Inclusion numérique : les Bordelais d'Aptic récompensés par l'Etat

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Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique, Dominique David, députée LREM de Gironde, et Gérald Elbaze, directeur général d'Aptic
Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique, Dominique David, députée LREM de Gironde, et Gérald Elbaze, directeur général d'Aptic (Crédits : PC / La Tribune)
Après sa levée de fonds de 2,5 M€, la société coopérative Aptic dédiée à la lutte contre les fractures numériques, a reçu la visite de Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, venu visiter ses locaux et saluer son action structurante au service de l'inclusion numérique à l'échelle nationale. Il reste à enrôler encore davantage les entreprises.

Près de deux ans après le déplacement à Bordeaux de son prédécesseur, Mounir Majhoubi, déjà sur le thème de l'inclusion numérique, Cédric O, le secrétaire d'Etat en charge du Numérique, était en Gironde les 25 et 26 septembre dernier. Après avoir notamment visité les locaux de Cdiscount et un lieu de médiation numérique, à Bourg-sur-Gironde, il est venu remettre aux équipes de la société coopérative d'intérêt collectif (Scic) Aptic le "Label inclusion numérique".

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Le trophée "Label numérique inclusif" (crédits : PC / La Tribune)

Une reconnaissance supplémentaire pour la démarche d'Aptic en faveur de la structuration et de la montée en compétence des multiples acteurs de l'inclusion numérique au niveau national. Ce label, qui s'inscrit dans une logique de grande coalition de tous les acteurs, impose notamment l'utilisation de logiciels libres, le partage des travaux et l'articulation avec d'autres outils d'apprentissage du numérique.

Lire aussi : Inclusion numérique : la coopérative Aptic change d'échelle en levant 2,5 M€

Installée à Darwin, Aptic est en effet le distributeur exclusif des Pass numériques auprès des collectivités locales, des entreprises, des opérateurs publics et des associations. Ce titre conçu sur le principe des chèques restaurant permet à son bénéficiaire de se former au numérique dans un lieu ad hoc. Aptic distribue déjà l'équivalent de 10 à 12 M€ de Pass numériques par an et vise un rythme de croisière à 15 M€ par an.

Mais pour lancer la machine, il reste encore à surmonter au moins deux difficultés : débloquer des crédits de paiement pour 2020 et enrôler davantage les entreprises qui sont souvent moins motivées que les collectivités territoriales pour s'engager sur l'inclusion numérique. Après les 10 M€ prévus par l'Etat en 2019, Cedric O espère un peu plus : "Le dispositif a vocation à être pérenne et à fonctionner de lui-même mais il faudra sans doute un peu plus que 10 M€ en 2020 pour amorcer le mouvement auprès des collectivités et des entreprises qui prendront ensuite le relais pour le financement et la distribution des Pass numériques", explique-t-il.

Les entreprises, une terre de conquête

Un avis partagé par la députée LREM de Gironde, Dominique David, qui suit le sujet au sein de la commission des finances de l'Assemblée nationale : "Il faut mettre le paquet l'an prochain sur les Pass numériques pour initier le mouvement. C'est important et on va y travailler. D'autant que l'inclusion numérique ce n'est pas que l'accès aux services publics, même si c'est essentiel, c'est aussi l'accès à la culture, à sa famille, à la comparaison des prix et des produits. C'est un ensemble d'usages modernes."

Quant à l'enrôlement des entreprises, le secrétaire d'Etat au numérique assume un rôle "de catalyseur et de coordonnateur auprès des décideurs et chefs d'entreprise qui sont déjà nombreux à agir de leur côté". La part des entreprises privées dans les Pass numériques distribués par Aptic n'est que de 10 à 15 % actuellement. "Les entreprises n'étaient pas une cible prioritaire jusque-là, c'est une terre de conquête pour nous dans les années qui viennent mais je suis optimiste car il y a un consentement à payer qui est bien réel chez les acteurs privés. Ils comprennent que c'est aussi dans leur intérêt de former toutes les populations aux outils numériques", observe Gérald Elbaze. L'objectif étant d'obtenir à terme peu ou prou un équilibre entre l'Etat, les collectivités territoriales, les opérateurs publics et le secteur privé.

Un programme spécifique est aussi en cours d'élaboration par Aptic pour accompagner spécifiquement les travailleurs sociaux "qui sont 72 % à se déclarer en difficulté quand ils sont confrontés à des sujets numériques pour aider une personne accompagnée", rappelle Gérald Elbaze.

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Le secrétaire d'Etat entouré des équipes d'Aptic et de Dominique David (crédits : PC/La Tribune).

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