Papeterie de Bègles : deux projets de reprise, dont l'un porté par un collectif de salariés

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La fermeture du site de la papeterie de Bègles est prévue le 31 mars 2021.
La fermeture du site de la papeterie de Bègles est prévue le 31 mars 2021. (Crédits : Intersyndicale)
Deux projets de réindustrialisation sont sur la table pour le site de la Papeterie de Bègles, en Gironde. L’un est porté par Global Hygiène qui annonce, ce mardi 23 mars, avoir signé un contrat d’exclusivité avec le groupe Etex, actuel propriétaire. L’autre est porté par un collectif de salariés qui défend, coûte que coûte, un projet de territoire et d'économie circulaire.

Le temps presse à la Papeterie de Bègles dans la métropole bordelaise. Alors que les lettres de licenciements seront envoyées à la fin du mois par le propriétaire Etex et que le site sera mis en veille, un collectif de salariés candidat à la reprise de l'activité industrielle se mobilise pour faire connaître son projet. Une association a été créée.

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"L'idée n'est pas de s'aligner sur ce que font les autres papeteries, mais de se positionner sur une activité de niche pour proposer des produits innovants dans des volumes raisonnables à partir de papier et de carton recyclé", explique Claude Duthil, président de l'association Avenir Papeterie de Bègles.

Des enjeux environnementaux et économiques

Sans dévoiler les pistes de travail, c'est sur les enjeux qu'insistent en priorité les membres de l'association :

"Il est question, au travers du projet que nous portons, de maintenir de l'emploi industriel dans la métropole bordelaise, précisément une centaine d'emplois directs. L'enjeu numéro deux est environnemental puisqu'il s'agira de proposer des produits écologiques à partir de 80 à 100.000 tonnes de papiers qui partent actuellement à l'étranger et de s'inscrire dans l'économie circulaire en développant une filière de valorisation régionale", expose Bernard Fournié, co-fondateur de l'association et issu de la société civile avec une trentaine d'années d'expérience dans la direction de sites industriels agroalimentaires.

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Pour aller plus loin dans l'élaboration du projet, l'association demande donc du temps, en l'occurrence trois mois, données à l'appui, pour démontrer la viabilité de son projet. "Or nous n'avons pas accès à ces données dans la mesure où Etex a signé un contrat d'exclusivité avec un autre projet", révèle Daniel Castanon, vice-président de l'association. Une information confirmée ce même 23 mars : Global Hygiène a annoncé la signature d'un accord exclusif avec Etex le 15 mars.

Global Hygiène est un groupe industriel français basé en Bourgogne et spécialisé dans la fabrication de produits d'hygiène et d'essuyage à usage unique (papier toilette, essuie-tout, draps médicaux, mouchoirs, serviettes, etc.). Il affiche un chiffre d'affaires global de 45 millions d'euros en 2020, un effectif de plus de 150 salariés et près de 35 lignes de productions et revendique 15 % de parts du marché français de l'hygiène pour les collectivités.

Pour un traitement équitable

Dans la foulée du communiqué, l'association a une nouvelle fois sollicité la mairie de Bègles afin qu'elle intervienne auprès du groupe Etex. Un rendez-vous est par ailleurs pris à la Région Nouvelle-Aquitaine la semaine prochaine.

"Il ne s'agit pas pour nous de nous positionner sur l'autre projet, ni même de le commenter, mais d'être entendu par Etex afin que notre dossier soit étudié au même titre que celui de Global Hygiène, insiste Daniel Castanon. Nous avons les hommes qui savent utiliser la machine, des salariés prêts à revenir selon le sondage que nous avons lancé, les compétences en matière de papeterie, les idées, les marchés et nous nous appuyons sur des experts pour le montage juridique et la définition du modèle économique. Mais il y a urgence ! Le démontage du site ne doit pas commencer !"

Le projet de Global Hygiène

Sollicité par La Tribune, le groupe Etex désormais vendeur du site industriel apporte quelques précisions :

"Global Hygiène porte un projet sérieux et prouvé par le passé. Ce projet de production et de vente de papier hygiénique, utilisant des matières premières recyclées, pour le marché français présenterait une robustesse économique intéressante pour le futur du site. Ces éléments ont été reçus positivement par l'ensemble des acteurs du territoire lors des réunions d'échanges de ces dernières semaines."

Le groupe précise également qu'une rencontre est programmée le 25 mars entre Etex et l'association Avenir Papeterie de Bègles tout en respectant l'accord de négociation bipartite exclusive avec Global Hygiène. Ce dernier dispose en France de deux sites de transformation de produits finis à base de ouate à Dijon et Angers, et d'une papeterie récemment lancée sur le site de Charavines, en Isère.

"La reprise du site de Bègles permettrait d'intégrer verticalement une activité de production de ouate de cellulose recyclée, en installant une machine d'une capacité de 30.000 tonnes [...] La taille du site (6 hectares) permet d'héberger non seulement une papeterie, mais aussi une transformation, ouvrant la voie à la création de 40 emplois à partir de 2023 et de 50 emplois supplémentaires dès 2024", précise Global Hygiène qui assure que "la vente définitive devrait intervenir rapidement après l'obtention d'un permis de construire et d'une autorisation d'exploiter."

Pour rappel, le groupe Etex a annoncé, en octobre 2020, se désengager de la Papeterie de Bègles qui employait 91 salariés.

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