A Bordeaux, l’Union maritime (UMPB) investit dans les marchandises et les marins

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Les opérations de dragage pour l'approfondissement des passes, dans le cadre du programme Gironde XL (ici la drague Anita Conti), ont pris un peu de retard mais sont presque achevées.
Les opérations de dragage pour l'approfondissement des passes, dans le cadre du programme Gironde XL (ici la drague Anita Conti), ont pris un peu de retard mais sont presque achevées. (Crédits : GPMB)
L’Union maritime et portuaire de Bordeaux (UMPB) réfléchit au futur du port de Bordeaux dans le cadre de la loi sur l’Economie bleue et a participé au financement du Foyer du marin, inauguré dans quelques jours.

Le trafic du port de Bordeaux a baissé de 7,3 % en 2017, à 7,2 millions de tonnes, pour un chiffre d'affaires de 46 M€ (avec 340 salariés), ce qui a égratigné d'un déficit ultra léger de 166 € le budget de 300.000 € de l'Union maritime et portuaire de Bordeaux (UMPB). C'est l'une des informations à retenir de l'assemblée générale de l'UMPB qui s'est tenue mercredi 30 mai à l'Automobile Club du Sud-Ouest à Bordeaux.

Ce syndicat professionnel regroupe la centaine d'opérateurs économiques directement concernés par l'activité portuaire bordelaise, qu'il s'agisse d'armateurs, de manutentionnaires, de chargeurs (céréales, chimie, etc.), de logisticiens, d'industriels installés sur le port ou encore des pilotes. L'UMPB est coprésidé par Julien Bas (InVivo) et Patrick Brzokewicz (Docks et pétroles d'Ambès). Le budget 2018 de l'UMPB devrait être positif de 1.000 € en léger retrait, à 290.000 €, précise Patrick Brzokewicz, coopté au comité de direction de l'UMPB en 2017 suite au départ de Patrick Moati, qui a quitté la présidence de Docks des pétroles d'Ambès (DPA) pour prendre la direction de Bolloré Energie à Rouen, explique le coprésident.

Maud Guillerme aux manettes du secrétariat général

Le comité de direction de l'UMPB a également coopté deux autres membres : Gérald Khoté (MSC), devenu secrétaire général du bureau, et Florent Augot (CMA-CMGM), qui rejoint le bureau. L'Union a connu un autre changement important puisque son secrétaire général, Henri-Vincent Amouroux, arrivé dans cette institution en 1991, a fait valoir ses droits à la retraite. Il été remplacé à ce poste par Maud Guillerme. Après une dizaine d'années dans des opérations de transport et de logistique dans la grande distribution, cette dernière, âgée de 46 ans, a travaillé aux Etats-Unis pour un important armateur. Ce qui l'a notamment conduit à s'investir dans des projets de création de plateformes ferroviaires au Mexique, d'activités portuaires et services maritimes, y compris en Inde.

L'assemblée générale de l'UMPB est revenue sur les Assises de l'économie de la mer, qui se sont tenues au Havre en novembre dernier, et sur le discours du Premier ministre et ex-maire de cette ville portuaire, Edouard Philippe.

L'UMPB épluche le rapport sur l'Economie bleue

En mettant l'accent sur le développement de trois systèmes portuaires à vocation internationale (Dunkerque, Le Havre, Marseille) Edouard Philippe a fait savoir qu'il ne pensait pas que les autres ports, à portée nationale, comme Bordeaux ou La Rochelle, aient vocation à rester dans le giron de l'Etat. Un rapport sur le sujet a été rendu en décembre. Le sujet est connu de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui travaille depuis plusieurs mois sur ce dossier. Les 36 propositions faites dans le rapport remettent l'organisation portuaire actuelle en question et l'UMPB rendra bientôt un avis circonstancié à ce sujet.

Plus globalement Julien Bas, l'autre coprésident, appelle le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) a développer des projets pertinents, petits et grands, pour redresser la courbe du trafic. Il tient aussi à ce que les élus comprennent bien que le port est un outil économique de grande valeur, qui mérite un véritable engagement collectif. Si le trafic a baissé l'an dernier, le GPMB a la chance d'être adossé à une grande métropole, à la fois dynamique et attractive, a observé en substance le coprésident. Malgré un budget relativement modeste l'UMPB a, comme l'a souligné Henri-Vincent Amouroux dans son intervention, appuyé le projet porté par l'association Escale Estuaire Gironde (EEG) de recréer à Bordeaux une structure d'accueil pour les équipages qui font relâche.

Le Foyer du marin : un investissement à 240.000 €

Le port de Bordeaux était le seul de la façade atlantique à ne plus avoir de maison du marin, à ne plus fournir aucune aide aux équipages coincés dans leurs bateaux à cause d'armateurs défaillants. Ce ne sera officiellement plus le cas à partir de la semaine prochaine (à compter du 4 juin) au cours de laquelle va être inauguré le Foyer du marin, au terminal portuaire de Bassens (Bordeaux Métropole). Construit sur un terrain offert par le Grand port maritime de Bordeaux, le bâtiment du Foyer du marin développe 120 m2. Il représente un investissement de 160.000 € auquel l'UMPB a participé à hauteur de 20.000 € (majorés de la TVA), derrière la Région Aquitaine, le Département de la Gironde et Bordeaux Métropole (30.000 € chacun) et EEG, qui a injecté 50.000 €.

L'EEG a pu investir cette somme dans le projet grâce à l'appui financier que lui a fourni l'ITF Seafarer's, à Londres, syndicat international de défense des travailleurs du transport (International transport workers federation), dans le cadre d'une aide globale de 130.000 €. Le coût total de cet investissement pour le Foyer du marin, équipement inclus, se monte à 240.000 €. L'EEG est affiliée au Seamen's Club (Club des gens de mer). Toutes les propositions soumises à l'assemblée générales ont été adoptées à l'unanimité.

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