Pessac montre ses muscles

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Franck Raynal, maire de Pessac et vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l'agglocampus, de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation
Franck Raynal, maire de Pessac et vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l'agglocampus, de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (Crédits : LTB / ML)
Voisine de Bordeaux et de Mérignac, récemment classée 5e ville la plus dynamique de France, Pessac a de l'ambition et entend jouer un rôle grandissant dans l'échiquier métropolitain. Son maire, Franck Raynal, revient sur ses choix en matière d'économie et défend sa vision d'un immobilier encadré. Il demande également que l'idée de barreaux routiers entre les différentes autoroutes qui enserrent l'agglomération soit relancée rapidement, afin de décongestionner la rocade.

Trois ans après son élection en tant que maire de Pessac, Franck Raynal a donné ce matin devant la presse son point de vue sur le développement de la ville et sur ses projets. Gros motif de satisfaction pour l'élu, le dernier classement du Figaro qui positionne Pessac comme la 5e ville la plus dynamique de France après s'être intéressé aux chiffres de 113 villes de plus de 50.000 habitants. La commune girondine voit ainsi sa population augmenter constamment (3.558 habitants supplémentaires depuis 2013) et son taux de création d'entreprises (rapport entre les créations en 2015 et le stock 2014), estimé à 17,80 %, dépasser celui de Mérignac et s'approcher des 19,39 % de Bordeaux.

Pessac affiche également un salaire net moyen de 14,94 € supérieur à ces deux grandes voisines, un revenu médian de 21.491 € ou encore un taux de survie à 5 ans des entreprises de 29,90 % (chiffres 2014), inférieur à celui de Bordeaux (30,80 %) mais au-dessus de Mérignac (28,40 %). En croisant les indicateurs des dynamiques démographique et économique, des infrastructures de service et de niveau de vie, Pessac termine donc 5e, ce qui rend son maire "assez fier", tout en précisant que ce ne sont pas 3 ans de mandat qui ont tout changé.

Les attentes de Bordeaux Inno Campus

Mais il est vrai que Pessac a quelques atouts dans son jeu. Le CHU de Bordeaux y compte son 2e pôle (avec les hôpitaux Xavier Arnozan et Haut-Levêque), ce qui en fait le premier employeur de la ville. Cette dernière accueille 63 % du campus universitaire bordelais avec 43.000 étudiants et 3.000 enseignants-chercheurs. 31.000 emplois et 3.500 entreprises sont recensés, dont certaines installées sur les 4 parcs d'activités (Bioparc, Cité de la photonique, Parc scientifique Unitec 1, Europarc). Mais Franck Raynal espère faire encore mieux à l'avenir et veut "accroître la place de Pessac dans l'économie métropolitaine". Parmi ses pistes : renouer des liens avec le patrimoine de la vigne et du vin, quelque peu ignoré par les nouveaux arrivants, et capitaliser sur l'opération Bordeaux Inno Campus.

Cette dernière, financée à hauteur de 67 M€ par Bordeaux Métropole sur 547 hectares, n'en est encore qu'à ses prémices puisque l'inventaire écologique complet ne sera terminé que le mois prochain et servira de base à la définition précise de l'opération d'aménagement. Le plan-guide est attendu pour le printemps prochain et devrait à la fois dégager du foncier tout en proposant de développer les liaisons, notamment en direction de l'aéroport de Mérignac. Bordeaux Inno Campus concerne trois villes : Pessac, Talence et Gradignan. 10.000 emplois supplémentaires sont attendus, venant se rajouter aux 40.000 existants.

Dans ce cadre prend place le réaménagement de l'ancien site occupé par Thales dans le quartier de Bersol, qui y faisait travailler 950 salariés avant de déménager vers Mérignac. La société d'économie mixte (SEM) Route des lasers en a fait l'acquisition. Sur les 11 hectares au total, 3 seront rétrocédés à Bordeaux Métropole pour accueillir de nouvelles entreprises. Huit hectares resteront propriété de la SEM. Serma Technologies devrait notamment y construire une vaste extension. Franck Raynal confie également que sur la zone située face à l'ancien site de Thales, "plusieurs projets d'installation d'entreprise sont en cours", mais encore trop peu matures pour en dire plus.

Le retour du serpent de mer du contournement

Reste que si la ville veut se développer, elle devra répondre, entre autres, à deux enjeux forts : proposer des solutions de déplacement à ses habitants, et les loger. Sur le premier point, Franck Raynal assume un rôle qu'on pourrait qualifier de "gendarme", ou de garde-fou : "Nous ne sommes pas dans la course au logement diffus et anarchique". Entre 2010 et 2015, le nombre de permis de construire a baissé de 39,5 %, alors qu'il augmentait de 2,9 % à Bordeaux et de 9,1 % à Mérignac. S'il n'a été élu maire qu'à la fin de cette période, en 2014, Franck Raynal s'inscrit pleinement dans un urbanisme très maîtrisé : "Construire tous azimuts, c'est facile, mais il faut que les services publics suivent. Nous privilégions donc les opérations dans les zones d'aménagement et autour des axes de transport."

Transports qui, justement, ont généré quelques calvities précoces chez tous ceux qui empruntent la rocade bordelaise et s'arrachent les cheveux en se confrontant à la zone Pessac - Mérignac. Franck Raynal appelle quant à lui à voir les choses de manière plus globale :

"Elargir le tuyau ne règlera pas tout. Plusieurs réponses sont possibles pour améliorer la situation. J'aimerais d'ailleurs beaucoup que le sujet de création de barreaux entre les autoroutes qui mènent à l'agglomération bordelaise soit réactivé. Alain Juppé en avait reparlé au printemps. C'est un sujet majeur si la métropole ne veut pas être victime de son succès."

Cette idée de contournement, abandonné en 2008, ne date pas d'hier. Maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé a défendu à plusieurs reprises l'aménagement de barreaux routiers reliant l'A10, l'A89, l'A65, l'A62 et l'A63, pourquoi pas concédés à des sociétés autoroutières et qui délesterait une partie du trafic qui transite via la rocade. Une hypothèse à laquelle ne croit pas le président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze. Franck Raynal, lui, a fait son choix et va s'attacher à le défendre.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2017 à 21:48 :
Pessac n est pas une ville mais une banlieue, extension, de bordeaux. Cette article n'a pas de sens
a écrit le 14/09/2017 à 10:18 :
Pessac est une ville en avance sur son temps aussi en terme de démocratie. C'est d'ailleurs cette ville dans laquelle j'ai choisi de m'installer définitivement. Ils sont très accueillants et incitent les citoyens à participer aux decisions collectives : la politique.

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