LGV Bordeaux - Ile-de-France : 5,5 millions de passagers et une rentabilité questionnée

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La LGV entre Bordeaux et l'Ile-de-France est rentable pour la SNCF selon Alain Rousset. L'entreprise ferroviaire renvoie la question à plus tard.
La LGV entre Bordeaux et l'Ile-de-France est rentable pour la SNCF selon Alain Rousset. L'entreprise ferroviaire renvoie la question à plus tard. (Crédits : Agence Appa)
Gwendoline Cazenave, directrice de l'axe TGV Atlantique de la SNCF, présentait ce matin les chiffres enregistrés sur la ligne à grande vitesse Bordeaux - Paris, un an après son ouverture. Cette LGV est-elle rentable au vu du succès de fréquentation ? Oui, a affirmé Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Gwendoline Cazenave renvoie la réponse à plus tard.

Quelques jours après avoir livré à La Tribune les résultats de la ligne à grande vitesse SEA (Sud Europe Atlantique), qui place Bordeaux à 2h04 de Paris, Gwendoline Cazenave a repris publiquement, lors d'une conférence de presse organisée à la gare Saint-Jean ce mardi, sensiblement les mêmes chiffres et la même terminologie, évoquant "un immense succès". La directrice de l'axe TGV Atlantique a donné aux données une connotation très Sud-Ouest, insistant sur les 18 millions de clients qui ont voyagé sur la ligne TGV + Ouigo entre l'Ile-de-France et le Sud-Ouest depuis le 2 juillet 2017, sur le gain de "3 millions de clients dès la première année d'exploitation" et sur un trafic TGV + Ouigo "en progression de 27 % sur l'ensemble de la région". Ce dernier chiffre est à prendre avec précaution car il est indiqué "hors impact grève", qui perturbe depuis de longues semaines le trafic ferroviaire. Gwendoline Cazenave a confirmé les 5,5 millions de voyages sur la ligne nouvelle Bordeaux - Ile-de-France, évoqué une hausse de 70 % du trafic sur cet axe (hors grève toujours, + 50 % en incluant l'impact de cette grève) par rapport au nombre de voyages enregistrés sur la seule ancienne ligne.

Rentable ou pas ?

La SNCF donne également quelques chiffres concernant les grandes destinations du Sud-Ouest :

  • + 25 % de trafic entre Angoulême et l'Ile-de-France
  • + 44 % de trafic entre le Pays basque et l'Ile-de-France
  • + 16 % de trafic entre La Rochelle et l'Ile-de-France
  • + 15 % de trafic entre Agen et l'Ile-de-France

Dans le même temps, le trafic en correspondance a grimpé de + 13 % dans le Sud-Ouest.

Ces progressions du TER, déjà relevées dans nos colonnes par Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ont incité ce dernier, présent à la conférence de presse de la SNCF, à appeler une nouvelle fois au prolongement de la ligne vers Toulouse et vers l'Espagne. Ce Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), mis à mal par le rapport Duron, n'est pas abandonné par l'élu qui continue, avec d'autres, à s'en faire le promoteur.

"Le modèle de la grande vitesse était tellement attaqué de toutes parts qu'on avait besoin d'un tel succès de la ligne nouvelle SEA, juge Alain Rousset. Et contrairement à ce qui était dit, elle n'est pas déficitaire ! Ce qui justifie la poursuite du projet GPSO vers l'Espagne et vers Toulouse."

Le président du Conseil régional explique d'ailleurs qu'il compte demander au cabinet EY, missionné une première fois pour explorer des pistes de financement innovantes du GPSO, de revoir son étude à la lumière des résultats de la LGV Bordeaux - Paris. Et il l'affirme clairement : "Le succès de la LGV met en cause le rapport Duron !"

Alors, rentable, cette nouvelle LGV ? Gwendoline Cazenave « tape en touche », pour rester dans la terminologie Sud-Ouest : "Nous sommes là pour fêter l'immense succès de la ligne. Le temps des bilans interviendra en temps voulu."

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Commentaires
a écrit le 13/07/2018 à 15:49 :
Succés : oui ! Rentabilité : Peut-être... Il faudrait chercher du coté des coûts du péage puisque Eiffage a financé les travaux et se les rembourse avec le péage que paye la SNCF à chaque passage de TGV. Moi je ne prends pas le TGV mais j'ai acheté des actions Eiffage....
a écrit le 13/07/2018 à 9:05 :
Dans le contexe général de l'avenir de la SNCF, il semble que la non-rentabilité poserait des problèmes supplémentaires.Il semble qu'on ne veuille pas le concevoir , ce qui semble la continuation des habitudes de gestions passées.

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