Intelligence artificielle : la Nouvelle-Aquitaine confirme qu'elle est à l'avant-garde

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Les robots de Rhoban sont des géants d'intelligence artificielle et mécanique.
Les robots de Rhoban sont des géants d'intelligence artificielle et mécanique. (Crédits : Stefan Hoyer)
Qu'il s'agisse d'intelligence artificielle au sens le plus profond ou de son développement au sein de la robotique, la Nouvelle-Aquitaine va continuer à briller dans le domaine en 2020. En plus de la Robocup, un événement planétaire programmé en juin et du Robot Maker's Day, du 2 au 4 avril, avec sa Robocup Junior dédiée aux collégiens et lycéens, Bordeaux Métropole, où a eu lieu un procès de l'IA fin 2019, va être le théâtre de la création du festival Hypermondes, dédié aux univers imaginaires et à la robotique.

Le festival Hypermondes sera créé cette année à Mérignac (Gironde/Bordeaux Métropole) et prend la suite de « Scandale à la Macropole », une monumentale expérimentation théâtrale centrée sur l'intelligence artificielle réalisée fin 2019 à l'hôtel de région de Nouvelle-Aquitaine.

"Nous avons programmé Hypermondes du 19 au 21 juin, juste avant le démarrage de la Robocup, qui se tient à Bordeaux du 23 au 29 juin, et dont nous connaissons très bien les organisateurs. Ce festival est d'ailleurs un événement que nous organisons avec eux, c'est aussi pourquoi pour cette première édition d'Hypermondes nous allons mettre les robots en avant. Hypermondes est dédié aux mondes de l'imaginaire, en particulier la science-fiction et le fantastique, via les romans, la BD, les sciences, le cinéma ou encore les jeux vidéo. L'idée étant de faire dialoguer la fiction, avec des artistes, et la réalité, avec des scientifiques, en impliquant le grand public", éclaire l'universitaire Marie Coris.

Quand le président de la Macropole n'y arrive plus

Cette enseignante-chercheuse en économie de l'Université de Bordeaux, rattachée au Groupe de recherche en économie théorique et appliquée (Gretha) est d'autant plus impliquée qu'elle préside aussi le collectif « Tous en sciences », partenaire du festival Hypermondes, après avoir été engagé dans « Scandale à la Macropole », créé par l'Université de Bordeaux. Cette pièce d'une durée de 3 heures 30, portée par la troupe de Primesautier Théâtre, est une création qui a permis de faire un tour quasi complet de toutes les questions que l'on se pose sur l'intelligence artificielle (IA). Ceci par le biais d'un procès où, pour faire court, une IA est accusée d'avoir usurpé l'esprit de Martin Nasmushe, président de la Macropole (Métropole du futur), pour gouverner à sa place.

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Disruption qui est plutôt le fruit du dévouement que du machiavélisme puisque c'est Marguerite Faustus, l'assistante dévouée de feu Martin Nasmushe, décédé brutalement, qui a activé l'IA en lieu et place de son patron pour sauver la gouvernance de la Macropole. Le pot au rose est découvert lorsqu'en plein discours électoral pour sa réélection Martin Nasmushe se met à boguer en direct à la télévision, débitant des séries de 0 et de 1 en guise de programme.

La séquence où le candidat à l'élection de la présidence de Bordeaux Macropole montre qu'il n'est plus vraiment lui-même.

Ce procès théâtral a été l'occasion de convoquer à la barre une pléiade de chercheurs de l'Université de Bordeaux, de l'Université Michel de Montaigne et de l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique), qui sont venus donner leur analyse sur la réalité de l'IA. Représentants aussi bien la philosophie que la physique, la biologie, la neurologie, la littérature ou encore les sciences cognitives ils ont permis d'éclairer ce sujet complexe sous toutes les coutures, dans un cadre décalé.

Un scandale financé par l'Idex Bordeaux

"Tous en sciences a été créé dans le droit fil de la Marche pour la science, de 2017, à la suite de l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche, et pour faire face aux climatosceptiques. Mobilisation qui a été tout d'abord à l'origine de l'organisation de la Marche pour le climat de 2018. Mais finalement cette marche a intéressé peu de villes en France, à part Bordeaux. Certaines forces idéologiques font le procès de la science d'où la décision de répondre à l'appel à projets de l'Idex (Initiative d'excellence) Bordeaux dans le cadre du programme Arts et Sciences, qui ouvre sur une collaboration entre chercheurs et artistes. C'est ainsi que nous en sommes venus à la conclusion qu'il était important d'organiser le procès de l'IA. Dans une optique de rapprochement de la science du grand public, pour lutter contre les fausses nouvelles, etc.", déroule pour La Tribune Marie Coris.

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Dans ce procès, qui se finit par un jugement, Marguerite Faustus, qui figure l'IA, a été reconnue non coupable et acquittée par le "jury populaire" pour avoir provoquer le bug électoral stressant qui a permis de découvrir que Martin Nasmushe n'était plus le même. Le public a par contre refusé que l'IA soit autorisée à continuer à gouverner la Macropole malgré les imperfections des dirigeants humains.

Le procès de "Scandale à la Macropole", où même le président de la Région Nouvelle-Aquitaine est intervenu pour observer "je rappelle que ce sont les être humains qui font parfois usurpation d'intelligence..."

40.000 visiteurs à la 24e édition de la Robocup

"Nous avons situé cette histoire en 2050 car c'est la date retenue par les Transhumanistes pour la prise du pouvoir par l'intelligence artificielle, où elle deviendra supérieure à l'intelligence humaine. D'où le procès de cette IA incorporée dans un humain, qui pose un problème puisque depuis qu'elle gouverne tout va bien", rembobine Marie Coris.

Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'annoncer, la tenue en 2020 de la 24e édition de la Robocup, au Parc des expositions à Bordeaux, plus grande compétition de robotique et d'intelligence artificielle au monde, est un événement majeur sur lequel nous reviendrons qui couronne le travail des équipes de recherche bordelaise dans ce domaine de pointe. Une manifestation qui va rassembler 3.500 visiteurs et près de 40.000 participants ! Avec quatre titres de champions du monde dans leur catégorie, grâce à la désormais mythique équipe Rhoban, les Bordelais se sont fait un nom sur tous les campus de la planète, avec le soutien de l'Université de Bordeaux, de la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole et du Rectorat de Bordeaux.

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Près de 1.000 juniors pour le Robot Maker's Day d'avril

Une réussite qui, additionnée au volontarisme de la Région comme du Rectorat, transforme les chercheurs de Rhoban en une force d'avant-garde qui ouvre désormais la voie aux futurs talents. C'est ainsi que depuis 2014 les élèves girondins, des écoles maternelles jusqu'aux lycées en passant par les collèges et les primaires, sont mobilisés chaque année par le Festival Nouvelle-Aquitaine de la Robotique, baptisé « Robot Maker's Day » (le jour des fabricants de robots), organisé avec le concours du Rectorat de Bordeaux.

La prochaine édition aura lieu les 2, 3 et 4 avril prochains sur le campus universitaire de Talence, dans deux grandes écoles d'ingénieurs. L'an dernier 160 équipes, dont 140 issues des collèges, se sont notamment affrontées pour la Robocup Junior, faisant déferler pendant trois jours 800 élèves du primaire et du secondaire dans les locaux de deux écoles d'ingénieurs : l'Ensam (Ecole nationale supérieure des arts et métiers) et l'Enseirb-Matmeca (Ecole nationale supérieure d'électronique, informatique, télécommunications, mathématiques et mécanique de Bordeaux), qui ne sont éloignées que de quelques centaines de mètres.

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