Aquitains d'ailleurs : une ingénieure basque et une startup bordelaise s’illustrent au Canada

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Charlotte Plombin, ingénieure, dans les locaux du groupe ConocoPhillips, au Canada.
Charlotte Plombin, ingénieure, dans les locaux du groupe ConocoPhillips, au Canada. (Crédits : Conoco)
Fieldbox.ai a été sélectionnée pour aider un groupe pétrolier en Alberta (Canada) à limiter la présence de ses employés sur le site pour éviter la contamination au coronavirus. Depuis Calgary, l'ingénieure basque Charlotte Plombin travaille avec la jeune pousse bordelaise.

Comment réduire l'exposition des salariés canadiens au Covid-19 ? C'est à ce challenge que s'est attelée la startup bordelaise Fieldbox.ai. Avec sept autres entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle, la startup bordelaise a remporté un appel à projets européen, baptisé Eureka.

"Fieldbox nous a contactés pour développer des systèmes de surveillance de production intelligente à distance", détaille Charlotte Plombin, ingénieure française installée en Alberta pour le compte du géant américain pétrolier ConocoPhillips. "Les fonds débloqués permettent de tester avec eux des technologies comme des caméras intelligentes pour lire à distance les outils de contrôle ou encore des systèmes permettant d'analyser automatiquement des photos et des vidéos de surveillance pour détecter les anomalies, optimiser la maintenance et surtout limiter l'exposition des opérateurs en milieu à risque."

Lire aussi : Fieldbox.ai ouvre ses premiers bureaux étrangers à Singapour

En Alberta et dans l'ouest du Canada, la première vague de Covid-19 a fait moins de dégâts qu'en France mais la seconde a été plus sévère, témoigne la Française : "Ils ont commencé à fermer les frontières intra-provinciales cet hiver, sans couvre-feu. Les commerces et les stations de ski sont restées ouverts. Ici, c'est un pays de liberté et les autorités font confiance aux citoyens. On se repose plus sur l'individu et les mesures sont beaucoup plus personnelles, comme l'interdiction de recevoir chez soi quelqu'un d'extérieur à la maisonnée."

Gaz à effet de serre

Charlotte Plombin vit depuis dix-sept ans à Calgary, au pied des Rocheuses. Née à Bayonne, diplômée de l'école des Mines d'Albi, promotion 2004, la Française se destinait au départ à travailler dans les énergies renouvelables, mais c'est finalement dans le pétrole qu'elle fait carrière ! D'abord embauchée par Total, elle n'a pas quitté depuis le secteur des huiles lourdes. "Nous sommes dans une région pétrolifère et l'exploitation de sables bitumineux peut parfois choquer", reconnaît-elle. "Mais nous travaillons sur le développement durable, on essaie de réduire l'empreinte environnementale de ces productions, comme les émissions de CO2. Il y a une prise de conscience du public et des entreprises."

Mère de trois enfants, mariée à un Français, Charlotte Plombin constate au Canada une collaboration forte, même entre sociétés concurrentes, sur ces sujets pourtant sensibles : "Il y a beaucoup de partenariats locaux, d'appels d'offres et de budgets alloués tant au niveau fédéral que provincial pour développer ces nouvelles technologies, que ce soit la réduction des gaz à effet de serre comme le méthane ou le traitement des eaux. C'est ce vivier local qui va se regrouper sur de gros projets qui serviront à tout le monde."

La Française rappelle au passage que de nombreuses éoliennes et panneaux solaires ont été installée en Alberta puisque la province possède un niveau d'ensoleillement parmi les plus élevés d'Amérique du nord. Ce n'est pas forcément l'avis des ONG. Greenpeace notait début mars que le budget du ministère de l'Environnement de l'Alberta était en baisse de 23 millions de dollars canadiens cette année par rapport à l'exercice précédent.

Lire aussi : Au Canada, abandon d'un gigantesque projet pétrolier

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Commentaires
a écrit le 19/03/2021 à 10:27 :
Basque !? Ah ben je comprends mieux la photo de loin sinon elle vous aurez mis un pain... ^^

Merci à eux en tout cas de défendre leurs différences dans un monde dans lequel on veut nous formater à tout prix.

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