E-commerce : Ma Ville Mon Shopping se pose à Bordeaux et recrute 15 personnes

A l'heure du déconfinement, la filiale de La Poste dédiée au e-commerce local entend monter en puissance en s'adressant tant aux collectivités locales que directement aux petits commerces. Ma Ville Mon Shopping s'installe à Bordeaux Mériadeck et y recrute une quinzaine de personnes pour peaufiner sa plateforme et pérenniser son modèle sur un marché extrêmement concurrentiel.

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Philippe Dorge, directeur général adjoint du Groupe La Poste, et Thierry Chardy, directeur général de Mavillemonshopping.fr, détenue majoritairement par La Poste.
Philippe Dorge, directeur général adjoint du Groupe La Poste, et Thierry Chardy, directeur général de Mavillemonshopping.fr, détenue majoritairement par La Poste. (Crédits : PC / La Tribune)

Créée en 2017 par Thierry Chardy, Mavillemonshopping.fr (MVMS) est une plateforme permettant aux commerces indépendants de se doter d'une vitrine en ligne et d'un site e-commerce. Rachetée par La Poste, qui en détient désormais la majorité du capital, la jeune société a profité des confinements pour placer son outil auprès de collectivités locales et de chambres consulaires cherchant à pousser la visibilité en ligne de leurs commerçants et artisans. C'est par exemple le cas d'une douzaine de collectivités néo-aquitaines, de la CCI Bordeaux Gironde et de trois chambres consulaires des Deux-Sèvres. La livraison est également gratuite en Nouvelle-Aquitaine jusqu'à la fin de l'année grâce à un financement du conseil régional.

Un million de visiteurs uniques en un an

MVMS revendique désormais 15.000 boutiques connectées dans 3.600 communes et 350.000 produits référencés en France. En Nouvelle-Aquitaine, 2.700 commerces de 600 communes proposent 27.000 références. De quoi générer au niveau national un trafic très modéré avec 992.000 visiteurs uniques et 8,3 millions de pages vues en un an. Une audience à des années lumières des champions du e-commerce qui affichent, fin 2020, 36 millions de visiteurs uniques par mois pour Amazon, 25 millions par mois pour Cdiscount et 22 millions par mois pour la Fnac. MVMS, qui ne dévoile pas de chiffre d'affaires, précise seulement que "plusieurs centaines de transactions sont effectuées chaque jour sur la plateforme".

"Plus que du e-commerce, nous faisons du web local. Cela signifie que toutes les boutiques n'utilisent pas nécessairement la fonction e-commerce, certaines recherchent d'abord une présence en ligne", observe Thierry Chardy avant de préciser : "Le web n'est pas un outil miraculeux, chaque commerçant doit réfléchir en termes de services supplémentaires qu'il souhaite apporte à ses clients : une simple vitrine ou un processus d'achat, de click & collect ou même de livraison. Nous sommes là pour les accompagner et les former. Aujourd'hui c'est notre mission prioritaire !"

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Un essai à transformer

Alors que le déconfinement se généralise et que les rues commerçantes se remplissent à nouveau, la plateforme MVMS se trouve à un moment charnière. Depuis 18 mois, l'entreprise a pu compter sur la volonté des intercommunalités et des CCI de financer la plateforme pour offrir un accès gratuit à leur commerçants mais ces dispositifs ne dureront pas éternellement et beaucoup arriveront à échéance dans les mois qui viennent. Dorénavant, la filiale de La Poste doit faire évoluer son modèle.

"L'objectif est de développer une solution pérenne en diffusant largement notre offre partout en France avec une utilisation gratuite et une commission sur chaque transaction, fixée aujourd'hui à 9 %. A côté de cette offre de base, on propose aux collectivités et aux CCI de financer des avantages et services premium pour leurs commerçants. Nous proposerons des options ciblées par rapport à leurs demandes : une formation spécifique, une commission réduite, la livraison offerte, etc.", développe Thierry Chardy. Des discussions sont également engagées avec des réseaux de franchisés pour muscler l'offre disponible en ligne et attirer le chaland face à la rude concurrence des gros acteurs du e-commerce, des réseaux sociaux et des marketplaces territoriales plus ou moins éphémères qui se sont multipliées l'an dernier.

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15 recrutements à Bordeaux

De son côté, Philippe Dorge, directeur général adjoint du groupe La Poste et directeur de la branche "services-courrier-colis", met en avant les atouts d'être adossé à La Poste : "Nous apportons à MVMS notre position de tiers de confiance et l'ensemble de nos savoir-faire et services logistiques. Attendez-vous à entendre parler de Ma Ville Mon Shopping à la radio et dans les médias dans les mois qui viennent. Nous allons largement communiquer !"

Pour l'heure, MVMS, qui était éclatée entre Paris, Bordeaux et Pau, a rassemblé sa trentaine de collaborateurs à Bordeaux, logée par Poste Immo au sein du bâtiment de La Poste à Mériadeck. 15 recrutements sont prévus d'ici la fin de l'année sur des postes techniques de développeurs web et d'ingénieurs, sur des fonctions commerciales et marketing et sur des postes "d'account manager" pour accompagner et former les commerçants. "Nous avons eu beaucoup de retours d'expérience avec les confinements et nous avons beaucoup de développements prévus pour améliorer l'expérience utilisateur en termes de moteur de recherche, de bots, de livraison mutualisée ou encore de boutiques pré-créées", explique Thierry Chardy.

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