Vinexpo, l'accélérateur de business

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Guillaume Deglise a été nommé fin 2013 à la direction de Vinexpo, succédant à Robert Beynat. Il était, depuis 2009, le directeur général de Laurent-Perrier Suisse. Âgé de 39 ans, il a effectué sa carrière en Champagne, d'abord chez Bollinger puis chez Laurent-Perrier . Depuis 2012, il était également en charge du  développement de la marque en Chine.
Guillaume Deglise a été nommé fin 2013 à la direction de Vinexpo, succédant à Robert Beynat. Il était, depuis 2009, le directeur général de Laurent-Perrier Suisse. Âgé de 39 ans, il a effectué sa carrière en Champagne, d'abord chez Bollinger puis chez Laurent-Perrier . Depuis 2012, il était également en charge du développement de la marque en Chine. (Crédits : Appa)
Nommé directeur général de Vinexpo en octobre 2013, Guillaume Deglise vivra son baptême du feu du 14 au 18 juin. Cette nouvelle édition, la première qu’il aura pilotée, doit être celle de la relance pour le salon professionnel biennal des vins et spiritueux. C’est dans ce cadre que La Tribune - Objectif Aquitaine organise mercredi 17 juin la deuxième édition de ses Talents du vin.

La Tribune Objectif Aquitaine remettra ses Talents du vin mercredi 17 juin à 16 h au Palais des congrès de Bordeaux, dans le cadre de Vinexpo, qui commence dimanche. Avant l'ouverture du plus grand salon professionnel dédié aux vins et spiritueux, rencontre avec son directeur général, Guillaume Deglise.

La 18e édition de Vinexpo Bordeaux s'ouvre. Que faut-il en attendre ?

Il s'agira d'une édition de transition, dans un contexte économique qui s'améliore même si la crise est toujours présente. Vinexpo est dans une nouvelle équation avec des objectifs qui évoluent. Mon principal objectif est de remettre les exposants et les visiteurs au cœur des débats, de faire revenir certains opérateurs parmi les plus gros qui n'étaient plus présents. Cette 18e édition provoque beaucoup d'attentes.

Vous parlez de remettre la filière au cœur du jeu. Le salon s'était donc coupé des professionnels ?

Il faut rappeler que Vinexpo ne vit que par la venue des visiteurs et des exposants. Allons même plus loin : le salon doit se mettre au service de la profession. C'est pourquoi nous faisons, sur cette 18e édition, évoluer de nombreux aspects stratégiques et pratiques. Les nouveautés sont donc multiples. Nous nous réapproprions le lac (qui jouxte le Parc des expositions, NDLR) en y transférant les stands premium, les Terrasses, et l'offre de restauration. Cette édition proposera davantage de services, ainsi que des zones de dégustation libre entre les allées axées sur trois catégories : vins rosés, vins effervescents et, peut-être moins à la mode, les sweet wines, vins sucrés. Concernant les spiritueux, nous sommes déjà un des principaux salons professionnels mondiaux et nous chercherons à aider de nouvelles marques à s'exprimer. Nous mettrons également en place un concept bar testé sur Vinexpo Hong Kong. N'oublions pas non plus l'extension du tramway jusqu'au Parc des expositions, une desserte attendue depuis longtemps qui va apporter un plus indéniable.

Votre programme d'animations semble aussi plus tourné vers la ville.

C'est un autre aspect important. Cette mise en avant de la destination Bordeaux, certains nous en ont fait le reproche. Je crois au contraire qu'on n'en fait pas assez. Bordeaux s'est métamorphosée ces dernières années, il faut capitaliser sur son attractivité et faire venir les visiteurs du salon dans les rues de la ville. Pour ceux qui ne participent pas aux soirées dans les châteaux, c'est-à-dire la majorité, c'est le rôle des soirées The Blend que nous lançons au Hangar 14. Vinexpo doit se tourner vers les Bordelais. Ces derniers peuvent ressentir un sentiment de frustration à l'idée de ne pas voir accès au salon, c'est pourquoi nous mettons en place un programme avec des dégustations, l'animation des commerces...

Guillaume Deglise, directeur général de Vinexpo

Pour la première fois, Vinexpo Bordeaux mettra à l'honneur un pays, en l'occurrence les Etats-Unis. Pour quelles raisons ?

Beaucoup de gens regardent ce qui se passe en Chine depuis quelques temps, mais n'oublions pas que les Etats-Unis sont le marché qui a le plus progressé en 30 ans, de 15 % en moyenne ces cinq dernières années et avec des perspectives similaires pour les cinq ans qui arrivent. C'est un gisement mûr même s'il est complexe à aborder avec le système en vigueur, dit des trois tiers : importateur / grossiste / détaillant ou restaurateur. Vinexpo servira à accélérer le business et fera intervenir de nombreux experts. Et même si j'ai beaucoup d'idées et mes collaborateurs aussi, rien n'est encore décidé pour le pays invité en 2016.

Vous évoquez la Chine, un marché qui se stabilise voire qui recule. Où voyez-vous la croissance ?

Gardons à l'esprit que l'Europe pèse deux fois le marché des Etats-Unis et trois fois celui d'Asie-Pacifique. La croissance viendra de ces pays-là, mais le business pour nos opérateurs est encore ici en Europe. Dans le top 10 des marchés en devenir, je vois le Canada, le Japon, la Russie.

En matière d'international, 2014 a été chargée pour Vinexpo et ses déclinaisons menées par votre filiale Vinexpo Overseas. Quel bilan en tirez-vous, et quels sont vos projets ?

Cette année fut effectivement riche avec Vinexpo Asie Pacifique, un salon amené à croître dans un parc des expositions magnifique. Nous avons choisi de le prolonger en 2014 avec Vinexpo Japon, un marché à part, plus mûr, plus sophistiqué. En 2016, nous aurons ces deux éditions et nous n'en avons pas prévu d'autres. Mais nous menons un dialogue très suivi avec les exposants, à l'écoute de leurs attentes. Nous ne pouvons pas aller partout mais il est vrai aussi que quand nous regardons la carte des salons professionnels, on ne peut pas s'empêcher de regarder du côté des Etats-Unis. Il y a eu des tentatives (New York en 2002, Chicago en 2004, NDLR) plus ou moins couronnées de succès.

Faire des Etats-Unis votre invité d'honneur cette année n'est pas non plus totalement innocent, si ?

Notre objectif principal est à Bordeaux, le salon le plus ancien, le plus grand, une grosse machine. Disons que Vinexpo USA y aura lieu cette année, nous montrerons ce que nous savons faire. Gardons également à l'esprit que nous ne sommes pas non plus arrivés au bout du chemin à Hong Kong et Tokyo, qui sont amenés à se développer.

Nous arrivons au moment des primeurs. Quel regard portez-vous sur cette institution bordelaise  parfois décriée ?

Les primeurs ne sont pas à bout de souffle. Cette semaine est de plus en plus copiée de par le monde et ce n'est pas un hasard. Elle a peut-être besoin de se renouveler mais elle est bien établie dans le calendrier. Les primeurs sont devenus une incroyable opération de promotion des vins de Bordeaux et pour moi qui vient de Champagne où ce genre de choses n'existe pas, je suis bluffé par son organisation.

VINEXPO 2015 EN CHIFFRES :

  • 48.000 acheteurs professionnels
  • 2.400 exposants
  • 44 pays représentés
  • 44.000 m2 de stands

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