Le groupe Lectra maintient sa croissance dans un marché international chahuté

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Javier Garcia, directeur Lectra Asie-Pacifique, Daniel Harari PDG du groupe, et Céline Choussy, directrice marketing et communication au Cisma 2019 (salon international dédié aux technologies du textile et de l'habillement) à Shanghai.
Javier Garcia, directeur Lectra Asie-Pacifique, Daniel Harari PDG du groupe, et Céline Choussy, directrice marketing et communication au Cisma 2019 (salon international dédié aux technologies du textile et de l'habillement) à Shanghai. (Crédits : Lectra)
Malgré un léger recul des commandes le groupe Lectra a renforcé sa trésorerie et son résultat net au cours des neuf premiers mois de 2019. Malgré l’impact négatif des tensions internationales sur le commerce, Lectra devrait boucler un exercice 2019 conforme à sa feuille de route.

Le groupe Lectra, à Paris et Cestas (Gironde), leader mondial de la conception et de la fabrication de systèmes de découpe de matériaux souples (cuir, tissus...), vient de dévoiler son bilan du troisième trimestre et sur les neuf premiers mois de l'année. Engagé sur trois grands marchés (confection, automobile, ameublement) et un contexte international rendu difficile notamment à cause de la guerre économique sino-américaine, le groupe Lectra a déjoué les scénarios les plus pessimistes.

A l'issue du 3e trimestre le groupe, qui concentre sur son site de Cestas (où l'entreprise est née), son unité de production, ses équipes de recherche et développement ainsi que son hall d'exposition international, a réalisé un chiffre d'affaires 68,6 M€, en hausse de 1,7 % sur un an, par rapport à la même période en 2018 à données comparables (c'est-à-dire avec des chiffres 2019 traduits aux cours de change 2018). Tandis que son résultat opérationnel restait bien orienté, à 12,3 M€ (+2 % toujours à données comparables) contre 11,3 M€ au 3e trimestre 2018. Dans le même temps le résultat net du groupe, qui emploie 1.700 salariés, dont près de 700 à Cestas, a progressé de 11 % sur un an, à 8,7 M€ à données réelles (c'est-à-dire constantes).

"Le 3e trimestre est bien par rapport aux deux premiers et c'est encourageant, cela démontre la solidité de notre modèle économique. Le seul point décevant c'est le niveau des commandes. Nous sommes toujours les premiers touchés par les crises. Là les choses se passent plutôt bien car nos clients ont eu le temps de s'adapter, ce qui est positif même si le contexte international n'est pas au top" éclaire Daniel Harari, PDG de Lectra.

La nouvelle offre 4.0 trouve son public

Le cash flow libre (flux de trésorerie disponible) trimestriel de Lectra progresse quant à lui très fortement, à 5,6 M€ (soit une hausse de 330 %). Le PDG observe tout d'abord que le manque de visibilité sur les marchés, occasionné par les tensions internationales et le poids de l'incertitude, va conduire la direction à suivre l'évolution de ses commandes "trimestre par trimestre".

Mais il se félicite aussi que la nouvelle offre 4.0 du groupe, dont fait partie "Fashion on demand" (la mode à la demande), la solution digitale qui permet de produire des vêtements sur-mesure à des tarifs proches de ceux du prêt-à-porter, est bien reçue par les marchés. Il rappelle que l'acquisition cet été par Lectra de la startup belge Retviews revêt un caractère stratégique.

"Retviews est spécialiste de l'intelligence artificielle et a développé une technologie clé pour l'usine 4.0. Par ailleurs c'est une petite société qui a des comptes équilibrés et qui s'autofinance" éclaire Daniel Harari.

Sur les neuf premiers mois Lectra a également engrangé de très bons résultats malgré le recul de 3 % (à données comparables) de son chiffre d'affaires, à 205,8 M€. Le résultat opérationnel est lui aussi en retrait, de 4 %, à 29,7 M€. "Nous avions prévu ce contre-coup qui est lié à la bascule de notre offre commerciale des logiciels en mode Saas (logiciel en tant que service : sur abonnement)" relève Daniel Harari. Le résultat net, en données réelles, progresse de +6 % à 21,3 M€.

Un impact monétaire positif en 2019 qui rattrape 2018

Groupe international, Lectra n'échappe pas à l'impact des variations monétaire qui, sur les neuf premiers mois de 2019, a été tout à fait positif. L'évolution des devises, avec une parité moyenne de 1,12 $ pour 1 €, mais aussi une appréciation du yuan par rapport à l'euro, a été favorable aux entreprises exportatrices de la zone euro. C'est ainsi que Lectra a vu son chiffre d'affaires grimper de 4,1 M€ (+2 %) et son résultat opérationnel de 2,6 M€ (+10 %) dans les chiffres exprimés à données réelles par rapport à ceux établis à données comparables (c'est-à-dire à valeur constante, sans effet de change).

"L'impact monétaire est exactement l'inverse de celui de l'an dernier, ce qui nous ramène à la situation de 2017. Concernant le 4e trimestre 2019 nous savons où nous en sommes et le chiffre d'affaires est joué. Il n'y a que les commandes de fin d'année que nous ne connaissons pas et qui conditionnerons le début d'activité de 2020" recadre Daniel Harari, qui ne cache pas que si le niveau actuel des tensions internationales (Chine, Brexit, Turquie...) a été anticipé, il reste une préoccupation.

Le 11 février 2020 les résultats de Lectra en 2019 seront rendus publics et le 20 février suivant le PDG fera connaître la feuille de route du groupe pour les années 2020 à 2022. D'ici là aucune information à ce sujet ne filtrera : ni en interne ni à la maison : "J'ai déjà averti mes enfants que je ne leur dirai rien à ce sujet avant la date fixée" fait savoir Daniel Harari. Une façon très politique d'annoncer sa fermeté.

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