Aquitains d'ailleurs : comment l’Australie s’est débarrassée du Covid-19

 |  | 600 mots
Lecture 3 min.
Elise Léger, 32 ans, a vécu le confinement puis le déconfinement en Australie.
Elise Léger, 32 ans, a vécu le confinement puis le déconfinement en Australie. (Crédits : Elise Léger)
La Sarladaise Élise Léger a vécu de l’intérieur la politique radicale "Zéro Covid" appliquée par les autorités australiennes dès les premiers signes de la pandémie. Avec un petit groupe de bénévoles, elle a vite volé au secours des Français bloqués du jour au lendemain par la fermeture des frontières.

Des bars et des terrasses animés dans tous les quartiers, les théâtres, les cinémas et le fameux opéra rouverts, peu de masques dans les rues : la vie à Sydney aujourd'hui ressemble à celle d'avant.

"Ça fait rêver", reconnaît Élise Léger. "On peut voir ses amis, se balader. Il y a juste certains États où le masque reste obligatoire dans les transports en commun ou dans certains commerces, mais la vie est à peu près revenue à la normale !"

Née à Sarlat, dans le Périgord, la Française vit depuis six ans en Australie. Diplômée de l'École supérieure de commerce de Reims, elle termine un doctorat en management organisationnel et donne des cours de français à l'Alliance française. Le pays compte à peine un millier de décès et quelques contaminations par jour depuis quelle a atteint un pic l'été dernier. Le prix à payer, c'est que dès mars 2020, le pays a brutalement fermé ses frontières : "L'insularité de l'Australie a fait qu'il y a eu un véritable contrôle de l'épidémie, témoigne la Française, puisque seuls les Australiens et les résidents peuvent désormais entrer sur le territoire, moyennant une quarantaine obligatoire de deux semaines. Le virus n'entre quasiment pas." (1)

Mais la décision de verrouiller les frontières a été si subite que de nombreux Français se sont retrouvés bloqués. "C'était un peu la panique", se souvient-elle. "Beaucoup de compagnies aériennes ne voulaient plus venir en Australie puisqu'elles devaient voyager à vide à l'aller. De jeunes étrangers en « programme vacances travail (PVT) » ont dépensé des sommes folles dans des billets d'avion qui n'ont jamais décollé !"

Situation extrême

Avec quelques amis, la Française s'est donc mise à recenser les besoins de la communauté. L'association a négocié des tarifs dans les auberges de jeunesse pour que ces naufragés du Covid puissent se loger pour presque rien. Petit à petit, le groupe a pris de l'ampleur et est entré en contact avec les consulats et l'ambassade de France. "On les a aidés à identifier les personnes en situation extrême, celles qui n'avaient pas accès à leur traitement médical, des femmes enceintes, des gens âgés ou des familles avec de jeunes enfants qui étaient juste partis en vacances et qui se retrouvaient sur le carreau." Grâce à ces listes établies par les bénévoles, l'État français a pu affréter plusieurs vols pour permettre à ses ressortissants à regagner l'Hexagone.

Forte de cette expérience solidaire, Élise Léger, 32 ans, mariée à un Australien, veut aller plus loin et se présentera, fin mai, à l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Choisis pour un mandat de six ans, ils servent de relais d'information pour faire remonter, jusqu'au gouvernement s'il le faut, les problèmes de la communauté française. "Avec mon père ingénieur chez Alcatel, enfant, j'ai vécu huit ans à l'étranger", précise-t-elle. "En Afrique, en Amérique du Sud et en Europe de l'Est. Parfois, on aime encore plus son pays quand on est loin. Rester actif dans la vie politique et publique française en général, savoir ce qui s'y passe, c'est important pour garder le lien avec ses racines."

Lui écrire : [email protected]

(1) Depuis le 19 avril 2021, une "bulle de voyage" a été instaurée entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande permettant à leurs habitants de se déplacer d'un pays à l'autre sans aucune contrainte. Bulle suspendue par la Nouvelle-Zélande le 23 avril 2021.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :