BeTomorrow, nouvelle star de danse avec les drones

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Flying Be Bop, lors des répétitions du spectacle, organisées récemment à Bordeaux, dans le plus grand secret, au sein du bâtiment de La Poste Armagnac.
Flying Be Bop, lors des répétitions du spectacle, organisées récemment à Bordeaux, dans le plus grand secret, au sein du bâtiment de La Poste Armagnac. (Crédits : D.R)
Samedi soir, les téléspectateurs anglais et le jury du show “Britain’s Got Talent” (équivalent de "La France a un Incroyable talent") se sont enthousiasmé pour un spectacle mêlant danseurs et drones. Une performance unique rendue possible grâce à la société bordelaise BeTomorrow. Explications.

Quatre "Yes", c'était  le verdict du jury de l'émission de TV réalité "Britain's Got Talent", l'équivalent de notre "La France a un incroyable talent" à l'issue d'un spectacle proposé, samedi  dernier, par deux danseurs hip hop accompagnés, en rythme et dans leurs mouvements, par une flotte de petits drones lumineux.
Qualifié pour la ½ finale du show qui aura lieu dans le stade de Wembley samedi prochain, le spectacle de danse doit une grande partie de son succès à une société bordelaise spécialisée dans l'ingénierie digitale, la géolocalisation de précision : BeTomorrow.
C'est elle qui a mis au point le logiciel de pilotage qui fait danser les drones avec les hommes. C'est elle, avec Eric Thommerot en tant que chef de projet, qui pilote le projet dans son ensemble.
"Nous avons l'habitude de mettre du logiciel, de l'intelligence en quelque sorte, dans les drones", explique Jean-Dominique Lauwereins, codirigeant et fondateur avec son épouse, Sylvie Clin, de la société fondée en 2002 au bord de la Garonne.
"Il y a quelques mois, nous avons décidé de montrer au monde ce que nous savions faire, et notre partenaire Parrot, le fabriquant français de drones, nous a permis de le faire lors du dernier CES de Las Vegas."

 >>>>>>>>> Pour visionner la vidéo des répétitions de Flying BeBop

Un succès, déjà, à Las Vegas...

Une démonstration de danse de drones "danseurs"  Parrot a en effet connu un franc succès lors du salon Consumer Electronic Show (CES).

"Une prestation appréciée qui nous a donné envie, ensemble, d'aller plus loin", explique le codirigeant de BeTomorrow. "Nous nous sentions capables de faire cohabiter danseurs et drones pour un spectacle visuellement unique."

Parrot dit banco, et BeTomorrow se met alors en chasse d'un chorégraphe et de danseurs, un homme et une femme, acceptant de tenter le coup. Nadia Lumley, passée par le Cirque du Soleil, et Gavin Vincent, professeur de danse, répondent présent. Le chorégraphe Antoine Marc s'associe au projet.

"Notre technologie ne s'arrête pas à la seule chorégraphie", assure Jean-Dominique Lauwereins. "Même si ces drones Parrot sont des jouets, nous avons poussé au maximum la technologie garantissant la sécurité. Ces drones sont dotés de l'intelligence qui leur permet de danser, suivre les danseurs, bien sûr, mais aussi de se mettre en sécurité dès que nécessaire. En cas de rupture de la liaison radio, un système de marquage au sol (des sortes de mires) leur permet de se débrouiller seuls..."

BeTomorrow Flying Be Bop

Flying BeBop lors de l'émission de sélection (à Birmingham) de "Britain's Got Talent"

Pour BeTomorrow, la stratégie londonienne est en train de payer

Agiles, sûrs, et donc assez intelligents pour accompagner avec grâce les danseurs, les drones du spectacle sont à l'image de la société qui les guide.
Depuis 18 mois en effet, Jean-Dominique et son épouse Sylvie ont fait le choix de s'éloigner de Bordeaux et du siège historique de BeTomorrow qui emploie une quarantaine de personnes, pour s'installer à Londres et piloter, au plus près, la mise en place d'un bureau commercial. Ce dernier emploie quatre personnes à ce jour et commence à gagner des contrats. La stratégie des fondateurs et dirigeants s'avère payante... bien au-delà de l'effet émission de TV.
Certes, le pari de Parrot et BeTomorrow d'inscrire ce  "ballet" d'un nouveau genre à l'édition 2016 du jeu télévisé "Britain's Got Talent" s'est avéré gagnant. Certes encore, les sélections ont été passées avec brio... même si le montage final de l'émission et le choix musical d'accompagnement, changé par la production, frustrent un peu l'équipe de "Flying BeBop" nom définitif de la troupe de danseurs humains et drones...

Flying BeBop bientôt filiale spectacle et marketing de BeTomorrow

Mais pour le ticket : BeTomorrow - Parrot, quoi qu'il arrive, c'est un pari économique qui est réussi.

"Après le CES Las Vegas, nous avons concrétisé des contacts en matière de business. Le vol chorégraphié de drones est très porteur en termes de communication, de marketing. Le public aime cela, des grandes marques l'ont déjà compris outre-Manche."

La marque de biscuits Oreo fait partie de ces nouveaux clients. Le week-end dernier, pendant que Flying BeBop se distinguait en différé sur le petit écran, des clients d'un grand centre commercial anglais s'extasiaient eux en live, devant une chorégraphie de biscuits volants. A la manœuvre encore : BeTomorrow.

"Pour nous cette activité est en train de devenir un créneau économique important. Nous sommes en train de créer une filiale, qui sera baptisée Flying BeBop et qui va commercialiser nos prestations", précise la direction de BeTomorrow. "Nous sommes en train de devenir un véritable acteur du monde du spectacle."

Un objectif tout autant qu'une obligation quand on sait que la société de production de "Britain's Got Talent", qui produit aussi "La France a un incroyable talent", ainsi que Sony Music, contractualisent avec les candidats à l'émission afin de pouvoir, le cas échéant, prendre leur part des revenus liés à la commercialisation des shows révélés par l'émission...

"Nous sommes tout à fait prêts désormais à monter des spectacles pour des villes comme Las Vegas, des sites comme le Futuroscope, Disneyland...", assure J.D. Lauwereins.

En attendant, les 5 et 6 juin, les danseurs de Flying BeBop connaîtront leur première date à Paris. Cela se passera à La Cité des Sciences de La Villette, les 5 et 6 juin prochain, à raison de trois spectacles par jour.

Même le programme Drone For Life entre dans la danse

En apparence, avec ce spectacle on est loin, très loin de l'autre programme lié aux drones, porté en partie par BeTomorrow : Drone For Life.

"En apparence seulement car l'algorithme utilisé avec Flying Be Bop permet aussi de développer celui qui est associé au programme Drone For Life, de drones de transport d'urgence de sang, de médicaments ou d'organes. L'autonomie, l'intelligence du drone  nécessaires pour le transport d'urgence sont plus développés, c'est certain. Mais tant sur le plan de la technologie que sur le travail de défricheur qui s'impose à nous en termes de sécurisation des vols en public ou en extérieur, ou les deux, dans le cas de l'émission "Britain's Got Talent" qui aura lieu dans le stade de Wembley. Chaque projet, séparément, profite à l'autre", explique Jean-Dominique Lauwereins.

Les drones qui observent, bombardent, inquiètent régulièrement. Ceux qui dansent ne semblent pas uniquement séduire les jurys des shows TV, ils plaisent au public en général et aux spécialistes du marketing et du spectacle en particulier. Ce "business drone", dopé à la mention "vu à la TV" a beaucoup d'atouts pour décoller.

BeTomorrow Flying Be Bop

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