Smart City Bordeaux : comment viser une métropole plus inclusive ?

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Nicolas Hazard, fondateur d'INCO, Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux, et Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers
Nicolas Hazard, fondateur d'INCO, Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux, et Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (Crédits : Agence APPA)
Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux, Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers et Nicolas Hazard, fondateur d'INCO, ont débattu ce matin des inégalités générées par les métropoles et du rôle de l’économie sociale et solidaire, dans le cadre du Forum Smart City Bordeaux organisé par La Tribune.

"Bordeaux Métropole génère non pas des inégalités mais des opportunités." Le message d'Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, en ouverture de cette table ronde, est clair. Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FPI) n'est pas là pour le contredire."Le phénomène de la métropolisation a été très vertueux car il a apporté à ces territoires une certaine autonomie vis-à-vis de Paris. Il a également su créer de la valeur ajoutée économique", précise-t-elle.

Et Alain Juppé de poursuivre : "Bordeaux est devenue attractive avec une ouverture sur le monde, un pôle aéronautique et spatial qui se développe, sans oublier la filière numérique et informatique, la santé, le tourisme. La ville connait aussi une forte croissance démographique." Pour autant, le maire de Bordeaux ne se voile pas la face.

"Il y a des contreparties à cette croissance : la tension immobilière et la congestion automobile."

Mais pas question pour lui de s'arrêter là. "Nous sommes en situation de concurrence avec les autre villes françaises et européennes. Notre défi est donc le suivant : comment gérer la croissance en gardant une haute qualité de vie ?" C'est dans cette perspective qu'il a lancé en février dernier la mission Bordeaux Métropole 2050, une large campagne de concertation qui aboutira en mars 2019. L'idée ? Réfléchir à la manière dont nous nous logerons demain. Comment nous déplacerons-nous ? Comment travaillerons-nous ? Ou encore comment allons-nous nous soigner, nous nourrir, nous former ?

L'ESS, 12 % de l'emploi régional

Selon Alain Juppé, "la mauvaise réponse à la problématique de l'inégalité serait de brider les métropoles. La bonne : jouer la carte du partenariat avec les territoires périphériques et la complémentarité." En ce sens, "les petits bourgs ne doivent pas être aspirés. Il ne faut pas chercher à calquer le modèle métropolitain mais développer ou inventer un modèle économique propre aux territoires périphériques", avance Alexandra François-Cuxac.

"Il faut se réinventer et pour cela, une réponse : l'économie sociale et solidaire c'est trouver des solutions pour rendre nos territoires plus inclusifs, créer du lien social et réinventer nos modèles", insiste pour sa part Nicolas Hazard, fondateur et président d'INCO mais aussi fondateur du réseau mondial IMPACT², le DAVOS de l'entrepreneuriat social. "Notre monde est fini, les ressources sont finies. A l'inverse, la connaissance est infinie", précise celui qui prend Darwin pour exemple, "le laboratoire de cette nouvelle économie à Bordeaux qui se construit sur un modèle économique sérieux. C'est de l'entrepreneuriat avec une logique de changement de paradigme et de contaminations croisées."

L'économie sociale et solidaire, Alain Juppé y croit aussi. Le conseil métropolitain a adopté en juillet 2016 un plan d'actions 2016-2018 pour le développement de l'ESS sur le territoire de Bordeaux Métropole.

"C'est un secteur créateur d'emplois qui représente 12 % de l'emploi dans la région, dont 17 % à Bordeaux."

Le défi des nouveaux quartiers

Sur la question de l'immobilier et précisément les critiques autour de la densification, le maire de Bordeaux précise que l'idée de départ était bien de lutter contre l'étalement urbain et donc de préserver les espaces verts. "C'est pour cette raison que nous avons décidé de construire dans les pôles urbains mais pour accueillir plus d'habitants, il faut monter un peu plus haut. Cela dit, je tiens à préciser qu'on appelle tour à Bordeaux, un immeuble de 7 étages", lâche-t-il un brin rieur. Alain Juppé qui en profite pour citer le quartier des Bassins à flot et donc vanter les mérites de "l'urbanisme négocié". Le défi est désormais de créer des lieux de vie.

"Le métier de promoteur immobilier se transforme et se déplace sur la question des usages", poursuit Alexandra François-Cuxac. "Il faut en effet réfléchir à la manière dont on va vivre ensemble. Les promoteurs travaillent notamment sur la manière dont on va occuper les parties communes. La mixité décrétée à l'échelle du pallier ne garantit pas la mixité à l'école ou dans la rue. Il faut travailler sur les espaces communs, les espaces partagés."

Autre idée développée par Alexandra François-Cuxac :  "Il est important de travailler sur la question de la simplification et c'est l'objet du projet de loi ELAN. On n'a pas pu être parfait quand on a créé les PLU. C'est un exercice très difficile, ils sont donc imparfaits."

Les pistes de travail ne manquent pas. Une chose est sûre, pour les trois intervenants, l'heure n'est pas au pessimisme, bien au contraire. La preuve avec cette citation de Churchill reprise par Nicolas Hazard pour parler des évolutions de l'emploi : "Un pessimiste voit un risque dans toute opportunité. Un optimiste voit une opportunité dans chaque risque."

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Commentaires
a écrit le 05/04/2018 à 9:13 :
En tenant les loyers et les prix de l'immobilier bas, mais pour ça c'est sûr il ne faut pas avoir peur de déplaire à son électorat monsieur Juppé, hein...

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