Municipales 2020 : à Bordeaux, un match plus serré que prévu

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Qui s'installera à l'hôtel de ville en mars 2020 ?
Qui s'installera à l'hôtel de ville en mars 2020 ? (Crédits : Objectif Aquitaine / Appa)
SONDAGE EXCLUSIF. En quittant le navire bordelais en plein mandat, Alain Juppé a passé la main à son successeur Nicolas Florian mais aussi instillé de l'espoir aux différents challengers en vue des municipales 2020. Galvanisés par leurs bons résultats aux Européennes, les écologistes réalisent une importante percée comme le montre le sondage réalisé pour La Tribune par Elabe.

A quelques mots près, le discours tenu par les différents courants de la gauche est similaire : Alain Juppé ressemblait à une muraille infranchissable mais, sans lui, le mur leur apparaît plus friable. En soi, difficile de leur donner tort sur un point : la notoriété de l'ancien maire, et son aura allant bien au-delà de son courant politique, étaient incomparables. Désabusé par un mouvement des Gilets jaunes qu'il n'a pas réussi à comprendre, l'ex-Premier ministre a pris la direction du Conseil constitutionnel. Cette démission surprise a profité à Nicolas Florian, devenu maire de Bordeaux le 7 mars 2019. Promu dans ce contexte particulier, l'ancien patron des finances, des ressources humaines et de l'administration générale de la ville, ne ménage pas sa peine. Particulièrement depuis la fin de l'été, on le voit partout. L'enjeu est d'améliorer une notoriété encore moyenne : 70 % des Bordelais inscrits sur les listes électorales le connaissent au moins de nom et 42 % disent le connaître bien, loin d'un incomparable Alain Juppé qui culmine à respectivement 99 % et 92 %, comme le montre le sondage* que publie La Tribune en partenariat avec Elabe, mais loin devant les autres candidats.

Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous que vous les connaissez très bien, assez bien, seulement de nom ou pas du tout ?


Inscrits sur les listes électorales, en %

Sondage notoriété

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La seule quasi-certitude est finalement que contrairement à 2014, où Alain Juppé avait raflé 60,95 % des voix du premier coup, il y aura un second tour en mars 2020... Le sondage La Tribune - Elabe montre clairement que, cette fois, il y aura match. Deux hypothèses ont été testées : la première avec une liste menée par Matthieu Rouveyre soutenue par le Parti socialiste, la seconde avec le ralliement des socialistes aux écologistes dans le cadre d'une liste menée par Pierre Hurmic.

Si vous aviez le choix entre les listes suivantes au premier tour des élections municipales à Bordeaux, pour laquelle voteriez-vous ?

En % des intentions de vote exprimées

Hypothèse 1

sondage hypothèse 1

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Hypothèse 2

sondage hypothèse 2

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Entré en politique à 26 ans en tant que conseiller municipal de Villenave-d'Ornon, dans la métropole bordelaise, titulaire d'une maîtrise en droit des affaires, Nicolas Florian a exercé des mandats de conseiller régional, conseiller départemental, secrétaire départemental de l'UMP puis des Républicains de 2002 à 2018. L'actuel maire et vice-président de Bordeaux Métropole est un proche de Valérie Pécresse et confirme volontiers considérer Alain Juppé comme son père spirituel. Chargé de communication du promoteur immobilier Pichet entre 2008 et 2013, élu depuis 2014 à la mairie de Bordeaux, il revendique à la fois l'héritage d'Alain Juppé mais aussi un ton personnel qu'il souhaite impulser et qu'il va lui falloir rendre lisible d'ici mars prochain. Le timing sera court puisque Nicolas Florian ne compte présenter son projet et son équipe qu'en janvier. "J'ai toujours dit, dès le 1er jour, que je serai candidat à ma succession, les choses sont claires. La campagne commencera en 2020, j'y pense mais aujourd'hui je consacre 80 % de mon énergie et de ma réflexion à 2019", disait-il encore il y a quelques jours. Il ne briguera pas l'étiquette Les Républicains et a largement pris ses distances avec le parti, sans rompre officiellement comme l'avait fait Juppé : "J'assume ma liberté, mon indépendance, je ne veux pas être sous tutelle et je n'aurai aucune étiquette !", certifie-t-il. Ce qui ne l'empêchera pas de pouvoir s'appuyer sur les réseaux juppéistes et sur le Modem, le Parti radical et Agir dont il s'est assuré la fidélité. Premier adjoint au maire de Bordeaux et chef de file du Mouvement démocrate en Gironde, Fabien Robert s'est effectivement rangé derrière Nicolas Florian, en vertu d'une histoire locale commune entre les deux mouvements mais "sans être aveugle. Nous soutenons le rassemblement au-delà des étiquettes mais cela ne nous empêchera pas de mettre nos idées sur la place publique." Avec cette coalition, Nicolas Florian est crédité de 31,5 à 32,5 % selon l'une ou l'autre des hypothèses testées dans notre sondage. Loin des 45 % du sondage Ifop commandé par les soutiens d'Alain Juppé en mai 2019.

Percée des écologistes

En deuxième position, la liste des écologistes menée par Pierre Hurmic réalise une véritable percée avec 24,5 % des intentions de vote. Actuel conseiller municipal d'opposition et conseiller métropolitain Europe Ecologie les Verts, l'avocat de 64 ans y croit fort après avoir réussi à rassembler derrière lui toutes les nuances écologistes (EELV, Cap 21, Génération Ecologie...). "Nous sommes aujourd'hui la 2e force politique locale, en témoigne le bon score des écologistes lors des dernières élections européennes à Bordeaux. Nous autres, nous prêchions dans le désert depuis longtemps. Mais le désert avance et nous sommes de mieux en mieux entendus. Nous n'avons jamais été aussi légitimes", estimait-il lors de l'officialisation de sa candidature le 26 septembre. Certain que la question environnementale tiendra une place centrale dans les prochaines élections, il est convaincu que "tous les candidats se prétendront « plus écolo que moi tu meurs ». Mais les gens préféreront l'original à la copie."

Sa notoriété reste en revanche faible : 71 % des Bordelais sondés disent ne pas le connaître. Mènera-t-il un rassemblement de la gauche ? Pierre Hurmic pianote sur le mode "qui m'aime me suive" : sa liste ne tend pas la main aux autres partis de gauche, mais aux individualités sous réserve qu'elle signe leur Appel de Bordeaux. "L'urgence écologique demande de dépasser le cadre des partis politiques. [...] Je ne veux pas de la vieille tambouille du passé. Il n'y aura pas de discussions entre appareils politiques. Je suis mon chemin, soit ça les intéresse, soit ce n'est pas le cas. Si on peut fédérer, tant mieux mais le préalable sera de signer l'Appel de Bordeaux et de faire de l'urgence écologique une priorité. Si d'autres veulent y participer, ils sont les bienvenus. On discute, mais à partir de cette trame-là. Il serait inconcevable qu'à Bordeaux, on n'ait pas une liste tirée par un ou une écologiste."

Les socialistes au soutien des écologistes ?

Le Parti socialiste sera-t-il un allié des écologistes ? A priori oui. Testée dans le sondage, une candidature de l'élu socialiste d'opposition Matthieu Rouveyre, par ailleurs vice-président du Conseil départementale de la Gironde, récolte 5,5 % des intentions de vote. La direction nationale du PS souhaite à tout prix éviter une guerre interne qui éreinterait la base locale dans le cadre d'une campagne d'investiture. Matthieu Rouveyre et Emmanuelle Ajon, elle aussi conseillère municipale et vice-présidente du Département, ont donc été missionnés pour établir un accord avec les écologistes. Les militants locaux l'ont accepté. Les deux camps reconnaissent volontiers qu'il y a des connexions entre leurs idées. Il reste à décider quel serait le degré de "radicalité" d'un programme commun centré sur l'urgence climatique. A droite comme au Modem, c'est l'un des angles d'attaque qui sera priorisé, avec celui de l'âge du capitaine. 'Pierre Hurmic est au conseil municipal depuis 1995, Nicolas Florian depuis 2014. Ce n'est pas franchement du renouvellement avec les écologistes. De plus leur radicalité va faire peur au segment d'électeurs qui va des socialistes aux centristes", juge ainsi un élu influent de la majorité municipale. "Le pouvoir use, le non-pouvoir n'use pas", répond de lui-même Pierre Hurmic. Les socialistes, eux, entendent peser dans le débat. En particulier le mouvement lancé il y a deux ans par Matthieu Rouveyre, baptisé Bordeaux Maintenant, a déjà produit plusieurs documents étoffés sur la mobilité et l'immobilier. Début octobre, 50 pages ont été ajoutées à la pile, dénonçant une attractivité globale bordelaise qui a attiré des entreprises mais n'a pas profité aux chômeurs de la métropole, et réclamant une inflexion de la politique de développement économique. Testée, une liste menée par Pierre Hurmic soutenue par les écologistes et par le Parti socialiste cumulerait 30,5 % des intentions de vote. Dans cette même configuration, Nicolas Florian serait à 32,5 %.

Thomas Cazenave et LREM, une 3e position clé

Investi par La République en Marche, Thomas Cazenave est crédité de 11,5 à 13 % des intentions de vote dans notre sondage La Tribune - Elabe. En troisième position, l'actuel délégué interministériel à la transformation publique auprès du Premier ministre Edouard Philippe est né et a grandi à Bordeaux mais ses divers opposants se sont empressés de lui coller une étiquette de parachuté qu'il combat depuis. Directeur général adjoint de Pôle emploi de 2011 à 2016, cet inspecteur des finances a ensuite rallié le cabinet d'Emmanuel Macron alors ministre de l'Economie, puis a pris le poste de secrétaire général adjoint de l'Elysée sous François Hollande. A Bordeaux, il a tout ou presque à construire. Thomas Cazenave va aussi devoir prouver qu'il se distingue réellement de ce que proposera Nicolas Florian, y compris dans les rangs des sympathisants du président de la République : "Cette liste n'est pas le premier choix des électeurs d'Emmanuel Macron du 1er tour de la présidentielle : 38% (dans les deux hypothèses) d'entre eux se dirigent vers la liste de Nicolas Florian contre 30% / 27% vers la liste LREM. De plus, 19% des électeurs d'Emmanuel Macron expriment l'intention de voter pour la liste écologiste, et jusqu'à 25% d'entre eux dans l'hypothèse d'union EELV/PS", observe Elabe. Distancé pour le moment - un sondage n'est qu'une photographie à l'instant T d'un rapport de force et ne préjuge pas des votes en mars prochain -, Thomas Cazenave peut maintenant choisir de poursuivre, ou rallier Nicolas Florian dans les prochains mois, ce dernier abordant ainsi le premier tour dans une position nettement plus favorable. Ces dernières semaines, il a inlassablement martelé qu'il irait au bout, y compris auprès de la majorité actuelle.

"On a plus de points communs que de différences avec En Marche mais à Bordeaux. Pour l'instant, j'entends de l'incompréhension autour de cette candidature, d'autant plus que Nicolas Florian a pris ses distances avec la direction nationale des Républicains. Il y a une grande porosité intellectuelle et idéologique entre ces deux candidats. Il vaudrait mieux un bon accord avant le premier tour qu'un mauvais au second", assène un élu de la majorité locale.

Pas question pour autant de jeter l'éponge pour les Marcheurs. Les militants estiment qu'il reste du temps pour refaire ce retard. Ils soulignent par ailleurs que le sondage Ifop / Esprit Bordeaux de mai dernier plaçait LREM à 8 %, signe d'une progression, et tablent sur un recul de Nicolas Florian au fil de la campagne. Il faudra sans doute attendre la fin d'année pour y voir plus clair : si les sondages ne s'améliorent pas, les instances nationales de LREM pourrait imposer un ralliement à Nicolas Florian pour éviter tout risque de basculement de la ville bascule à gauche, disent quelques voix à Paris. Mais d'autres échos du terrain, à Bordeaux, expliquent que Thomas Cazenave est déjà allé très loin dans la campagne, trop pour s'en retirer, et qu'il ira au bout.

Vincent Feltesse pour une nouvelle bataille

Vincent Feltesse concentre quant à lui entre 9 et 9,5 % des intentions de vote. Derrière Nicolas Florian, c'est lui qui capitalise sur la meilleure notoriété et la meilleure image auprès des sondés. Aujourd'hui magistrat financier à la Cour des comptes, conseiller municipal d'opposition et conseiller régional, il a présidé la Communauté urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014, avant qu'elle mue en métropole, été élu député entre 2012 à 2014 avant de partir à l'Elysée en tant que conseiller de François Hollande, alors président de la République. Surpris "par l'intensité de la défaite" au premier tour en 2014, avec un maigre 22,58% des voix face à Alain Juppé, il dit avoir tiré des leçons de cet échec et a depuis quitté le Parti socialiste. A la tête d'une liste sans étiquette, Vincent Feltesse prend bien soin d'inscrire sa candidature dans le contexte de la Métropole, qu'il brigue également. Ses premières propositions évoquent un moratoire sur les grandes opérations urbaines et une politique environnementale musclée pour peser sur les comportements des habitants. De quoi imaginer des connexions avec les écologistes ? Peut-être mais pour l'instant, chacun avance de son côté. L'addition arithmétique des trois blocs menés par Pierre Hurmic, Vincent Feltesse et les socialistes serait à 40 % d'intentions de vote, alors qu'un attelage Nicolas Florian - Thomas Cazenave serait à 44 %. A moins que Vincent Feltesse, qui rappelons-le a rompu avec le PS, trouve un accord avec les Marcheurs. Ce n'est pas exclu et cette piste prend même de l'épaisseur ces derniers jours.

Testée également, une liste soutenue par La France Insoumise menée par Loïc Prud'homme récolte 6 % des intentions de vote. Depuis la réalisation de ce sondage, le député de la Gironde a annoncé qu'il ne serait pas candidat. Le flou perdure encore sur les intentions de La France Insoumise à Bordeaux. Le mouvement ne paraît pas vouloir participer à des alliances politiques et pourrait ou présenter un candidat, ou soutenir une personnalité non encartée. Candidat du Rassemblement national, Bruno Paluteau se situe sensiblement au même niveau, entre 5 et 6 % selon les hypothèses testées. Chirurgien-dentiste, l'actuel conseiller municipal de Bègles et conseiller régional a débuté sa campagne dès le mois de juin et ambitionne de dépasser les 10 % au premier tour en mars 2020. Enfin, une liste d'extrême-gauche est évaluée à 3,5 % des intentions de vote selon ce sondage La Tribune - Elabe. Le candidat sans étiquette Pascal Jarty oscille entre 1 et 1,5 %. Figure du monde associatif bordelais, le chef de file de « Servir Bordeaux » a été pendant 30 ans directeur du Centre d'information jeunesse Aquitaine. Deux fois conseiller municipal sous Chaban-Delmas, il a aussi été sur la liste du socialiste Alain Rousset en 2008. Enfin, l'UPR a annoncé présenter un candidat à Bordeaux, Gilles Garçon, le 6 octobre. Donc plusieurs jours après la réalisation de ce sondage qui ne peut donc pas le mentionner.

Le sondage réalisé par Elabe pour La Tribune a également interrogé les Bordelais sur la capacité qu'ils prêtent aux différents candidats à être un bon maire. On relève ainsi que Nicolas Florian se distingue, alors que Pierre Hurmic n'est que 4e.

Diriez-vous que chacune des personnalités suivantes ferait un très bon, assez bon, assez mauvais ou très mauvais maire de Bordeaux ?

Inscrits sur les listes électorales, en % des intentions de vote exprimées

sondage bon maire

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LE ZOOM D'ELABE

Pour le président de l'institut de sondage Elabe, Bernard Sananès, "la désignation d'un successeur par Alain Juppé ne semble pas entraîner de continuité naturelle dans l'esprit des électeurs bordelais. Ce ne sera pas une élection de simple confirmation. L'électorat de droite ne se rabat pas uniquement sur Nicolas Florian", du fait notamment de La République en Marche qui dépasse les 10 %. Autre enseignement : "L'environnement est une vraie préoccupation pour nombre de Bordelais. Aujourd'hui, on mesure une recomposition de l'espace politique de la gauche autour de l'écologie et Pierre Hurmic s'installe comme le principal challenger, malgré une notoriété faible. Ce qui montre que les intentions de vote s'orientent vers la thématique environnementale plus que pour le candidat lui-même." Une situation qui n'est pas spécifique à Bordeaux puisqu'on la retrouve aussi à Montpellier ou à Marseille par exemple. Troisième point relevé par Bernard Sananès : "Le candidat LREM est encore peu connu donc il a des marges de manœuvre, mais il est aujourd'hui loin de reconstituer tout le potentiel électoral vu au premier tour de la présidentielle avec Emmanuel Macron."

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Lire aussi : Municipales 2020 : l'environnement, sujet clé du prochain mandat à Bordeaux

Lire aussi : Municipales : les premières réactions des candidats bordelais

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* Echantillon de 1.022 personnes représentatif des résidents de Bordeaux âgés de 18 ans et plus, dont un sous-échantillon de 805 personnes inscrites sur les listes électorales de Bordeaux.
Constitution de l'échantillon : la représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et quartier de résidence de l'interviewé.
Mode de recueil et dates de terrain : interrogation par téléphone du 24 au 29 septembre 2019.
Elabe rappelle que les résultats de ce sondage doivent être interprétés comme une indication significative de l'état du rapport de force politique actuel à Bordeaux dans la perspective des élections municipales de 2020. Ils ne constituent en aucun cas un élément prédictif des résultats le jour du vote. La notice de ce sondage peut être consultée sur www.commission-des-sondages.fr

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Commentaires
a écrit le 09/10/2019 à 11:35 :
pour LREM est également en marche à Paris, Lyon et Marseille...

Presque à chaque fois c'est LREM qui s'est piégée en se mettant inutilement à dos les bonnes volontés et partenaires possibles en ayant un comportement arrogant et vexant...

Ces gros QI auto-proclamés ont le QE d'une palourde.
Réponse de le 09/10/2019 à 14:56 :
Je vote en marche car quand tu vois le désastre des précédents qui siègent depuis 30 ans et que se moque du monde non merci
En marche est victime des conneries des autres
Réponse de le 09/10/2019 à 17:30 :
le déclin de la France serait il en marche ? pour en faire une élection politisée !!voir le monde agricole sacrifié

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