Craignant une "journée apocalyptique", Nicolas Florian appelle à une "ville morte" samedi à Bordeaux

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Nicolas Florian, maire de Bordeaux, craint une journée qui peut être apocalyptique samedi 30 mars
Nicolas Florian, maire de Bordeaux, craint "une journée qui peut être apocalyptique" samedi 30 mars (Crédits : Agence Appa)
Redoutant "des scènes d'extrême violence" en marge du défilé des Gilets jaunes samedi 30 mars, à la lumière des dernières informations faisant état de centaines de casseurs annoncés à Bordeaux, le maire de la ville Nicolas Florian appelle à une journée "ville morte", incite les habitants à rester chez eux et les commerçants à fermer leurs boutiques.

Les effectifs de police ont reçu des renforts demandés par la préfète déléguée pour la défense et la sécurité, Valérie Hatsch, mais les services de la préfecture comme la municipalité craignent vivement les exactions qui pourraient se produire samedi 30 mars pour la 20e journée de mobilisation des Gilets jaunes. La préfecture de Gironde évoque ainsi "une volonté manifeste de certains groupes, violents et très déterminés, de provoquer d'importants troubles à l'ordre public et des dégradations" ainsi que de se confronter aux forces de l'ordre. Interrogé en marque de la journée de restitution Bordeaux Métropole 2050, le maire de Bordeaux a livré le message suivant :

"J'ai eu de nombreux échanges avec la préfecture (...), c'est une journée qui peut être apocalyptique. On nous annonce des centaines de personnes qui viendraient pour détruire, incendier, donc moi je m'inquiète beaucoup pour la situation de la ville demain et j'appelle carrément à une ville morte à Bordeaux. Car si c'est ce vers quoi on veut nous emmener, je veux anticiper les choses, je conseille aux commerçants de fermer leurs commerces, de baisser leurs rideaux, et j'appelle tous mes concitoyens, Bordelaises et Bordelais, tous ceux qui nous rendent visite, à rester chez eux. A rester chez eux ! J'ai bien conscience que ça dramatise sans doute la situation mais je préfère prévenir, alerter, et il faut que ça s'arrête. Car si ce sont des milliers de personnes qui viennent pour dévaster la ville, je n'ai pas envie d'avoir des drames humains derrière des drames matériels. S'il s'agit de casser quelques poubelles on a l'habitude, s'il s'agit de se retrouver avec des drames humains c'est intolérable. J'appelle tous mes concitoyens à ne pas venir dans le centre-ville samedi, tous les commerçants à la plus grande vigilance, pour ceux qui le peuvent de protéger leurs commerces, d'abord ça permettra aux forces de police de faire leur travail dans de bonnes conditions sans qu'il y ait de risques de dommages collatéraux, et c'est aussi un message que je veux adresser à toutes celles et ceux qui viennent pour détruire, incendier, blesser : ils ne trouveront pas sur leur chemin de quoi commettre leurs actes. (...) Par ailleurs pour les Gilets jaunes dits de « bonne foi », je leur propose un lieu de rassemblement, des tentes, une sonorisation pour qu'ils puissent s'exprimer, mais qu'ils prennent bien conscience maintenant de leur responsabilité. Parce que s'il n'y a pas de défilé des Gilets jaunes dans les rues de nos villes, il n'y aura pas de casseurs, il n'y aura pas de black blocs. Donc qu'ils fassent bien attention aussi à leur responsabilité. Je pense qu'aujourd'hui tout ça doit s'arrêter, on est épuisé, on est à bout, qu'ils trouvent d'autres moyens d'exprimer leur colère plutôt que d'incendier nos centres-villes et de permettre à des esprits malveillants, de mauvaises personnes, de venir commettre des actes dramatiques."

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Commentaires
a écrit le 30/03/2019 à 12:34 :
C'est pourtant pas compliqué de maintenir l'ordre face aux "casseurs" qui défient la démocratie, la République, ennemis de l'ordre et d'un État de droit duquel il ne manqueront pourtant pas de se prévaloir s'ils leur arrive des "bricoles".
Manifester, voire faire la Révolution, c'est prendre des risques, dans ce cas, faut assumer.
Pour les extrêmistes, c'est la conscience de pouvoir y laisser la vie. Au delà d'un certain seuil de violence, force doit rester à la loi, à celle qui protège les citoyens, c'est-à-dire la loi qui est respectée par 99.8 % de la population.
Les GJ s'ils ne sont pas responsables de la situation actuelle dont désormais face à leur responsabilités et potentiellement complices des casseurs.
Hélas, je ne crois pas que sans un drame, la situation ne puisse décanter rapidement.
Elle pourrait aussi empirer, on passerai de manifestations à émeutes (on en est d'ailleurs pas loin) et là tout est possible face à des extrêmistes qu'il faut désormais éradiquer rapidement.
Facho moi? Non réaliste !
a écrit le 30/03/2019 à 9:23 :
Combien de temps encore avant que des désespérés ou excédés ne tirent dans la foule, ne se constituent en milices avec tous les dérapages qu'on peut imaginer ? Il faut arrêter de nous faire sangloter sur le sort de ces inconscients qui bravent les forces de l'ordre, refusent d'évacuer les lieux interdits à la manifestation, ramassent stupidement des grenades lacrymogènes, se plaignent d'être bousculés par les forces de l'ordre quand elles chargent et qui n'assument pas leurs responsabilités. Si on était aux Etats-Unis, le "boxeur" n'aurait pas été filmé sur toute la passerelle au-dessus de la Seine par des médias complaisants et sous les encouragements de la foule : il aurait été très vite abattu par un policier. Et d'autres forcenés avec lui. La France est un Etat démocratique, une République sociale, un pays où l'assistance et la redistribution sont plus développées qu'ailleurs. Arrêtons le gauchisme avant qu'il ne détruise notre contrat social.
Réponse de le 30/03/2019 à 21:52 :
Les USA sont l'archétype d'une société ou les désespérés, les excédés se constituent en milice et "dérapent", presque chaque jour.

Les policiers y ont la gâchette facile ce qui n'empêche pas non plus que des émeutes éclatent régulièrement.

Autre point, aux USA il serait impossible pour une autorité d'interdire les manifestations des GJ. La liberté de parole est garantie par la constitution et elle est quasi totale alors qu'elle est de plus en plus réduite en France.

Ce qui veut dire que les USA ne sont pas un bon exemple de comparaison.
Il vaudrait mieux s'inspirer de ce qui se fait chez nos voisins en matière de maintien de l'ordre, et qui ont des problèmes identiques de malaise social et de black blocs.
a écrit le 30/03/2019 à 7:18 :
Enfin un élu qui parle vrai. Bravo et bonne chance Bordeaux.
Ceci étant, je pense sincèrement qu'il faudra se résoudre à employer d'autres armes, oui des armes qui blessent et qui tuent car ce qui se passe c'est la guerre. Des personnes se regroupent pour détruire des biens publics, pour détruire et piller des biens privés, pour mettre le feu et pour blesser ou tuer d'autres personnes chargées du maintien de l'ordre et de la sécurité. Et avec la complaisance, voire la complicité de personnes qui croient que ce chaos va leur permettre de faire triompher leur demande de justice sociale et d'assistanat public.
Réponse de le 30/03/2019 à 20:55 :
On voit que vous ne savez pas ce que c'est que la guerre civile, sinon vous n'écririez pas ces idioties.

Par contre assassiner des gens pour sauver l'ISF serait un bon point de départ pour en déclencher une.

Faire condamner des milliers de personnes pour des raisons plus politiques que criminelles est également un excellent booster pour fabriquer des extrémistes.

Macron joue aux apprentis sorciers en faisant massacrer des vieilles dames , en mentant et en plus en les taxant d'irresponsabilité.
a écrit le 29/03/2019 à 19:20 :
Voilà le résultat quand on a pas d'autre moyen de s'exprimer que la rue et ses conséquences, seul le R.I.C. et les contrôles de nos représentants par la base, nous sortirons de l'ornière!
a écrit le 29/03/2019 à 16:52 :
Qu'attendent les commerçants et les habitants pour organiser la riposte.
a écrit le 29/03/2019 à 16:14 :
Certains continuent d'être dans le déni de la réalité. Ils n'ont pas compris que sous couvert de gilets jaunes, la démocratie française (la liberté d'aller et de venir, d'exprimer pacifiquement ses opinions, de débattre dans le respect des opinions..) est mise en danger de mort! Quand pour protéger ses concitoyens, on en vient à proclamer de facto l’État de siège, ça signifie que, demain, face au populisme triomphant de la violence urbaine, la démocratie se meurt! Oui, de toute urgence, il faut suspendre provisoirement le droit de manifester pour tout groupement non soumis à la loi 1901 sur les associations. Car elles seules, dont les syndicats et partis, ont une responsabilité civile et pénale.
Réponse de le 30/03/2019 à 21:02 :
Devoir en arriver à l'état de siège ou à la violence policière programmée est tout simplement un aveu d'incompétence.

Tous les présidents de la république ont eu à gérer des manifestations d'opposants politiques et des casseurs. Seul Macron en est réduit à recourir aux mesures d"urgence conçues pour des situations de terrorisme ultime, et en plus ça ne marche pas.

J'aime à citer Asimov " La violence est le dernier refuge de l'incompétence".
a écrit le 29/03/2019 à 15:47 :
"Parce que s'il n'y a pas de défilé des Gilets jaunes dans les rues de nos villes, il n'y aura pas de casseurs, il n'y aura pas de black blocs"

Il n'y a pas de BB sinon Bordeaux aurait brulé depuis longtemps hein, peut-être des gars qui s'entrainent par contre là c'est pas impossible...
a écrit le 29/03/2019 à 15:35 :
Donc parce qu'il n'arrive pas à venir à bout des manifs des gilets jaunes, le premier édile entend imposer un couvre feu, faire baisser les rideaux devant les magasins et même confiner la population chez elle. Si ça doit durer encore 4 mois, les commerçants vont adorer.

En attendant le retour des ausweiss, tant de sens de la nuance et de la mesure laisse pantois. Je pense qu'on a là, un excellent candidat pour faire perdre à la droite la ville en 2020.

On comprend mieux pourquoi Juppé a mis les bouts dès qu'il a pu. Ma ville est en désordre, et mon second est un c....
Réponse de le 30/03/2019 à 2:31 :
Ce dauphin, "place" par le vieux voyou canadien n'a pas la capacite de gerer une telle cite.
Les bordelais seraient-ils eux aussi incapables de voter correctement ?

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