Bordeaux-Londres en train : jumelage en 2019, voyage en 2022 ?

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La statue en bronze The meeting place, réalisée par Paul Day, accueille les voyageurs à la gare de St. Pancras International, à Londres.
La statue en bronze "The meeting place", réalisée par Paul Day, accueille les voyageurs à la gare de St. Pancras International, à Londres. (Crédits : CC by Pixabay / madbax)
Les gares de Bordeaux Saint-Jean et de Londres St. Pancras se sont jumelées, marquant ainsi un pas de plus vers une liaison ferroviaire directe qui mettrait Bordeaux à 5 heures du centre de la capitale britannique. L'horizon 2022, au plus tôt, est évoqué par les principaux acteurs. Prochaine étape : trouver un opérateur ferroviaire.

Un trajet de 1.090 km qui pourrait être parcouru en tout juste 5 heures. La perspective d'un train direct entre Bordeaux et Londres était dans toute les têtes ce vendredi 18 octobre 2019 à l'occasion du jumelage officiel des gares de Bordeaux Saint-Jean et de Londres St. Pancras International. "C'est une première pierre, un marqueur fort. Déployons toute notre énergie pour lever les quelques barrières qui demeurent sur les questions douanières et l'aménagement des quais !", a lancé Nicolas Florian, avant de dévoiler une plaque marquant ce jumelage inédit pour la gare bordelaise.

Deux à trois liaisons par semaine à l'horizon 2022/2023

Le maire de Bordeaux était entouré de tous les acteurs ferroviaires et politiques décidés à faire aboutir cette nouvelle liaison internationale entre le Royaume-Uni et le continent à la valeur particulièrement symbolique en plein contexte de Brexit. Outre la mairie de Bordeaux, étaient représentés les Etats français et britannique, la Région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Gares & Connexions, Lisea (le concessionnaire de la LGV Tours-Bordeaux) et HS1 (High speed one, le concessionnaire de la LGV entre Londres et le tunnel sous la Manche) ainsi que des parlementaires girondins.

Les projections parlent de deux à trois liaisons par semaine entre Bordeaux et Londres à l'horizon 2022 ou 2023. "Il y a une volonté de tous les acteurs de poser les conditions de faisabilité d'une telle liaison", explique Claude Solard, le directeur général de SNCF Gares & Connexions, qui poursuit : "Il reste désormais deux conditions à remplir : des installations pour les douanes et la police aux frontières et des aménagements spécifiques sur les quais. Notre étude au printemps dernier a montré que c'était faisable sans difficultés majeures en 18 à 24 mois. La deuxième condition, c'est de trouver un opérateur commercial pour faire rouler des trains !"

Selon le principe de l'accès ouvert (open access), n'importe quel opérateur ferroviaire peut en effet se positionner sur cette LGV Bordeaux-Londres. Chaque offre sera ensuite évaluée et des sillons seront attribués le cas échéant. "Nous avons des contacts mais il s'agit d'un processus long et, à partir du moment où un opérateur sera retenu, il faudra encore compter trois à quatre ans avant que les trains ne roulent vraiment", précise Dyan Crowther, la directrice générale de HS1. Tous les regards se tournent évidemment vers Eurostar, qui opère déjà depuis Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam, entre autres. Mais pas seulement : "Il peut y avoir plusieurs opérateurs", précise Claude Solard.

Des liens économiques historiques

Tous les partenaires ont souligné les liens historiques - politiques et économiques - très anciens entre l'Aquitaine et l'Angleterre, notamment à travers le commerce du vin. Des liens qui perdurent aujourd'hui puisqu'un quart des Britanniques vivant en France sont installés en Nouvelle-Aquitaine, soit 40.000 ressortissants de sa Majesté. La Nouvelle-Aquitaine est aussi la 7e région exportatrice vers le Royaume-Uni où elle exporte trois fois plus de marchandises qu'elle n'en importe. Enfin, 113 entreprises britanniques sont installées en Nouvelle-Aquitaine dont une cinquantaine pour la seule Dordogne !

En ratissant large, les promoteurs du projet évaluent à 1,2 million de voyageurs annuels le marché potentiel de cette nouvelle liaison ferroviaire directe en y englobant les habitants de Nouvelle-Aquitaine et de ses six aéroports et du sud-est de l'Angleterre et de ses cinq aéroports. Pour rappel, l'an dernier, 490.000 passagers ont voyagé entre Bordeaux et Londres (Gatwick, Luton et Stansted).

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