Covid-19 : forte mobilisation pour empêcher l'arrivée de vacanciers parisiens

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(Crédits : Charles Platiau)
Avec les vacances scolaires de Pâques, les autorités craignent un nouveau départ massif de Parisiens vers la Nouvelle-Aquitaine et vont encore durcir les contrôles. Pendant le même temps les demandes de passage en chômage partiel explosent dans la région et les masques commandés par plusieurs collectivités territoriales à la Chine, en attente de livraison, pourraient avoir été détournées par des acheteurs américains.

Le samedi 4 avril va marquer le début des vacances scolaires pour la zone C, qui regroupe les académies de Paris, Montpellier et Toulouse (Occitanie) et Fabienne Buccio, préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine a rappelé, lors du point presse de ce mercredi 1er avril, que le confinement ne serait pas rompu pour laisser partir les familles de ces territoires en villégiature.

"Il n'est pas question de laisser les Parisiens venir en Nouvelle-Aquitaine, a prévenu la préfète. Il y aura des contrôles dans les gares à Paris mais aussi à Bordeaux. Les hôtels sont fermés depuis le premier jour du confinement et ceux qui ont réouverts l'ont fait parce qu'on leur a demandé. Si un maire constatait que la population de sa commune augmente alors que les hôtels sont fermés, nous en serions immédiatement informés" a précisé Fabienne Buccio.

Cette dernière a pris la peine de rappeler qu'il n'y a plus de décollages ou atterrissages d'avions de lignes aériennes régulières à l'aéroport de Bordeaux Mérignac qui a fermé ses portes jusqu'à nouvel ordre. Que le nombre de TGV a été réduit à un par jour sur Bordeaux-Paris et Bordeaux-Toulouse. Et qu'il n'y a plus que trois lignes de TER en fonction dans toute la région.

"Toutes nos effectifs de police et de gendarmerie sont mobilisés et renforcés par des forces supplétives. Nous allons surveiller les routes et les autoroutes, aux points de péage. Par ailleurs nous ne pouvons pas interdire aux gens de louer, mais nous sommes en contact avec la plateforme Airbnb et les agences de locations pour suivre ce qui se passe de très près", a déroulé la préfète.

Sachant que la Nouvelle-Aquitaine accueille, en plus de son dispositif habituel, neuf escadrons de gendarmes mobiles et deux escadrons de CRS déployés entre Bordeaux et la frontière espagnole.

Lire aussi : Coronavirus : les Parisiens débarquent dans une Nouvelle-Aquitaine peu touchée par l'épidémie

+2.600 % d'heures de demandes de chômage partiel

De leur côté les demandes de passage en chômage partiel sont littéralement en train d'exploser dans la région.

"Elles ont été multipliées par quatre par rapport à 2019 et en volume horaire par douze ! Actuellement on décompte 12.906 entreprises néo-aquitaines qui ont demandé à bénéficier de l'application du chômage partiel, dont 3.681 en Gironde. Ce qui représente quatre fois plus de dossiers qu'en 2019, pour un volume horaire qui a été multiplié dans le département par vingt-six par rapport à l'an dernier !" a déroulé la préfète.

82 décès en Nouvelle-Aquitaine/4.032 France entière

Sur le plan sanitaire la pandémie continue à se développer en Nouvelle-Aquitaine mais à un rythme qui reste moins soutenu que la moyenne nationale. Le nombre d'hospitalisations est ainsi passé en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 5,8 millions d'habitants, de 658 au 30 mars à 700 au 1er avril (24.639 France entière), en hausse de 42 patients dans la région (+1.882 France entière). Au 1er avril la région comptait 215 personnes en réanimation (6.017 France entière), pour 82 décès recensés en hôpital (4.032 France entière).

"Nous avons toujours assez de lits pour recevoir de nouveaux patients d'autres régions. Et nous avons aussi de nouvelles équipes soignantes qui vont partir vers le Grand-Est et l'Ile-de-France pour donner du répit à celles qui sont en première ligne. Nous avons actuellement une centaine de professionnels volontaires en Nouvelle-Aquitaine" a souligné le docteur Daniel Habold, directeur de la santé publique, à l'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine.

Après les deux équipes de soignants néo-aquitains parties ce dimanche vers les hôpitaux de Nancy et Metz, un nouveau groupe serait sur le départ pour Mulhouse.

Lire aussi : Covid-19 : la Nouvelle-Aquitaine passe à la grande vitesse pour aider le Grand-Est

Des masques détournés au cul des avions chinois ?

La lutte contre le coronavirus fait également l'objet d'une redistribution des moyens humains et matériels à l'intérieur même de la région Nouvelle-Aquitaine. La question des 2,4 millions de masques (chirurgicaux et FFP2) commandés par plusieurs collectivités néo-aquitaines (Région, Départements, Bordeaux Métropole et l'agglomération de Pau Béarn Pyrénées) restait ce mercredi 1er avril dans l'attente des livraisons.

Hier en fin de journée successivement aux micros de la chaine de télévision russe RT France puis de RTL, les présidents de région Renaud Muselier (Provence Côte d'Azur) et Jean Rottner (Grand-Est) ont rapporté que plusieurs commandes de masques faites en Chine par des conseils régionaux français (à hauteur de 60 millions d'unités) ont été détournés par des acheteurs américains sur les tarmacs d'aéroports chinois, ayant payé en cash trois ou quatre fois le prix aux fabricants, pour être aussitôt expédiés vers les Etats-Unis. Les Français payant de leur côté à réception de la marchandise. Cette information à l'ambiance spécial Far West vient, à confirmé le quotidien Libération, d'un président de région qui a tenu à conserver l'anonymat. Serait-ce le début d'une nouvelle crise dans la crise ?

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Commentaires
a écrit le 09/04/2020 à 14:05 :
ha, ces énarques de l'administration.. ne pas changer les procédures
a écrit le 03/04/2020 à 23:34 :
Il faut une amende de 1500 euros..pas 135€ pour faire devla vrai répression pour tous ces débiles égoïstes....
a écrit le 03/04/2020 à 13:51 :
Quel rapport avec les vacances scolaires ? Les enfants sont déjà confinés chez eux. Le début officiel des vacances ne change rien à la situation.
a écrit le 02/04/2020 à 19:45 :
Regarder la carte fournie par Orange et publié dans le Figaro du 28/3 sur les changements de domicile qui montrent comment la population des centres urbains a fui vers les campagnes. Paris n’est pas la seule ville touchée par ce phénomène, c’est la même chose à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lille, Grenoble…
Trop facile d' accuser les parisiens ...
Réponse de le 09/04/2020 à 13:24 :
Mais oui en attendant on voit bien les plaques d'immatriculation. On les voit débarquer dans les spar réclamant des crèmes solaire le tout en paréo. Quel honte !

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