Président marquant de la Gironde, Philippe Madrelle est mort en habit de sénateur

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Philippe Madrelle
Philippe Madrelle (Crédits : Mikaël Lozano / Objectif Aquitaine)
Elu pour la première fois en 1965 comme conseiller municipal, Philippe Madrelle, ancien professeur d’anglais devenu une figure politique incontournable de la Gironde, est mort hier. Il n’arrivera pas au terme de son dernier mandat de sénateur qu’il avait prévu de ne pas renouveler en 2020.

Figure emblématique de la vie politique girondine, Philippe Madrelle, sénateur PS, est mort hier mardi 27 août 2019 à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Cet ancien professeur d'anglais né dans le nord Gironde, à Saint-Seurin-de-Cursac, où son père, Jacques, a été conseiller municipal SFIO (Section française de l'internationale ouvrière : ancêtre du PS -NDLR) puis maire, aura décroché un nombre impressionnant de mandats.

Comme le rappelle Jean-Luc Gleyze, actuel président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Philippe Madrelle est tombé dans la politique quand il était tout petit puisque son père recevait à la maison "nombre de personnalités de gauche" et qu'il n'hésitait pas à mobiliser la famille lors des préparatifs des campagnes électorales.

C'est ainsi qu'il va devenir un jeune militant du Parti socialiste et entamer une carrière politique à l'ancienne, cumulant un nombre très conséquent de mandats. Philippe Madrelle a commencé par être élu conseiller municipal d'Ambarès, en 1965, avant de devenir député (1968-1980), maire de Carbon-Blanc (1976-2001), président du Conseil général de la Gironde (1976-1985 et 1988-2015), du Conseil régional d'Aquitaine (1981-1985), et sénateur (1980-2019).

"Je lui dois tout" : Alain Rousset (Région)

Défenseur des campagnes, Philippe Madrelle, qui n'a jamais cherché à être maire de Bordeaux, manquait rarement de mettre en avant la défense des intérêts des territoires ruraux lors de ses conférences de presse de début d'année au conseil général. Philippe Madrelle entretenait ainsi à petite intensité, dans une forme pédagogique, l'antagonisme ancestral opposant une capitale girondine arrogante et dominatrice à des territoires ruraux méfiants, toujours prêts à résister à l'ogre marchand du port de la Lune. Et tout le monde reconnait qu'il n'arrêtait pas de labourer jour après jour ce territoire départemental qui est aussi la trame du plus vaste département de France métropolitaine, avec ses 10.000 km2, écumant villages, petites villes rurales et territoires reculés.

"Je lui dois tout" résumait hier dans la soirée Alain Rousset, président (PS) de la région Nouvelle-Aquitaine.

"Philippe Madrelle incarnait profondément et intimement la Gironde. Un département dont il était l'émanation dans ses valeurs de tolérance, de solidarité, de modération, de tempérance, d'humilité. Un département qu'il avait mis au service de tous les territoires, du Médoc à l'Entre-Deux-Mers, du Blayais au sud Gironde. Un territoire dont il connaissait les contours de chaque ville et village" résume Alain Rousset.

Avant de souligner : "Il a toujours attaché une importance particulière à la solidarité, à la cohésion entre les territoires ruraux et urbains... il avait quelque part pressenti les fractures territoriales mises en relief, avec fracas, ces derniers mois".

L'hommage de Nicolas Florian, maire (LR) de Bordeaux

"Un décentralisateur acharné" : Jean-Luc Gleyze (Département)

Présenté en 2017 par "L'Express" comme un "Champion du cumul des mandats..." et un chef de clan, Philippe Madrelle avait confié au magazine national qu'il arrêterait définitivement la politique en 2020, à l'échéance de son dernier mandat de sénateur. Jean-Luc Gleyze, élu du sud Gironde, qui a succédé en 2016 à Philippe Madrelle à la présidence du Conseil départemental de la Gironde, souligne l'ancrage territorial :

"Philippe Madrelle, décentralisateur acharné, a largement contribué à faire évoluer le paysage politique girondin et aquitain jusqu'alors majoritairement ancré à droite. Fervent défenseur des petites communes, du département et du juste équilibre entre monde rural et secteur urbain, Philippe Madrelle a aussi accompagné et encouragé nombre de femmes et d'hommes politiques qui auront fait leur chemin : Alain Rousset, Alain Anziani (maire PS de Mérignac et 1er vice-président de Bordeaux Métropole - NDLR), Michèle Delaunay (ex-députée PS et ex-ministre déléguée en charge des personnes âgées et de l'autonomie -NDLR), Gilles Savary (notamment ex-député PS -NDLR), entre autres... », déroule ainsi Jean-Luc Gleyze.

Fait du hasard, c'est lors de sa dernière conférence de presse de rentrée au titre de la présidence du Conseil général de la Gironde, le 7 janvier 2015, que les journalistes présents ont appris l'attaque de l'équipe de Charlie Hebdo à Paris, pour laquelle il avait demandé une minute de silence.

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Commentaires
a écrit le 29/08/2019 à 9:27 :
""Je lui dois tout" : Alain Rousset"

Et vous n'avez pas trouvé un meilleur hommage sans rire ?

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