Entre crises sanitaire et économique, comment se porte le CAC 40 ?

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Sébastien Hénin, directeur général d'Alienor Capital, et Arnaud Raimon, président et fondateur
Sébastien Hénin, directeur général d'Alienor Capital, et Arnaud Raimon, président et fondateur (Crédits : Agence APPA)
[INTERVIEW] Loin de ses 6.000 points du début 2020, le cours du CAC 40 plafonne depuis le déconfinement. Entre la menace du Covid-19, ses impacts économiques et l'incertitude de l'élection américaine, La Tribune fait le point sur les évolutions récentes et les perspectives des prochains mois avec Arnaud Raimon et Sébastien Hénin, respectivement président et directeur général du gestionnaire bordelais de fonds Alienor Capital.

LA TRIBUNE - Le CAC40 a atteint un plus haut en février 2020 autour de 6.100 points. Peut-on considérer que tout allait bien sur le plan boursier juste avant le confinement du 17 mars ?

ARNAUD RAIMON - Tout allait bien... en apparence. Car, en réalité, déjà à ce moment là et depuis plusieurs années, il y a un indice boursier mais il y a deux bourses : celle des valeurs des secteurs en croissance et celles des valeurs des secteurs en stagnation. Et l'évolution de ces deux catégories n'a strictement rien à voir aujourd'hui mais déjà depuis dix ans. Ces deux univers de valeurs totalement déconnectés l'un de l'autre se retrouvent au sein du CAC 40 mais aussi de la bourse en général.

Dans les valeurs de croissance, on a les entreprises liés à la technologie, aux cosmétiques, au luxe, à une partie de la santé comme les équipementiers et la biotechnologie. On parle par exemple de l'Oréal, Air Liquide, LVMH, Kering et, jusqu'au Covid, Airbus, Dassault et Safran. Dans les valeurs en stagnation, on peut citer la banque, l'assurance, les matériaux de construction, la gestion de l'eau, le pétrole, l'électricité, les big pharma, etc. C'est-à-dire, par exemple, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Saint-Gobain, Axa, Veolia, Sanofi, Total, Engie, etc. Sur les dix dernières années, les valeurs de croissance ont fait gagner à peu près quatre fois la mise, dividendes inclus, aux investisseurs tandis que, dans le même temps, les valeurs de stagnation ont fait à peine zéro voire à peine plus que zéro ! Les rentabilités sont donc strictement déconnectées !

SÉBASTIEN HÉNIN : Cette dissociation n'est pas nouvelle mais ce qui apparaît aujourd'hui encore plus nettement c'est l'écart entre ces deux univers qui n'a jamais été aussi élevé depuis près de vingt ans.

Lire aussi : Coronavirus : au bord d'une récession mondiale et d'un effondrement boursier ?

Justement, le CAC 40 a réagit au Covid-19 et au confinement par un effondrement de sa valeur de près de 40 % en un mois. Comment l'indice se porte-t-il depuis cette chute ?

AR : Le choc boursier a été extrêmement brutal et rapide puisqu'il répondait à une décision inédite de fermeture administrative d'une grande partie des activités...

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Commentaires
a écrit le 29/10/2020 à 3:52 :
Placez dans les valeurs asiatiques. Samsung, LG, sont tres stables.

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