Drones : le bordelais Skeyetech prépare une première mondiale !

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Gregoire Linard et Antoine Lecestre présentent Ypax, le premier drone de surveillance 100 % autonome.
Gregoire Linard et Antoine Lecestre présentent Ypax, le premier drone de surveillance 100 % autonome. (Crédits : Pascal Rabiller)
Pendant le salon européen UAV Show à Mérignac les 12 et 13 octobre, la société bordelaise Skeyetech proposera une première mondiale. La démonstration d’un drone de surveillance 100 % autonome dans ses missions et capable de se recharger seul.

Créée en décembre 2014 par trois étudiants de l'Ensam Bordeaux, la jeune société Skeyetech s'est spécialisée dans lea conception et la commercialisation de systèmes embarqués, basés sur des technologies de vision en temps réel, et la vente de solutions drones en direction des industries de l'énergie, du BTP ou encore de l'agriculture.
Démarrée à trois, les associés Antoine Lecestre, Grégoire  Linard et Paul Astoul, l'aventure, hébergée au sein de la technopole Bordeaux Technowest, embarque désormais 9 CDI et même bientôt 15 car la société est en plein recrutement.

"Depuis notre création, explique Antoine Lecestre, nous mettons toute notre capacité de R&D à répondre aux besoins des industriels. Nos briques technologiques ne sont là que pour cela. La technique est au service de l'usage, et pas le contraire", précise Grégoire Linard.

Une approche gagnante pour la jeune pousse qui peut se targuer d'être à à l'équilibre économique.

"Nous avons toujours, au travers des solutions proposées, comme le drone Lynx8, la nacelle Lyrix... cherché à adresser des marchés existants, à générer du chiffre d'affaires. C'était notre garantie pour financer la R&D qui est notre raison d'être" poursuit Antoine Lecestre.

Une raison d'être qui vient de déboucher, à l'issue de deux ans de maturation et six mois de développement, sur un drone dont la principale spécificité ne tient pas à son poids, 3,5 kg, ni à son autonomie de vol : 35 minutes, mais à son autonomie tout court.

Ypax : le drone à l'heure de la robotique

En clair, Ypax, c'est son nom, est un drone de surveillance et de sécurisation de sites industriels qui fait sa vie. Il décolle seul, sur simple alerte, sort de sa base d'environ 1m x 1,5 m, se rend sur le lieu qui pose problème, afin de lever un doute, ou de le confirmer, assiste l'équipe de surveillance au sol, fournit des informations, des images, de jour comme de nuit, et en temps réel, mais surtout, rejoint sa base tout seul avec une précision d'atterrissage unique qui lui permet de se positionner sur sa station de rechargement électrique. Skeyetech, qui a conçu toutes les briques technologiques d'Ypax, a déposé un brevet pour la partie optique dédiée à l'approche de la base. Bref, l'engin se passe de pilote.

"Nous sommes engagés dans une course à l'intelligence. Nous cassons les barrières de mise en œuvre du drone. L'homme n'est plus dans la boucle, même si l'outil est uniquement à son service. On est plus dans du modélisme mais dans de la robotique."

Lors du salon UAV Show des 12 et 13 octobre à Mérignac (Gironde), l'équipe de Skeyetech réalisera des démonstrations qui constitueront une première mondiale. La machine, totalement autonome, se révèlera aux professionnels du secteur, mais très vite cette caméra d'un genre nouveau, capable d'intervenir seule sur un site industriel de 40 voire 50 hectares, va être testée en conditions réelles d'exploitation.

6 mois de tests et d'expérimentations à Parentis (Landes)

La DGAC vient en effet d'autoriser Skeyetech à tester, pendant huit semaines, son système drone Ypax dans un site industriel situé à Parentis dans les Landes. "Si tout se passe bien, nous enchaînerons avec 6 mois d'expérimentations" souligne Antoine Lecestre. Une expérimentation qui pourrait bien déboucher sur un nouveau standard concernant l'autonomie intelligente des drones.

"Nous voulons prouver la sécurité de ce système. Nous pensons être capables de créer un précédent dans ce domaine."

Une période d'expérimentation qui démarrera tout début 2017 et qui devrait permettre à Skeyetech de pouvoir, par l'entremise de la société arcachonnaise Drone Protect System (DPS) commercialiser ses premiers Ypax.

"Nous devrions pouvoir signer nos premières ventes dès le mois d'avril 2017, assure Benoît Linard. Nous avons la capacité de produire un Ypax par mois dans un premier temps, puis deux par mois."

La solution complète Ypax (drone, logiciels, optique, station de rechargement...) devrait être commercialisée 60.000 euros et s'ils visent d'abord le marché français de la surveillance de sites industriels, les dirigeants de Skeyetech savent que s'ils s'imposent en France, un boulevard devrait s'ouvrir pour eux dans les pays voisins et moins réglementés que sont le Royaume-Uni, l'Espagne ou encore l'Italie.

Levée de fonds de 800.000 € attendue

Autant de perspectives de business qui devraient faciliter la levée de fonds que l'équipe commence à préparer. Au bout de deux exercices comptables prévisionnels respectés, et même un équilibre économique atteint grâce à la vente de machines et surtout à l'activité de bureau d'études, la société semble armée pour séduire des investisseurs.
Lever des fonds, environ 800.000 euros doit lui permettre de creuser l'écart sur une éventuelle concurrence.

"A ce jour, nous avons identifié un très gros concurrent, une société israélienne qui vient de lever 28 M€, emploie 70 personnes et compte le numéro deux de Goggle au sein de son board et le groupe aéronautique israélien IAI dans son capital... Il apparaît clairement que nous ne boxons pas dans la même catégorie. La station de leur drone fait plus de 2 mètres de hauteur, mais leur positionnement sur le drone autonome valide notre positionnement... et en plus nous ne sommes clairement pas sur les mêmes marchés" assure Antoine Lemestre.

C'est très possible, car il est peu probable que la solution israélienne adresse les mêmes industries et pour les mêmes finalités. Ce concurrent-là aura du mal à s'aligner sur les 60.000 euros que devrait coûter la solution française.

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