Aquitains d'ailleurs : la République dominicaine, eldorado pour les nomades numériques

Personne ne les a vus venir ou presque. Ces jeunes en sac à dos qui font du monde entier leur bureau grâce à internet sont de plus en plus nombreux à choisir la perle des Caraïbes pour poser leur ordinateur ou leur tablette. C’est une aubaine pour les hôteliers locaux, comme Marie Bordenave. La Béarnaise a ouvert son établissement en République dominicaine en bord de mer il y a trois ans.

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Gérante d'une auberge en République dominicaine, la Béarnaise Marie Bordenave accueille une nouvelle clientèle de télétravailleurs français.
Gérante d'une auberge en République dominicaine, la Béarnaise Marie Bordenave accueille une nouvelle clientèle de télétravailleurs français. (Crédits : Vidéo Mentalist)

On les croise dans l'immense jardin de l'hôtel Casa Grande, face à l'Atlantique, le matin affairés sur leur ordinateur et l'après-midi de retour d'une série de longueurs dans les vagues de l'océan. C'est la nouvelle clientèle que Marie Bordenave chouchoute depuis la pandémie de Covid-19.

"Ce sont des gens qui travaillent à distance et souvent à leur compte, comme autoentrepreneurs dans l'e-commerce ou comme coachs par vidéo", témoigne-t-elle. "Ils se lèvent très tôt, vers cinq heures du matin à cause du décalage horaire avec la France. Et à midi, ils ont quasiment fini leur journée. Ensuite, ils font beaucoup de sport, se baignent. Ces personnes-là ont une vie vraiment saine et ne sont pas ici que pour faire la fête par exemple !"

A plus de 7.000 kilomètres de Paris, ces nomades numériques viennent en République dominicaine chercher la chaleur et le soleil toute l'année, les grands espaces et la tranquillité. "Dès que les frontières ont un temps soit peu rouvert, ils se sont engouffrés dans un avion et ont fui la France", témoigne Marie Bordenave. "Ici, ils se sentent libres et en sécurité. Tout est ventilé et ils ne sont pas les uns sur les autres. Et puis il y a bien un couvre-feu mais les hôtels avec restaurant comme le nôtre n'y sont pas soumis, on vit normalement, tout est ouvert le soir."

Pas à se plaindre

La condition sine qua non pour accueillir cette nouvelle clientèle très courtisée, car souvent à fort pouvoir d'achat, c'est de lui offrir une connexion internet à haut débit, indispensable cordon ombilical pour rester en ligne en permanence avec le reste du monde. Par chance, la Française âgée de 42 ans s'était équipée il y a deux ans de la fibre optique et la République dominicaine dispose généralement d'un excellent réseau informatique. L'hôtel Casa Grande est un petit établissement de charme et dispose de dix chambres au bord de la plage, louées 70 à 80 dollars la nuit. Il est situé à Las Terrenas, dans le nord-est encore sauvage du pays, un coin d'ailleurs déjà très prisé de longue date par les expatriés français venus y couler une paisible retraite sous les cocotiers.

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Pour Marie Bordenave, l'arrivée de ces jeunes avec pour tout bagage un sac à dos et un ordinateur portable est une vraie aubaine : "Depuis un an et demi, on n'a plus du tout de clientèle internationale", constate-t-elle. "On fonctionne très bien avec les locaux, les habitants de Saint-Domingue et Santiago, les deux grandes villes du pays, mais uniquement le week-end. Ces nouveaux venus font eux travailler les commerces y compris la semaine. Du coup, on n'a vraiment pas à se plaindre !"

Difficile encore de dresser des statistiques, mais c'est une vraie tendance qui ne cesse de croître. Et tout le monde en profite à Las Terrenas : ces clients-là changent régulièrement d'hôtel et de restaurant, ou louent des appartements, pour éviter la routine.

Coup de tête

Née dans le petit village de Bénéjacq, dans le Béarn (Pyrénées-Atlantiques), entre Pau et Lourdes, Marie Bordenave a découvert la République dominicaine en 2012, grâce à un stage effectué pendant sa licence en solidarité internationale et développement durable à l'université de Bordeaux III. Après plusieurs contrats dans des ONG locales pour le droit des femmes ou contre le travail des enfants, la Française raconte que c'est sur un coup de tête qu'elle s'est lancée dans le tourisme, en se baladant à Las Terrenas avec son compagnon cubain à la recherche d'un lieu où se marier. Le couple tombe alors sur un vieil hôtel en bord de mer et en ruines, qu'il décide de retaper et d'ouvrir fin 2018. Depuis, l'aventure continue.

Lui écrire : [email protected]

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