Aéroport de Bordeaux : feu vert pour le plan stratégique de 169 M€

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Pour la première fois, le conseil de surveillance de l'aéroport a fléché 20 % de ses investissements vers le développement durable.
Pour la première fois, le conseil de surveillance de l'aéroport a fléché 20 % de ses investissements vers le développement durable. (Crédits : Aéroport de Bordeaux Mérignac)
Le comité de surveillance de l'aéroport de Bordeaux Mérignac a voté son plan d'orientation stratégique 2019-2023 qui prévoit d'investir 169 M€ dans la rénovation et l'agrandissement des infrastructures et parkings existants pour accompagner la hausse du trafic. Pour la première fois, 30 M€ sont fléchés vers le développement durable pour atteindre en 2030 la neutralité carbone de la plateforme aéroportuaire mais pas des avions qui l'utilisent.

"Offrir aux territoires une desserte aérienne adaptée et optimisée, en visant la réduction des nuisances et émissions des gaz à effet de serre et l'innovation". Cet objectif, fixé par le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires et repris à son compte par l'Aéroport de Bordeaux Mérignac, est une gageure pour cette plateforme aéroportuaire dont le trafic explose ces dernières années. Avec 6,8 millions de passagers en 2018, Bordeaux Mérignac affiche un trafic en hausse de 9 % et ne cesse d'accroître le nombre de dessertes, pour atteindre plus d'une centaine de destinations desservies tout au long de l'année quasi-exclusivement en Europe. La tendance 2019 est de +10 % et la barre des 10 millions de passagers devrait être atteinte dès 2023, démultipliant ainsi mécaniquement kilomètres parcourus et émissions polluantes.

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Devenir un "aéroport décarboné"

A défaut d'avoir la main sur la consommation de kérosène des avions qui font vivre l'aéroport et sans renoncer à ses projets d'extension, le conseil de surveillance a néanmoins acté, le 17 décembre dernier, une inflexion de son activité pour tendre vers une exploitation qualifiée "d'éco-responsable". Objectif : atteindre la neutralité carbone avant 2030. Pour y arriver, l'aéroport va flécher vers des dépenses de développement durable jusqu'à 20 % du plan d'orientation stratégique 2019-2023 d'un montant de 169 M€, soit une grosse trentaine de millions d'euros sur cinq ans.

"Il ne s'agit en aucun cas de se replier ni de brider la croissance de l'aéroport mais il était indispensable d'acter un changement de paradigme environnemental avec cet objectif d'aéroport décarboné", considère Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde qui détient 25 % du capital de l'aéroport. "Avec l'Etat et les collectivités, nous avons mis la pression sur l'aéroport pour obtenir ce plan ambitieux mais réaliste et nous y avons ajouté une clause de revoyure deux fois par an pour évaluer concrètement ses avancées ainsi que l'intervention d'un cabinet indépendant."

C'est l'organisme Airport carbon accreditation qui sera ainsi chargé d'évaluer et, le cas échéant, de certifier en 2023 l'action de réduction des gaz à effet de serre déployée par l'aéroport girondin.

Nuisances sonores et consommation énergétique

Toute l'exploitation de la plateforme aéroportuaire va donc être retouchée pour réduire la consommation d'énergie. "L'aéroport s'engage à réduire ses émissions de GES et de polluants atmosphériques de 37 % d'ici 2023", précise le conseil de surveillance qui entend également mieux prévenir les risques de pollutions diffuses et accidentelles des sols et des eaux. Les nuisances sonores sont aussi dans le viseur avec une révision du plan d'exposition au bruit (PEB) et du plan de gêne sonore (PGS) et un travail sur les vols nocturnes. Des panneaux solaires seront installés, le parc de véhicules de l'aéroport sera basculé en motorisation électrique ou hybride d'ici 2023 tandis qu'un timide objectif de réduction de 10 % du volume de déchets et de consommation d'eau potable par passager est fixé d'ici à 2023. Enfin, une étude de biodiversité sera lancée dès 2020.

De quoi constituer un faisceau d'ajustements et de mesures parfois quasi-cosmétiques sans retoucher au cœur du modèle de l'aéroport qui vise à accueillir toujours plus d'avions et de passagers. Et de ce côté là les projets ne manquent pas avec de nombreuses infrastructures en construction qui doivent accroître de 2.200 m2 les surfaces d'attente et de commerces :

  • une nouvelle jetée Satellite 3 dans le hall A au printemps 2020,
  • l'augmentation de capacité du terminal Billi courant 2021,
  • la jonction des halls A et B début 2024,
  • un nouveau parking en silo.

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Commentaires
a écrit le 23/12/2019 à 13:55 :
Business as usual. C’est pas comme si le monde croulait sous les émissions de CO2 !
On sait que ce genre de politique conduit au désastre pour tous mais on continue. Un jour il conviendra de juger les décideurs de ces choix mortifères, comme ils le méritent
a écrit le 20/12/2019 à 11:14 :
Pour atteindre un objectif de "neutralité carbone" (qui ne prend pas en compte les avions....😱), on espèrerait au moins que ce plan stratégique comprenne un ambitieux plan de pistes cyclables depuis le centre de bordeaux et des autres villes environnantes ainsi que des parkings couverts et sécurisés pour les vélos à l'aéroport.
a écrit le 20/12/2019 à 4:37 :
Je ne comprends pas pourquoi l'aéroport de Bordeaux n'intègre pas l'arrivée de l'A321XLR qui va doubler sa capacité notamment par ses liaisons vers d'Afrique, les Etats Unis et l'Amérique du sud.
C'est une vrai révolution à laquelle il faut s'attendre dès la disponibilité de cet avion.
a écrit le 19/12/2019 à 12:48 :
L'aéroport de Bordeaux paye 20 ans d'immobilisme et de décisions hasardeuses (Hall Bily déjà trop petit à son ouverture)! Il ressemble à ce que pouvait être celui de Toulouse il y a...25 ans !
Accès compliqué, parking non couvert (ah, la joie se se faire rincer entre sa voiture et les aérogares - malgré tout un bon point plus de mares avec les nouveaux revêtements), locaux vétustes (surtout Hall A), Terminal Bily proche de la bétaillère, parcours PAX compliqué au Terminal A...

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