Pièces détachées : SDS lance une marketplace pour valoriser les stocks de ses clients

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L'entrepôt de SDS, à Blanquefort (Gironde), où sont stockées plus de 30.000 références de pièces détachées sur 9.000 m2.
L'entrepôt de SDS, à Blanquefort (Gironde), où sont stockées plus de 30.000 références de pièces détachées sur 9.000 m2. (Crédits : SDS)
Le spécialiste des pièces détachées, SDS, basé à Blanquefort (Gironde), vient de se doter d'une marketplace et d'un entrepôt dédié à la remise sur le marché des pièces non utilisées par ses clients. Un stock dormant qui ne demandait qu'à être valorisé par cette démarche d'économie circulaire soutenue par l'Ademe.

Installés à Blanquefort, au nord de Bordeaux, non loin des terrains de l'ex-usine Ford Aquitaines Industries, les entrepôts de l'entreprise SDS viennent de s'agrandir significativement en ce début d'année 2021. Cette PME discrète emploie plus de 120 salariés pour pas moins de 55 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 10 % en 2020. Son métier c'est le commerce des pièces détachées et le groupe SDS vient d'y ajouter une activité de dépôt-vente pour valoriser les stocks invisibles de ses clients.

30.000 pièces détachées référencées

"Sur désormais 9.000 m2, nous stockons plus de 30.000 références de pièces détachées de 900 marques principalement pour les petits et gros électroménagers et nous disposons d'un catalogue de cinq millions de références. On joue le rôle d'intermédiaire entre les fabricants et les réparateurs, distributeurs et utilisateurs", détaille François-Xavier Desgrippes, le directeur général de l'entreprise créée en 1975.

SDS compte 4.000 clients actifs mêlant des distributeurs et acteurs nationaux, tels que Boulanger, qui pèsent 70 % de l'activité, et des revendeurs et réparateurs de proximité, pour 30 %.

SDS comtié de direction

Le comité de direction de SDS aux côtés de François-Xavier Desgrippes (crédits : Agence APPA)

La promesse du groupe SDS c'est une logistique sans faille permettant de livrer ses clients le lendemain de la commande avant midi partout en France si celle-ci est passée avant midi. "Nous nous appuyons sur un entrepôt physique adossé à un système informatisé de gestion et d'optimisation des trajets de préparation des commandes et une équipe logistique avec un pic d'activités entre 16h et 17h30. Les colis sont ensuite confiés à des transporteurs spécialisées", précise François-Xavier Desgrippes. Pas de robots à ce stade dans les travées de ses entrepôts, mais le dirigeant envisage d'automatiser la collecte de certaines pièces avec des rayonnages en hauteur, à l'instar de ce que propose la startup Exotec chez Cdiscount et ailleurs.

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Valoriser les stocks invisibles

Pour autant SDS n'entend pas s'arrêter là et vient de lancer une activité de dépôt-vente à l'aide d'une marketplace pour valoriser les stocks dormants de ses clients.

"Avec l'expérience, on se rend compte que nos clients commandent souvent plusieurs références de pièces détachées pour être certains d'avoir la bonne puis délaissent dans leur atelier les pièces non utilisées. Et cela représente jusqu'à 30 % des pièces commandées ! Soit environ 200.000 pièces neuves qui ne sont pas utilisées puisqu'une pièce non référencée posée sur une étagère est complètement invisible d'un point de vue logistique et donc pas réutilisable", observe le patron de SDS.

Pour mobiliser ce stock dormant, la PME a mis au point une solution avec Solvarea, la filiale de service après vente du groupe Boulanger, dont les 350 techniciens commandent plusieurs milliers pièces par mois : de quoi offrir un vaste terrain d'expérimentation en conditions réelles.

"On leur propose de nous renvoyer leurs pièces neuves non utilisées. Nous les référençons à nouveau et les stockons dans notre nouvel entrepôt dédié de 2.000 m2 mais ils en restent propriétaires. Ces pièces sont ensuite intégrées à notre offre selon un système de dépôt vente et quand elles sont commandées par des clients, on leur transfère la somme et on perçoit une commission", détaille François-Xavier Desgrippes. Une solution qui présente ainsi l'avantage pour SDS de ne pas mobiliser de trésorerie.

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10.000 références en 2021

Un investissement de 750.000 euros a été nécessaire pour mettre au point cette preuve de concept avec le soutien financier de l'Ademe (Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie) dans le cadre de la catégorie économie circulaire du programme i-Nov. Un concours qui a aussi soutenu récemment la startup girondine Toopi Organics. Avec les stocks de Solvarea, SDS a déjà intégré 4.000 références et en vise 10.000 dans le courant de l'année. "L'idée est évidemment d'étendre cette offre à tous nos clients ayant des stocks dormant à travers une solution de marketplace", sourit le dirigeant. L'entreprise perçoit une commission de l'ordre de 20 à 25 % sur chaque transaction de cette nouvelle place de marché qui mobilise deux salariés aujourd'hui et devrait grimper à huit si tout se passe bien.

Alors que des acteurs comme Mirakl et, très prochainement Cdiscount, proposent des solutions de marketplace clef en main, SDS a choisi de tout développer en interne : "Le système est transparent pour nos clients qui, lorsqu'ils achètent une pièce, ne savent pas s'ils piochent dans le stock de SDS ou dans le stock tiers. Tout est interfacé." Cette nouvelle offre devrait rester marginale dans le modèle économique de SDS, en plafonnant probablement autour de 4 à 5 % du chiffre d'affaires, mais permettra d'éviter la fabrication de plusieurs milliers de pièces détachées neuves chaque année. "On y trouve un relais de croissance mais surtout un projet qui a du sens pour nos équipes qui ont très vite adhéré au projet. Il y a une vraie fierté collective d'avoir réussi à le mener à bien", assure François-Xavier Desgrippes. D'autant que les clients de SDS auront prochainement l'obligation de recourir à des pièces détachées provenant de l'économie circulaire dans le cadre de la mise en œuvre de la loi de lutte contre le gaspillage et d'économie circulaire du 10 février 2020.

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