui ne sont accessibles que via une correspondance à Orly ou Roissy. La vidéoconférence ne peut suffire à elle seule.
La SNCF se gave de subventions depuis des années. Cela ne l'empêche pas d'avoir une offre dépassée par rapport à celles de ses concurrents d'autres pays. Sa ponctualité est aussi à revoir, idem pour les horaires de ses trains. Au lieu de travailler sur son offre, certains ont jugé plus facile de supprimer la concurrence de l'avion.
La France est le seul pays d'Europe à interdire l'avion. Tous les autres cherchent à mieux combiner les deux dans une logique d'optimisation globale des transports et de réduction de l'impact environnemental réel.
a écrit le 23/03/2021 à 8:02 :
Moi je trouve cela bien que l'on ait pas en permanence des avions dans le ciel: cela fait moins de bruit, on ne les voit pas encombrer l'azur, on sait que cela fait moins de Gaz a effet de serre et que finalement cela doit coûter moins cher en tout.
En plus, cela évite de propager le virus et profite à la SNCF qui en a bien besoin.
En plus, quelle est la part des réunions sur Paris qui pourraient se faire en webex ou en 5G? Nos élus seraient-ils des amish?
a écrit le 23/03/2021 à 6:56 :
Pendant des années Air France a été prise pour la vache à lait....la chambre de commerce a « facilité » l’arrivée dés low-cost, appliquée des tarifs élevée pour les Compagnies historiques et aujourd’hui, les règles ont changé !!!
Bordeaux a son TGV, volonté politique « coûteuse », donc il faut assumer......le beur et l’argent du beur ....c’était avant.

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