Robocup : les Français de Rhoban champions du monde pour la 4e fois avant l'édition 2020 à Bordeaux

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L'équipe bordelaise Rhoban (à gauche) après sa victoire en finale face à une équipe chinoise
L'équipe bordelaise Rhoban (à gauche) après sa victoire en finale face à une équipe chinoise (Crédits : Jean-François Laplume)
Les équipes françaises engagées dans l'édition 2019 de la Robocup ont particulièrement bien figuré. La compétition, souvent résumée à une « coupe du monde des robots », est en fait un rendez-vous annuel permettant de stimuler la recherche dans plusieurs disciplines dont la robotique et l'intelligence artificielle, et se sensibiliser les plus jeunes. L'équipe bordelaise Rhoban et ses "robots footballeurs" ont été couronnés pour la 4e fois consécutive dans leur catégorie. Une manière idéale de préparer la Robocup de juin 2020, qui aura lieu... à Bordeaux, justement.

Construire des robots qui tapent dans un ballon a-t-il une utilité ? Les participants à la Robocup en sont persuadés. Née en 1996, l'événement, qui est aujourd'hui la plus grande compétition de robotique et d'intelligence artificielle au monde, est un peu plus complexe que cela. Le défi initial paraissait un peu fou : réussir à créer avant 2050 une équipe de robots totalement autonomes capables de battre l'équipe humaine championne du monde de football. La compétition poursuit en réalité deux autres objectifs plus structurants : stimuler la filière robotique et plus globalement la recherche, tout en suscitant des vocations chez les plus jeunes. Chaque année, elle se tient dans un coin différent du globe et a élargi progressivement son spectre, mettant aux prises des robots footballeurs humanoïdes ou non, mais aussi d'autres "ligues" : sauvetage lors de simulation de catastrophes, logistique dans l'industrie, aide à la personne et assistance domestique. Autant de compétitions qui mobilisent les disciplines de la robotique, de l'informatique, de l'électronique, de la mécanique, de l'internet des objets... 3.500 participants, 3.000 robots, 45 pays représentés et 40.000 visiteurs : annuellement, la Robocup empile les chiffres. "Il y a 25 ans, c'est le jeu d'échecs qui était mis en avant, posant des problématiques statiques et théoriques. IBM a réussi en 1997, avec Deep Blue, à battre la légende du jeu Garry Kasparov. Nous nous sommes dit que si nous arrivions à faire évoluer de manière autonome des robots derrière une balle qui bouge tout le temps, dans un univers physique et avec un adversaire qui cherche à l'empêcher de marquer, alors nous serions en capacité d'être pertinent en entreprise, au domicile du public...", expliquait Dominique Duhaut, cofondateur de la Robocup et sommité mondiale de la discipline, dans nos colonnes il y a quelques mois. Au-delà, il s'agit aussi de sensibiliser le grand public, et particulièrement les jeunes amenés à s'en emparer à l'avenir.

Lire aussi : Pourquoi la Robocup 2020 est stratégique pour la robotique française

Les Bordelais champions pour la 4e fois consécutive

En attendant 2020 qui aura pour théâtre Bordeaux, l'édition 2019 vient de s'achever en Australie. Sidney a accueilli pendant quatre jours les différentes compétitions. Sur les terrains de 6 mètres par 9, les équipiers autonomes de l'équipe bordelaise Rhoban l'ont emporté pour la 4e fois consécutive dans la catégorie "kid size", réservée aux robots faisant entre 40 et 90 cm. Rhoban est l'équipe française, menée par son chef de file Olivier Ly, issue du LaBRI (Laboratoire bordelais de recherche en informatique - Université de Bordeaux).

"Bien sûr, cette quatrième "étoile" de Rhoban est extraordinaire mais les performances de toutes les autres équipes françaises engagées (6 équipes major + 8 équipes junior, composées d'adolescents, NDLR) sont beaucoup plus qu'encourageantes pour la pérennité de ce mouvement engagé avec le projet de candidature porté il y a quatre ans maintenant par Bordeaux dans le but d'accueillir la compétition en 2020. Le palmarès ne rend compte que d'une partie seulement de la richesse des échanges et rencontres que toutes les équipes ont vécues. Une grande partie du Comité d'organisation de RoboCup 2020 s'était déplacée pour y rencontrer les homologues australiens et en revient très enthousiaste, un enthousiasme renforcé par le niveau de coopération des organisateurs australiens", réagit le Bordelais Jean-François Laplume, délégué Robocup France à la Fédération française de robotique.

"Il y avait beaucoup plus d'équipes françaises que les autres années. Compte tenu de la distance et du coût du voyage, c'est une très bonne chose", confirme Agnès Passault, dirigeante de la société Aquitem et dont l'idée lancée en l'air sur Twitter d'accueillir à Bordeaux l'événement a fait boule de neige... "C'est l'un des objectifs d'accueillir la Robocup à Bordeaux : développer la communauté robotique en France et notamment les équipes juniors. L'édition 2020 à Bordeaux se prépare bien. La délégation française a profité de cette édition pour regarder ce qui marchait bien et les pistes d'amélioration. Au-delà des aspects techniques et logistiques de l'organisation, les sujets à travailler sont : avoir les bons partenaires et sponsors, faire venir du public et bien travailler la médiation pour que ça ne reste pas seulement un évènement restreint à la communauté scientifique. Il reste donc beaucoup de travail pour les organisateurs lors de l'année à venir."

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