Europlasma double le montant de ses fournitures de combustibles solides de récupération

Europlasma, spécialiste des technologies de dépollution utilisant la torche à plasma, vient de voir le montant de ses commandes pluriannuelles de CSR (combustibles solides de récupération) passer de 4,5 millions à plus de 9 millions d'euros. Par ailleurs le groupe landais se lance dans la construction en Auvergne d'une énorme usine de production de bouteilles de gaz haute pression en aluminium et corps creux.

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Vue de l'unité qui devait au départ produire de l'électricité à partir de biomasse et de déchets finement triés.
Vue de l'unité qui devait au départ produire de l'électricité à partir de biomasse et de déchets finement triés. (Crédits : Europlasma)

L'identité du client n'est pas plus précise qu'en mars 2021. Pourtant le contrat signé il y a dix mois poursuit son bonhomme de chemin et le donneur d'ordre mystère qui a décidé de se fournir en combustibles solides de récupération (CSR) auprès d'Europlasma, à Morcenx (Landes/Nouvelle-Aquitaine), via sa filiale Chopex, en veut encore plus. L'avenant signé ce 6 janvier 2022 double ainsi le montant initial des commandes de CSR sur cinq ans, en le portant de 4,5 à plus de 9 millions d'euros. Ce doublement du chiffre d'affaires est lié à la quasi multiplication par deux de la production, à une répercussion de la hausse du prix de l'énergie sur la valeur de la tonne de CSR mais aussi à l'extension des compétences déléguées à Europlasma.

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Chopex s'impose ainsi comme un nouvel acteur de référence sur ce marché très spécifique qui fournit notamment en combustible les gros consommateurs en énergie que sont les cimenteries. Un résultat très encourageant qui valide le pronostic fait par Jérôme Garnache-Creuillot à l'été 2019, lors de son arrivée en tant que PDG aux commandes du groupe Europlasma, spécialiste landais des opérations de dépollution utilisant la torche à plasma. Un groupe qui a réalisé un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros au 1er semestre 2021, avec 90 salariés, et qui poursuit sa restructuration de façon très encourageante après avoir failli disparaître en 2019.

Pour le PDG ce contrat marque un engagement environnemental

"C'est un nouveau succès pour Europlasma. Rappelons-nous qu'au moment de la reprise l'usine était à l'arrêt et que cette nouvelle activité de préparation de CSR a été lancée il y a tout juste un an. Nous avions ensuite annoncé en mars 2020 la signature de notre premier contrat et notre ambition de doubler le volume d'activité dans les prochains mois. C'est à présent chose faite !

Nous faisons chaque jour la preuve de notre engagement en faveur de la préservation de l'environnement en offrant aujourd'hui de multiples solutions pour réduire l'empreinte écologique de l'activité humaine. Cela nous positionne déjà de facto comme un acteur majeur de la dépollution des déchets complexes. L'histoire ne fait que commencer cependant", affirme Jérôme Garnache-Creuillot, PDG d'Europlasma.

Un atout né d'un très sévère échec industriel

En rappelant que l'usine était à l'arrêt lors de la reprise du groupe par la nouvelle équipe, Jérôme Garnache-Creuillot est loin d'exagérer. Parce que les CSR de Chopex sont tout ce qu'il reste de la volonté d'Europlasma de fabriquer de l'électricité à partir de la combustion de déchets et de biomasse. Une tentative qui a duré des années, englouti des millions d'euros et failli provoquer l'effondrement total du groupe. Cette longue et dangereuse séquence du prototype industriel lancé sur le marché de l'énergie électrique alternative sans crash test préalable a pourtant donné aux ingénieurs de ce groupe d'avant-garde un savoir-faire incomparable. L'aptitude à sélectionner, préparer et calibrer le volume exact de déchets nécessaires à une combustion optimale en fonction de leurs caractéristiques physiques.

Détenteur d'une technologie unique au monde, celle de la neutralisation définitive des déchets d'amiante, via sa filiale Inertam, Europlasma, coté en bourse, sauvé de la liquidation judiciaire grâce à l'intervention du fonds d'investissement britannique Alpha Blue Ocean (ABO), fondé et dirigé par Pierre Vannineuse et l'arrivée d'une nouvelle équipe de managers, est désormais sur une toute nouvelle trajectoire.

Europlasma investit dans les Forges de Grézat

Après avoir repris Tarbes Industry, à Tarbes (Occitanie) l'an dernier, spécialisé dans la fabrication de grands corps creux, qui vont permettre au groupe landais de produire ses propres torches à plasma, Europlasma vient d'annoncer qu'il va investir 25 millions d'euros en fonds propres et autant en endettement, soit 50 millions d'euros, dans un énorme projet à 100 millions d'euros, qui consiste à relancer l'activité de Luxfer, dans le Puy-de-Dôme, qui est la dernière usine d'Europe spécialisée dans la production de bouteilles de gaz haute pression pour l'oxygène médical. Une opération menée dans le cadre d'une importante mobilisation financière de l'Etat et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Objectif : ressusciter ces forges pour en faire une usine de dernière génération 4.0 (intégration numérique de l'industrie) pour la production de bouteilles de gaz haute pression (corps creux) en aluminium recyclé. Activité qui va notamment permettre à Europlasma de recycler des déchets d'aluminium générés par la future fabrication de ses propres torches à plasma à Tarbes Industry et de trouver une solution pour les stocks de ce métal qui existent en Europe.

Le centre de R&D de Laixi, au nord-est de la Chine, inauguré

Europlasma va pouvoir réinvestir dans ce nouveau projet auvergnat son savoir-faire  dans le recyclage des déchets d'aluminium acquis en Chine continentale par le biais de sa filiale Europlasma Ennvironmental Technologies (EET), à Laixi, au nord-est du pays, face à la péninsule de Corée, où le groupe est présent depuis 2019. Sur place, Europlama a participé à la création d'un centre de recherche franco-chinois où travaillent des scientifiques des universités de Tsinghua, à Pékin, Hanghzou Dianzi, au sud de Shanghai, et des experts du groupe landais.

Avec un centre de recherche et développement qui vient d'être inauguré. Grâce à ce partenariat franco-chinois, Europlasma a construit un four prototype de traitement des déchets d'aluminium, qui est en test, et reçu commande de quatre unités complètes de vitrification des cendres volantes, ainsi que d'une unité de dépollution et valorisation des déchets d'aluminium, que la direction du groupe qualifie d'unique au monde.

Le groupe landais veille à la protection de ses brevets

Europlasma prend bien soin de préciser qu'au terme des recherches entreprises dans le cadre de ce centre de recherche, la propriété intellectuelle sera détenue à 100 % par EET et qu'en cas de dépôt de brevet l'université Hanghzou Dianzi sera mentionnée en tant que corédacteur, sans transfert de droit de propriété intellectuelle. Rappelons qu'en juillet dernier EET a signé une lettre d'intention avec un métallurgiste du sud de la Chine continentale, dans la province de Jiangxi, dont l'identité n'a pas été dévoilée.

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Cette lettre d'intention, assortie d'une période d'exclusivité de trois ans, "s'inscrit dans le cadre de la fourniture mi-2023 d'une unité unique au monde de dépollution et valorisation des déchets d'aluminium", relève la direction d'Europlasma. Cette installation devrait permettre de traiter 30.000 tonnes de déchets d'aluminium par an. Avec à terme un objectif annuel fixé à 150.000 tonnes. Le métallurgiste du sud de la Chine s'est engagé à confier à EET la totalité de ses déchets d'aluminium pendant toute la durée de l'exploitation, ce qui garantira la rentabilité et la viabilité économique du site.

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