Dans les coulisses du datacenter de TDF, à Bouliac, qui double de taille

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La première tranche de l'extension du datacenter TDF de Bouliac va permettre de doubler la capacité actuelle de l'équipement
La première tranche de l'extension du datacenter TDF de Bouliac va permettre de doubler la capacité actuelle de l'équipement (Crédits : Reuters)
[DIAPORAMA] Opérateur d'infrastructures dédiées à la télévision, à la radio et à l'informatique, TDF exploite plusieurs datacenters (centres de données) régionaux dit de proximité. Celui de Bouliac, près de Bordeaux, connaît une demande en forte croissance. Une première extension va être inaugurée dans quelques jours et doubler la capacité du site, en attendant probablement d'autres tranches. Visite guidée.

TDF a inauguré son premier datacenter à Bouliac, près de Bordeaux, en 2013. Il était à l'époque le premier d'une série de quatre, Lille, Rennes et Aix-en-Provence ayant suivi. Mais le site de Bouliac n'a pas tardé à arriver au maximum de ses capacités. La capacité a été portée une première fois de 76 à 120 baies en 2016. Le taux de commercialisation de 80 % a convaincu TDF d'aller plus loin avec la construction d'une extension qui va permettre de doubler la capacité du site. Extension qui sera inaugurée mi-novembre.

"Nos clients souhaitaient pouvoir se projeter dans l'avenir et nos capacités actuelle ne le leur permettaient pas, indique Philippe Caddéo, directeur commercial Sud de TDF. Nos clients sont de deux types : des entreprises de services du numérique qui achètent de la capacité pour revendre des services informatiques, et des grands groupes, ETI et PME, collectivités, dont nous hébergeons les données."

Pour Philippe Caddéo, la demande en hausse s'explique "par deux phénomènes. L'inéluctable numérisation de l'économie entraine des besoins accrus : systèmes d'informations et applications doivent être rendues disponibles 24 heures sur 4 et 7 jours sur 7, y compris en mobilité, problématique des contraintes d'accès, de la protection des données. D'autre part, certaines entreprises deviennent de plus en plus sensibles à la question de l'hébergement de leurs données, notamment les pure players dont la valeur dépend de ces données."

A quel point les attaques informatiques accentuent-elles ce mouvement ? "Il y a encore des acteurs historiques qui évoluent sous la pression des risques majeurs, en réaction à ces phénomènes-là. Ils font le choix de confier leurs données à des acteurs capables d'apporter un grand niveau de sécurité." Certains font le choix de dupliquer leurs infrastructures informatiques et leurs données sur un 2e site, proche ou éloigné, afin de basculer instantanément de l'un vers l'autre en cas de problème. Les vagues d'attaques informatiques qui ciblent les gros acteurs du cloud, la pression sociale des internautes... ont ainsi poussé toute une série d'entreprises à s'interroger sur la localisation de leurs données et la juridiction dont elles dépendent, contribuant au développement des datacenters dits "de proximité" grâce à la relocalisation de leurs données en France.

Philippe Caddéo estime que cette tendance lourde est sans retour et que les besoins locaux en hébergement de données vont encore être renforcés par le déploiement du futur réseau 5G et des applications basées sur l'internet des objets : « Ces deux aspects vont générer beaucoup de données dont la plupart seront exploitées localement. S'il est aujourd'hui trop tôt pour dire exactement comment les besoins vont évoluer, ces derniers seront importants, c'est certain."

Une 2e extension déjà en projet

TDF a également entrepris une démarche volontariste pour réduire l'empreinte environnementale de son datacenter (construction Green IT). Les groupes froids sont programmés pour que dès que la température extérieure baisse en-dessous des 12°, cette dernière soit utilisée pour refroidir les machines. Un toit végétalisé va également être installé prochainement.

L'extension prochainement inaugurée s'étend sur 1.200 m2 répartis sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée est réservé aux équipements techniques et le 1er étage aux salles qui hébergent les 120 baies informatiques.

"Entre la conception et la livraison de l'extension, il se sera passé 18 mois, relève Philipe Caddéo. Nous avons déjà des prospects importants qui ont besoin de plusieurs dizaines de baies dans des salles privatives et il est possible que nous continuions, dans les prochaines années, à étendre le site avec une tranche supplémentaire tous les deux à trois ans pour atteindre les 480 baies à terme. Ces clients potentiels ne sont d'ailleurs pas forcément bordelais. On y trouve des acteurs français qui cherchent à localiser des copies de leurs systèmes et données à bonne distance d'eux, pour ne pas soumettre leurs infrastructures aux mêmes risques."

La tranche initiale aura nécessité un premier investissement de 6 millions d'euros et l'extension, qui a mobilisé des acteurs locaux comme Cap Ingelec, de 7 millions. Pour la 3e tranche, encore non lancée officiellement, le permis est déjà déposé.

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