L'Université de Bordeaux injecte de la blockchain dans un projet immobilier

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Le secteur concerné du campus Carreire au sud du CHU de Bordeaux Pellegrin. Sont concernés par le contrat blockchain le bâtiment en forme de E et le bâtiment rectangle à l'Ouest.
Le secteur concerné du campus Carreire au sud du CHU de Bordeaux Pellegrin. Sont concernés par le contrat blockchain le bâtiment en forme de E et le bâtiment rectangle à l'Ouest. (Crédits : SRIA / Université de Bordeaux)
La SRIA, filiale d'aménagement de l'Université de Bordeaux, a eu recours à la blockchain pour sécuriser et fiabiliser les documents relatifs à deux opérations immobilières d'ampleur : la construction d'un bâtiment et la réhabilitation d'un autre sur le campus Carreire, à Bordeaux. Cette expérimentation inédite est jugée satisfaisante.

Ce n'est rien d'autre qu'une "première mondiale" assure la SRIA (société de réalisation immobilière et d'aménagement de l'Université de Bordeaux). Cette société de droit privé mais dont le capital est 100% public (*) a eu recours à un contrat blockchain (*) dans le cadre d'un marché public global de performance avec un groupement mené par Vinci construction France. C'est l'entreprise francilienne Contractchain, créée en 2017 et spécialisée dans l'authentification des documents contractuels, qui a assuré la prestation technique.

Sécuriser l'authentification

Le chantier concerné porte sur la conception-réalisation, l'exploitation et la maintenance de deux bâtiments du campus Carreire à Bordeaux dédié à la biologie-santé, dans le cadre de l'Opération campus : la construction d'un bâtiment de laboratoires de recherche de 20.000 m2 dont la livraison est prévue pour fin 2021 et la réhabilitation du bâtiment TP de 14.000 m2 annoncé pour le printemps 2022. Le budget travaux s'élève à 67,5 M€.

"Ce recours à la blockchain est une manière innovante de fiabiliser les données et les relations entre nous et le groupement mené par Vinci. Ce sont des procédures assez lourdes embarquant entre 800 et 900 documents à authentifier et la blockchain a permis de faciliter le travail itératif permanent", explique Julia Le Bourhis, chargée d'opération à la SRIA.

En pratique, les documents qui ont été échangés pendant la mise au point sont authentifiés par l'un des signataires sur la plateforme Contractchain afin que le co-signataire puisse s'assurer que son contenu est en tout point conforme à ce qui a été négocié. Chaque document est ainsi doté d'une empreinte sécurisée prouvant son authentification grâce à la technologie blockchain. Contratchain fournit à ses clients des preuves d'intégrité et seuls les détenteurs de ces preuves peuvent s'assurer ou prouver l'authenticité. "Il est acquis qu'un document est à tel état tel jour à telle heure. La moindre modification d'un document cassera la preuve d'authenticité. Le doute n'existe plus", assure Christophe Carminati, le dirigeant de Contractchain.

Du point de vue de la SRIA, l'expérimentation a été un succès en permettant de fluidifier les procédures, de diminuer les frais d'impression et de préparer le terrain pour la maintenance. Le tout pour "un coût de quelques milliers d'euros" jugé marginal au regard du montant total du contrat. La société n'écarte donc pas d'y recourir à nouveau à l'avenir.

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(*) Selon le cabinet Blockchain France, "la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l'historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne

(*) Le capital de la SRIA est détenu par l'Université de Bordeaux pour 51 %, du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine pour 19,5 %, de la Banque des Territoires (Caisse des dépôts) pour 19,5 % et de l'Université Bordeaux Montaigne pour 10 %. Elle intervient principalement en tant que maître d'ouvrage et signe les contrats de conception, réalisation, maintenance (entre 10 et 30 ans). Avec ce montage spécifique, le patrimoine universitaire requalifié, notamment dans le cadre de l'Opération campus, reste dans la sphère publique.

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