La France et Bordeaux décrochent l'accueil de la Robocup en 2020

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La Robocup met aux prises des équipes venues du monde entier
La Robocup met aux prises des équipes venues du monde entier (Crédits : Bart van Overbeeke Fotografie)
La candidature française a été retenue, ce lundi à Montréal, pour l'accueil de la Robocup en 2020. Bordeaux accueillera donc la plus grande compétition de robotique et d'intelligence artificielle au monde. Plus de 40.000 visiteurs seront attendus lors d'un événement qui a aussi pour objectif de stimuler la filière robotique française et de susciter des vocations chez les plus jeunes.

On ne sait pas ce qu'il adviendra de l'équipe de France engagée en ce moment dans le Mondial en Russie. Mais les robots footeux français ont en tout cas remporté une belle victoire à Montréal, théâtre de la Robocup 2018. Quoi qu'il se passe pour les équipes françaises engagées dans les compétitions, l'essentiel est qu'elles reviendront en France dans quelques jours avec le ticket d'organisation de l'événement en France en 2020.

Née en 1996, la Robocup s'est progressivement ancrée comme un rendez-vous drainant chaque année 450 équipes venus de 45 pays, 3.500 participants, 40.000 visiteurs, et générant selon les années entre 7 et 15 millions d'euros de retombées en six jours. Le défi initial paraissait un peu fou : réussir à créer avant 2050 une équipe de robots totalement autonomes capables de battre l'équipe humaine championne du monde de football. Chaque année, la compétition choisit un nouveau théâtre. Mettant aux prises des équipes de robots footballeurs, humanoïdes ou non, sur des terrains de dimension réduite, la Robocup a progressivement élargi son spectre avec de nouvelles "ligues" abordant d'autres dimensions de la robotique : sauvetage lors de catastrophes, logistique dans l'industrie, aide à la personne et assistance domestique. Chacune oppose des engins autonomes, donc évoluant sans aucune intervention humaine, conçus à partir des recherches menées partout sur le globe dans les domaines de la robotique, de la mécatronique, de l'informatique, de l'électronique, de la mécanique, de l'internet des objets, de l'intelligence artificielle...

Bordeaux, le fer de lance

Depuis plusieurs années maintenant, les compétences françaises et plus particulièrement bordelaises font autorité dès que l'on parle de Robocup. L'équipe Rhoban, dont le chef de file est Olivier Ly, maître de conférences au Laboratoire bordelais de recherche en informatique, le Labri (Université de Bordeaux - CNRS - Bordeaux INP), est double championne du monde de football dans la ligue robots humanoïdes (catégorie kid size). Lorsque s'est posée la question d'accueillir en France les compétitions en 2020, les Bordelais ont donc enfilé le bleu de chauffe. Avec succès, donc, puisque la candidature française a été retenue au grand plaisir de la délégation française, dans laquelle on trouve entre autres Olivier Ly, bien sûr, mais aussi Jean-François Laplume, membre du comité d'organisation, Alain Turby, maire de Carbon-Blanc et conseiller métropolitain, ou encore Agnès Passault, patronne d'Aliénor - Aquitem. L'Université de Bordeaux, la Métropole, le Conseil régional, Bordeaux INP, le cluster Aquitaine Robotics, le rectorat de Bordeaux, la Fédération française de robotique... ont poussé derrière la mêlée dirigée par Dominique Duhault, président du comité d'organisation.

Ce jalon franchi, le chantier n'est pas terminé, loin de là. La France doit maintenant réussir à faire émerger des équipes susceptibles de participer en plus grand nombre, y compris dans les catégories jeunes. En filigrane, l'idée est autant de stimuler la robotique française et ses disciplines voisines, que de susciter des vocations. "L'objectif est de lever ensemble des freins technologiques. Il faut sortir de l'image futile des robots qui avancent derrière un ballon : c'est une compétition scientifique et technique avant tout avec des solutions les moins chères possibles et un champ applicatif très vaste", expliquait à La Tribune Jean-François Laplume en début d'année.

Lire aussi : Pourquoi la Robocup 2020 est stratégique pour la robotique française

Un peu plus tard en début de soirée, les réactions politiques ont commencé à arriver. "Cet évènement, au-delà de l'aspect ludique et sportif, se trouve être le reflet de l'action menée par la Région sur les trois piliers que sont la formation, la recherche, et l'innovation. La robotique, qui recouvre les sujets de recherche et d'innovation que sont l'informatique, la mécatronique, les interactions homme-machine, l'intelligence artificielle et bien d'autres, fait partie des priorités régionales sur lesquelles portent nos efforts pour accentuer le développement économique de notre territoire", explique Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine. "La métropole de Bordeaux est profondément fière de devenir la capitale mondiale des robots et de l'intelligence artificielle en 2020 ! Nous connaissons le potentiel énorme de cet événement pour la France et notre territoire, en particulier pour nos jeunes", ajoute Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole. "Aujourd'hui, le défi de la robotique est de sortir des laboratoires pour développer pleinement son potentiel dans différents secteurs. Bordeaux Robocup 2020 est l'occasion de mettre en lumière la robotique française et de la ramener dans cet effort de mutualisation de la recherche internationale que représente cette compétition. Accueillir une telle manifestation rassemblant chercheurs et étudiants, représente une opportunité exceptionnelle sur laquelle il convient de capitaliser au maximum", complète Manuel Tunon de Lara, président de l'Université de Bordeaux.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2018 à 8:44 :
Une initiative intelligente, dommage que l'oligarchie aie préféré Macron à Juppé, franchement.

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