Métro : Bordeaux Métropole enterre le projet

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Le projet de métro passait notamment par la place de la Victoire
Le projet de métro passait notamment par la place de la Victoire (Crédits : @GraffikDesigner)
Le Bureau de Bordeaux Métropole a mis un terme ce jeudi après-midi au projet de réalisation d'un métro à Bordeaux, le jugeant réalisable mais "peu compatible" avec ses contraintes financières. Une somme d'1,4 milliard était évoquée pour sa concrétisation.

"Après discussions, le Bureau n'entend pas poursuivre par une phase d'analyse plus approfondie l'étude exploratoire réalisée lors du 1er semestre 2019 ayant pour but de répondre aux interrogations sur la pertinence d'un projet de métro pour la Métropole. Les principaux résultats et enseignements de cette étude sont les suivants : la réalisation d'un métro à Bordeaux est techniquement possible et devrait présenter un bilan socio-économique positif selon le choix du tracé à savoir en reliant les plus importants lieux de déplacements de la Métropole (Aréna, gare Saint-Jean, Victoire, Mériadeck, parc des expositions....  Cependant, le financement de ce projet est peu compatible avec les contraintes financières de la Métropole et l'impact de la phase chantier tant sur la vie quotidienne que sur la circulation serait très élevé." Par ces quelques lignes, le Bureau de Bordeaux Métropole, réuni ce jeudi après-midi, a mis un terme au projet de métro à Bordeaux.

L'étude de faisabilité avait été lancée par Bordeaux Métropole au printemps dernier. Le document de 137 pages était arrivé sur le bureau du président Patrick Bobet fin août. Ce dernier avait jugé le projet "réalisable, pertinent et efficace" mais aussi potentiellement très rentable. Deux points noirs avaient toutefois été identifiés pour cet équipement dont la réalisation aurait nécessité une bonne douzaine d'années : le coût de l'infrastructure évalué entre un milliard et 1,4 milliard d'euros en fonction des options retenues, et l'impact de travaux nécessitant une emprise colossale pour créer chaque station. Malgré la facture pressentie, tant Patrick Bobet que Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports, semblaient plutôt favorables à une avancée du dossier. "On voit bien aujourd'hui que les sujets de la congestion et de la mobilité sont au cœur des débats et occuperont une place centrale dans la campagne électorale. On est aujourd'hui à la croisée des chemins : on arrive au bout du tramway, le RER métropolitain apportera une vraie bouffée d'oxygène mais que ferons-nous ensuite ? Il faut poser les jalons de la mobilité à l'horizon 2030 et le métro est probablement l'une des solutions", expliquait ainsi Christophe Duprat au début du mois.

Refusant d'adopter une "position définitive" sur le sujet, le maire de Bordeaux Nicolas Florian avait en revanche fait part de ses doutes. "Je m'interroge sur plusieurs points : est-ce que ce réseau souterrain pourra être complémentaire du réseau existant de surface ? Est-ce que le coût du projet ne risque pas d'obérer nos capacités d'investissement sur les autres sujets liés à la mobilité, sachant que quand on annonce un coût de 1,4 Md€, on termine au mieux autour de 2 Md€ ! Enfin, l'enjeu prioritaire aujourd'hui est d'avoir un réseau circulaire entre les boulevards et la rocade parce que c'est là que ça coince. Si le métro répond à cet enjeu aux cotés ou à la place du RER métropolitain, pourquoi pas...Il faut en discuter, c'est certain parce qu'en 2030 le réseau actuel sera saturé avec la croissance démographique et l'usage croissant des transports en commun au détriment de la voiture. Il faut donc anticiper !", avançait-il lors du dernier Petit Déjeuner de La Tribune. En choisissant de ne pas poursuivre plus avant, le Bureau de la Métropole a tranché. Les mobilités de 2030 restent à inventer.

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