Papeterie de Bègles : les ex-salariés proposent une colocation à Global Hygiène

Il y avait deux projets en discussion pour réindustrialiser le site de la papeterie de Bègles. Celui de Global Hygiène et celui de l’association Avenir Papèterie de Bègles. Fin décembre, Etex a finalement retenu le 1er, en lien avec l'EPA Bordeaux Euratlantique. Malgré cet échec, les anciens salariés souhaitent faire cohabiter les deux projets. Un vrai pari. Explications.

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Le site de la Papeterie de Bègles est à l'arrêt depuis début 2021, après l'annonce du désengagement d'Etex en octobre 2020. 91 salariés ont été licenciés.
Le site de la Papeterie de Bègles est à l'arrêt depuis début 2021, après l'annonce du désengagement d'Etex en octobre 2020. 91 salariés ont été licenciés. (Crédits : DR)

Elle a pris un coup mais n'est pas abattue. L'association Avenir Papèterie de Bègles, composée d'anciens salariés et dont le projet Origami n'a pas été retenu par le groupe Etex pour la réindustrialisation du site de Bègles, en Gironde, débute cette année 2022 avec une nouvelle proposition. Alors qu'elle vient de rencontrer Alain Rousset, président (PS) de la région Nouvelle-Aquitaine et Clément Rossignol Puech, maire (EELV) de Bègles, elle vient également de prendre contact avec le dirigeant de la société Global Hygiène, dont le projet de reprise a été retenu par Etex. Objectif : lui proposer la cohabitation de leurs deux projets.

"Nous avons besoin des produits de Global Hygiène. Dans le même temps, notre projet répond à des enjeux environnementaux cruciaux : le recyclage des vieux papiers et l'isolation des bâtiments. Si le projet Origami ne se met pas en œuvre, nous aurons raté une réponse à ces enjeux. C'est pour cette raison que nous continuons à le défendre", insiste Jean-Jacques Bordes, consultant pour l'association.

"C'est le projet qui est important", abonde Bernard Fournier, également consultant et bénévole de l'association.

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Des propositions complémentaires

L'association a déjà quelques arguments à avancer :

"Les installations dont Global Hygiène ne veut pas, nous en avons besoin, et inversement : ce dont ils ont besoin ne nous servirait pas. Mais il y a aussi un intérêt économique à ce que les deux projets voient le jour ensemble. Nous passerions de 3.000 tonnes de papiers recyclés par an à 100.000 tonnes, de 30 à 140 emplois et nous pourrions mutualiser les infrastructures, les énergies notamment, gaz et électricité", explique Claude Duthil, président de l'association qui rappelle que le projet Origami prévoyait également la création d'un CFA.

Contacté par La Tribune, Luc Brami de Global Hygiène, dit avoir, à ce stade, expliqué à l'association qu'un préalable pour leur répondre était de lui décrire le projet Origami qu'il ne connaît pas. Pour rappel, le projet de Global Hygiène a été retenu fin décembre pour sa "robustesse financière et des débouchés commerciaux plus certains", selon le communiqué d'Etex publié le 25 décembre.

L'EPA acquiert le site

Pour être tout à fait exact, Etex a signé un protocole d'accord avec l'Etablissement public d'aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique qui se porte acquéreur du site et permettra la concrétisation du projet industriel de Global Hygiène sur une partie du site. Une information qui interpelle au sein de l'association Avenir Papèterie de Bègles. "Nous avions fait une première proposition qui reprenait plus ou moins ce schéma. Elle n'avait pas été retenue", rapporte Claude Duthil. Selon l'association, la Région, qui ne siège pas au conseil d'administration de l'EPA, souhaiterait se rapprocher de l'EPA, de Global Hygiène et d'Etex pour nouer le dialogue.

A la veille de Noël, dans un communiqué, le maire de Bègles, qui siège au conseil d'administration de l'EPA, se félicitait, "de la pérennisation et de la sauvegarde de l'industrie papetière à Bègles par cet accord entre Etex, Global Hygiène et l'EPA" tout en appelant "le groupe Global Hygiène à imaginer un avenir commun avec les anciens salariés qui ont beaucoup à apporter au projet." Aucun calendrier n'a, à ce jour, été dévoilé par Etex qui précise toutefois "s'être engagé à nettoyer l'usine, les ateliers et les machines ainsi qu'à procéder au retrait des matières premières et des produits finis. L'EPA et Global Hygiène auront toutes les cartes en mains pour relancer le nouveau projet en 2022." Le site de la Papeterie de Bègles employait 91 salariés.

Contacté par La Tribune, l'EPA n'a pas fait de commentaires sur ce dossier à ce stade.

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