Eurosima : Polyola sacrée pour sa planche de surf durable et fabriquée en Europe

Les créateurs de Polyola, l'Allemand Aristide Schöndienst et l'Autrichien Daniel Guntschnig, installés à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) depuis un an, remportent le prix de l'innovation lors du congrès annuel d'Eurosima. C'est leur planche de surf en mousse recyclable et produite en Europe qui est ainsi saluée par les professionnels du secteur.

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Les planches de surf de Polyola sont fabriquées avec une mousse polyuréthane plus jaune que blanche et recyclable.
Les planches de surf de Polyola sont fabriquées avec une mousse polyuréthane plus jaune que blanche et recyclable. (Crédits : Polyola)

Leur histoire leur semble banale. "Comme d'autres surfeurs, nous avons été choqués par les quantités de plastique dans l'océan lors de nos sessions en Espagne, au Portugal et en France", relate Aristide Schöndienst, cofondateur de l'entreprise Polyola. C'est donc dans les vagues qu'est née l'envie chez cet architecte de formation et Daniel Guntschnig, son ancien colocataire et spécialiste du commerce international, d'investir un domaine qui n'était pas le leur : la chimie. Leur persévérance pour résoudre l'un des "paradoxes du surfeur" - le fait que les matériaux (planche, combinaison, wax...) utilisés pour ce sport de grand air soient polluants et non-recyclables- est cependant loin d'être banale.

Ni la rapidité avec laquelle leurs planches en "ecofoam", une mousse polyuréthane recyclée et recyclable, a trouvé son public, car près d'un millier d'exemplaires ont déjà été vendus depuis mars dernier. Une performance reconnue par leurs pairs, car le duo reçoit aujourd'hui à Hossegor lors du Surf Summit, le congrès annuel de la fédération européenne de fabricants de matériel de glisse Eurosima, le prix pour le meilleur projet mariant innovation et écoconception. Ils succèdent au rochelais Söoruz qui avait séduit le jury l'an dernier avec ses combinaisons contenant de la coquille d'huître.

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Une formule secrète

La récompense de 2.500 euros (moitié moins que l'an dernier), les deux amis aux cheveux longs comptent l'investir dans la recherche. "Ce prix est une formidable reconnaissance et devrait nous permettre de faire mieux connaître notre mousse", espère Daniel Guntschnig. Car le défi est immense : plutôt que d'autres jeunes fabricants, qui innovent dans la technique de fabrication des planches (impression 3D...) ou dans l'usage des matériaux (algue, liège...), ils ont choisi d'améliorer le matériau existant, utilisé depuis 50 ans, pour qu'il puisse être recyclé et être produit en Europe.

"Les grands acteurs de ce marché sont américains, australiens ou encore sud-africains. Quelque 60.000 exemplaires vendus chaque année en Europe, pour 600.000 dans le monde, sont donc transportés par bateau, alors qu'une planche c'est beaucoup d'air !", souligne Aristide Schöndienst.

Polyola

La mousse développée par Polyola est jaune et non blanche (crédits : Polyola).

Avec un chimiste allemand, les cofondateurs de Polyola ont mis au point un polyuréthane dont la composition n'est connue que d'eux et de leur partenaire espagnol, qui fabrique les planches dans son usine de Santander. "Nous pouvons dire que la mousse contient du bois, un déchet de l'industrie papetière, qui la rend plus résistante et plus durable. Mais toujours recyclable, car les chutes de production et les futures planches usagées, que nous collectons auprès de nos clients, peuvent être broyées puis refondues", décrit Daniel Guntschnig.

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Créer des ponts entre industries

Ces clients, ce sont les "shapers", ces façonneurs de planches qui taillent, peignent les pains de mousse et les recouvrent de résine. Le duo cible ces artisans qu'ils sentent plus sensibles à la cause écologique, et moins effrayés par la couleur jaune -et non blanche -de leur mousse, que les grands fabricants à qui ils ont d'abord proposé leur innovation. "Nous avons des retours directs très utiles de la part des shapers, qui sont heureusement encore nombreux au Pays basque", ajoutent les cofondateurs.

C'est d'ailleurs l'une des motivations pour leur installation à Anglet il y a tout juste un an, après être passé par un incubateur à Saint-Sébastien, de l'autre côté de la frontière. "Nous nous sentons beaucoup mieux accompagnés ici", affirme Daniel Guntschnig, citant les efforts de Basque Invest. Depuis ses locaux à côté d'Olatu Leku et du siège de Volcom, la jeune équipe compte bien continuer à conquérir l'Europe, puis le monde : un projet de duplication du modèle de production circulaire et en circuit (plus) court aux Etats-Unis pour le marché nord-américain est dans les cartons. "Nous pouvons aussi envisager d'utiliser notre mousse dans d'autres secteurs", pointent les cofondateurs, qui ont hâte de créer d'autres ponts entre industriels "qui ne seraient jamais rencontrés sans nous".

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Polyola

Daniel Guntschnig et Aristide Schöndienst, les deux fondateurs de Polyola (crédits : Polyola).

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