Gironde : Jean-Luc Gleyze entrouvre la porte à la cogestion citoyenne du budget

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Jean-Luc Gleyze a fait aussi savoir qu'il attendait un complément de financement pour les pompiers du Département de la part de la Métropole.
Jean-Luc Gleyze a fait aussi savoir qu'il attendait un complément de financement pour les pompiers du Département de la part de la Métropole. (Crédits : Appa)
Le président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, a décidé de confier la gestion d’une fraction du budget à un panel de citoyens. Initiative qui s’inscrit dans la démarche d’un élu favorable au revenu universel, qui déploie aussi un programme climatique.

La conférence de rentrée du président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, hier jeudi, avait des accents héroïques. Le Département, qui a par exemple joué un rôle moteur dans le développement du revenu universel, reste engagé dans une démarche politique progressiste et Jean-Luc Gleyze a tenu à éclairer cette réalité. Développement de la fibre optique, des aires de covoiturage aux portes de la Métropole, pour réduire le trafic sur la rocade, des pistes cyclables : le président du Département a été clair, "la Gironde se veut à l'avant-garde sociétale et climatique".

Cet engagement, l'élu l'a aussi placé sous le signe de la résilience, de la capacité à surmonter de sévères traumatismes, surtout dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique. Ce qui n'empêche pas de penser à la politique du gouvernement, que n'a pas épargné l'élu. Jean-Luc Gleyze a ainsi cité plusieurs mesures qu'il juge à fort potentiel traumatique social : du durcissement des règles de l'attribution de l'allocation chômage à la nouvelle mouture de la réforme des retraites en passant par la crise du système de santé (urgences, désertification médicale) ou encore aux menaces contenues dans la réforme de la fonction publique. C'est ainsi que le président de la Gironde a remis en cause "des logiques globales d'économies qui vont à l'encontre de ce qu'attendent les gens". Une incapacité à tenir compte des attentes des citoyens qui aurait provoqué l'irruption des Gilets jaunes.

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L'agriculture : un enjeu central de la transition

Cette résilience, le patron du Département l'applique aussi à la lutte contre le dérèglement climatique, enjeu dans lequel est engagé depuis plusieurs années la collectivité, avec en particulier la mise en test grandeur nature d'un liant d'origine biologique pour le bitume. "Nous avons été certifiés Afnor, ce qui nous rend exemplaires puisque le Conseil départemental de la Gironde est le seul à avoir eu cette certification" souligne Jean-Luc Gleyze.

Ce thème de la résilience sera au menu des prochaines réunions des conseils des territoires et le patron du Département entend bien sensibiliser les élus intercommunaux girondins à la nécessité d'accélérer l'adoption de mesures adaptées aux enjeux climatiques. Jean-Luc Gleyze a été clair sur les prix et décline ce volet de la résilience en trois volets. "Comment les Girondins mangent-ils, comment boivent-ils, comment respirent-ils ? Parce qu'à minima la résilience c'est ça", a recadré le président.

Dévolution après coconstruction d'un règlement

Avec son vignoble, la Gironde reste une super puissance agricole et Jean-Luc Gleyze ne pouvait pas faire l'impasse sur ce pilier économique.

"Les enjeux climatiques obligent à adapter le modèle agricole. La Gironde est très observée à ce sujet et elle est très regardée sur l'évolution des traitements (agro-chimiques -NDLR). La situation est complexe. Donc il faut faire bien comprendre ce qui se joue pour ceux qui ont réussi (à changer de méthodes -NDLR), ceux qui sont réticents à y aller, etc." a déroulé l'élu.

Parmi les grands objectifs qu'il s'est fixé, Jean-Luc Gleyze veut faciliter l'expression des citoyens. C'est ainsi qu'il a lancé, avec l'aide "d'un cabinet expert", la constitution d'un panel de 40 citoyens représentatifs qui vont plancher sur la question de la résilience en Gironde, de septembre à avril prochain, avant de remettre un rapport sur le sujet.

Cette démarche prévoit par ailleurs la dévolution d'une fraction du budget général, de l'ordre de 2 M€, qui sera prise en main par un collectif de Girondins pour financer des projets citoyens, après coconstruction du règlement d'intervention, sachant que les projets aidés doivent être sélectionnés d'ici avril 2020. Jean-Luc Gleyze a par ailleurs annoncé le recrutement d'un nouveau général des services, en la personne de Renaud Helfer-Aubrac, qui succède à Philippe Mahé.

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