Bordeaux Sciences Agro lance la première chaire universitaire dédiée à l'agriculture biologique

L'institut de formation Bordeaux Sciences Agro, en partenariat avec l'Université de Bordeaux, l'Inrae et douze mécènes, a officialisé le lancement d'une chaire universitaire dédiée à l'agriculture biologique ce 15 juin. Elle planchera sur les enjeux d'avenir de la filière alors que la bio se retrouve malmenée par un contexte géopolitique et économique dépressionnaire.

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Bordeaux Sciences Agro, en partenariat avec l'Université de Bordeaux, l'Inrae et douze mécènes, a officialisé le lancement d'une chaire universitaire dédiée à l'agriculture biologique ce 15 juin.
Bordeaux Sciences Agro, en partenariat avec l'Université de Bordeaux, l'Inrae et douze mécènes, a officialisé le lancement d'une chaire universitaire dédiée à l'agriculture biologique ce 15 juin. (Crédits : REGIS DUVIGNAU)

C'est la toute première chaire universitaire en France entièrement dédiée à l'agriculture biologique. Elle vient d'être lancée dans les murs de Bordeaux Sciences Agro, conjointement avec l'Université de Bordeaux, la Fondation Bordeaux Université et l'Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement). Douze mécènes, représentant les intermédiaires du champ à l'assiette, sont associés à ce nouveau groupe de recherche dont Aquitabio, Agribio Union, Biocoop Gironde, BioLandes, Château Canon, Corab, le Syndicat des vignerons bio d'Aquitaine, Péchalou et Qualisud. Bordeaux Sciences Agro souhaiterait en rassembler une vingtaine au total.

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La chaire va travailler sur les problématiques auxquelles fait face l'agriculture biologique, notamment autour des enjeux de fertilisation des sols, de conditions de production avec le changement climatique et d'augmentation de la part productive face à l'agriculture dite conventionnelle. Mécènes et acteurs universitaires seront à l'initiative pour lancer des travaux de recherche académiques, des unités de recherche et développement technologique et un dispositif de veille scientifique. La restitution des travaux se fera sous forme de séminaire annuel. La chaire s'est fixé un budget, encore mouvant, de 150.000 euros annuels afin d'embaucher deux personnes pour animer et vulgariser les résultats. Il est abondé par les partenaires universitaires et les dons des mécènes.

Gouvernance partagée

"Cette chaire est avant tout l'initiative de deux de nos enseignants-chercheurs. L'agriculture biologique fait totalement partie de nos enseignements en agronomie et de la stratégie de notre établissement", a évoqué en introduction Sabine Brun-Rageul, la directrice de Bordeaux Sciences Agro.

"Il faut parfois créer des conditions "anormales" pour que les choses avancent. C'est ce que nous essayons de faire avec cette chaire. Nous allons avoir besoin de science pour valider toutes les formes d'innovation dont nous allons devoir être capables", a complété Eric Macé, vice-président en charge des transitions environnementales de l'Université de Bordeaux.

Isabelle Masneuf-Pomarede et Thomas Nesme, respectivement professeurs en œnologie et agronomie, sont les co-titulaires de cette chaire. "Nous souhaitons qu'elle offre les conditions de dialogue et de rencontre entre les enseignants, chercheurs et acteurs privés de la bio" ont-ils invité. La gouvernance sera organisée en deux grands comités : un comité de pilotage dirigé par l'équipe de la chaire et les mécènes, ainsi qu'un comité d'orientation stratégique géré par les représentants académiques.

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La bio en perte de vitesse

Cette "chaire pionnière" est lancée alors que s'ouvre à Bordeaux ce 16 juin le congrès européen de l'agriculture biologique. Avec deux jours de rencontres et d'échanges, les acteurs du secteur vont aborder les enjeux d'avenir mais aussi les bouleversements bien actuels vécus par la filière bio. En effet, la guerre en Ukraine et la poussée de l'inflation réduisent le pouvoir d'achat des consommateurs qui délaissent de plus en plus les produits biologiques, plus chers, comme en témoignent les producteurs qui peinent à écouler leurs stocks. Par ailleurs, cette conjoncture défavorable est appuyée par les chiffres de la consommation 2021. Avec -3,9 %, la consommation de produits biologiques a baissé pour la première fois en huit ans dans les grandes surfaces.

Alors que la chaire de Bordeaux Sciences Agro est particulièrement dédiée aux enjeux de production, Thomas Nesme, son co-titulaire, le reconnaît : "Les quantités de production ne peuvent pas être dissociées des quantités de consommation et du poids du marché. Elles sont peut-être encore plus liées dans le système biologique que dans le système conventionnel."

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