Equinix construit un data center de grande ampleur à Bordeaux Métropole

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Le chantier du futur datacenter d'Equinix dans la zone d'activités logistiques de Bruges, près de Bordeaux.
Le chantier du futur datacenter d'Equinix dans la zone d'activités logistiques de Bruges, près de Bordeaux. (Crédits : PC / La Tribune)
Le géant américain des data centers construit une infrastructure de stockage de données sur 3.300 m2 à Bruges, près de Bordeaux. Elle constitue le point d'arrivée du nouveau câble déployé par Facebook, Orange et Vodafone entre les Etats-Unis et la France via Le Porge.

"Nous sommes le moteur des leaders mondiaux du numérique" aime à raconter la société américaine Equinix, qui conçoit, construit et exploite plus de 220 data centers dans 26 pays. L'entreprise, créée en 1998 et dont le chiffre d'affaires avoisine les six milliards de dollars en 2020, en opère notamment neuf en région parisienne, à Pantin, Saint-Denis, et Roissy. Elle vient d'en mettre en chantier un dixième à Bruges, commune limitrophe de Bordeaux, qui sera le premier hors de l'Ile-de-France. Le chantier a débuté en fin d'année dernière dans la zone logistique de Bruges à deux pas de la rocade sur un terrain de 23.000 m2. Un bâtiment de 3.300 m2 de surface plancher et de 5 mètres de haut doit y sortir de terre dans les mois qui viennent.

Un enjeu de souveraineté

Cette nouvelle infrastructure numérique est le point final d'arrivée du méga-câble sous-marin déployé par Facebook, Orange et Vodafone entre la côte est des Etats-Unis et Le Porge, en Gironde. Ce câble transatlantique, long de 6.800 km et baptisé "Amitié", est en cours de prolongation par Enedis à travers le Médoc et sous Bordeaux Lac pour achever son chemin au futur data center. Facebook utilisera la majeure partie de la capacité de ce câble tandis qu'Orange, qui s'occupera notamment de l'exploitation et de la maintenance de la station d'atterrissement en France, disposera de deux paires de fibre sur les seize que compte "Amitié". Objectif de cette infrastructure stratégique : permettre d'absorber l'explosion du trafic de données entre les Etats-Unis et l'Europe.

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Si la Région Nouvelle-Aquitaine dispose déjà d'une poignée d'infrastructures de stockage de données notamment avec TDF à Bouliac (Gironde), Sostradata à Saint-Maurice-La-Souterraine (Creuse) ou encore Data17 à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime), l'arrivée de ce nouveau data center est saluée par le conseil régional. Signe de l'importance du chantier, Alain Rousset, le président de Région, sera d'ailleurs aux côtés de Régis Castagné, le PDG d'Equinix, et de Jean-Luc Vuillemin, le directeur des services et réseaux internationaux d'Orange, pour présenter le projet le 4 mars prochain.

"On observe une multiplication des cyberattaques, avec très récemment l'hôpital de Dax, ce qui pose des questions essentielles de cybersécurité et de confiance numérique. Donc disposer d'infrastructures de stockage de ce type, c'est en un enjeu de souveraineté et c'est la façon la plus sécurisée pour s'assurer que nos données personnelles et de santé ne soient pas utilisées, pillées, jetées en pâture ou fassent l'objet de demandes de rançon", explique à La Tribune un élu local, bon connaisseur du sujet. "Cela doit aussi nous permettre d'accompagner la transformation numérique de nos organisations et de nos entreprises."

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Les universités de la région ou encore le Département de la Gironde travaillent, chacun de leur côté, à la création de data centers souverains.

Interconnecter l'économie

Ces data centers, extrêmement sécurisés, très gourmands en énergie et dont l'intérieur semble tout droit sorti d'un vaisseau spatial de Star Wars, sont aussi très onéreux. Ils servent en effet autant à stocker qu'à interconnecter les données et solutions des entreprises clientes qui sont bien souvent des acteurs des télécommunications, des services numériques et du web mais aussi désormais de tous les secteurs de l'économie. Lorsqu'elles installent leurs données dans ces infrastructures, ces entreprises souhaitent aussi tirer profit de la présence sur place d'autres acteurs avec qui elles travaillent. Et cette tendance se renforce en permanence avec l'essor du cloud, du big data et de l'internet des objets.

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Cette double installation d'un câble transatlantique et d'un data center en Gironde replace la région bordelaise sur la carte des infrastructures numériques. "On ne voit pas pourquoi Bordeaux ne deviendrait pas, à l'avenir, un nouveau hub pour les câbles sous-marins à côté de Marseille", soulignait le mois dernier Jean-Luc Vuillemin, chez Orange.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2021 à 10:08 :
Voilà encore un lieu où des données inutiles vont pouvoir être stocké! Et bien mieux surveillée qu'une centrale nucléaire! Va t elle permettre le chauffage d'appartement?

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