[ENQUETE] Médoc : quand les vignobles externalisent, les saisonniers trinquent (1/4)

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La gare de Pauillac, dans le Médoc, est un lieu de rendez-vous quotidien pour certains travailleurs saisonniers et prestataires de travaux viticoles.
La gare de Pauillac, dans le Médoc, est un lieu de rendez-vous quotidien pour certains travailleurs saisonniers et prestataires de travaux viticoles. (Crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)
Campements sauvages, squats, marchands de sommeil : le logement des travailleurs saisonniers dans le Médoc n’est pas toujours reluisant. Le recours massif à la sous-traitance pour les travaux de la vigne entraîne souvent une précarité tout au long de l’année, contrastant singulièrement avec le prestige et la richesse des vins de Bordeaux. Malgré une prise de conscience collective et quelques initiatives, les solutions patinent.

"Avant on connaissait les saisonniers, on les formait, on les revoyait d'une année sur l'autre. Il y avait un terrain, des douches et les repas. On était cinq salariés. Il y a cinq ans, le nouveau propriétaire a viré les quatre autres pour recourir, via des prestataires, à des gars toujours différents et logés dans une cabane vraiment pas terrible."

Après 35 ans de métier, ce gérant d'un vignoble du Médoc a décidé de prendre sa retraite anticipée en 2018, dégoûté par l'évolution de ses conditions de travail. C'est un fait : la tradition d'embauches directes des ouvriers viticoles a laissé place, sauf exception, à un recours généralisé à la sous-traitance via des entreprises de prestations de travaux viticoles. La tradition de fournir le gîte et le couvert a elle aussi quasiment disparu. Et le Médoc, connu dans le monde entier pour ses appellations Margaux, Pauillac ou Saint-Estèphe, ne fait pas exception. Bien au contraire

Travailler dans les vignes, dormir dans les bois

Beaucoup de travailleurs saisonniers sont logés décemment dans le Médoc, y compris par des prestataires de services, et le fait d'être logé à la propriété n'a jamais non plus été une garantie de confort quatre étoiles. Mais les conséquences de l'externalisation a tout va n'ont pas tardé à se concrétiser pour quelques centaines de personnes pendant l'année et quelques milliers pendant les vendanges. Le lien direct entre l'employeur et le travailleur étant désormais brisé, ce dernier n'est bien souvent plus rattaché à un château en particulier et personne ou presque ne se soucie de savoir où et comment il vit. Si des prestataires respectent les règles, d'autres ferment les yeux et certains s'enrichissent même sur le dos des travailleurs pauvres. Le tout conjugué à une pénurie d'aires d'accueil sur le territoire.

Ainsi, du centre-ville de Pauillac, hanté par des marchands de sommeil, aux travailleurs pauvres vivant dans leur camion, en tente dans la forêt ou dans des maisons squattées, y compris en plein hiver, la précarité fait désormais partie du décor dans un territoire qui rêve pourtant d'oenotourisme. "Depuis dix ans, on côtoie dans les vignes des personnes en grande difficulté et, année après année, on constate que de plus en plus de saisonniers vivent de manière précaire : dans les bois ou dans leur voiture même en hiver quand il gèle", témoigne Vincent Derriche, travailleur saisonnier sédentarisé dans le Médoc.

Lire aussi : Travailleurs saisonniers : "On n'est pas loin d'une forme d'esclavagisme moderne" (2/4)

A Saint-Laurent-du-Médoc, un terrain et une bâtisse en ruine jouxtant la déchetterie sont squattés depuis une douzaine d'années. A l'abri des regards, derrière les arbres, des dizaines de personnes, majoritairement espagnoles, y vivent quelques semaines, mois ou années sans eau, sanitaire, ni électricité. Un véritable campement autogéré qui peut accueillir plusieurs dizaines de véhicules et pas loin de 200 personnes pendant les vendanges. "C'est une sorte de zone de non droit avec des travailleurs honnêtes et des gens moins fréquentables. Il y a beaucoup de chiens. Tout le monde est au courant mais personne n'ose trop s'y aventurer. D'autant que c'est un terrain privé", commente, fataliste, Jean-Marie Feron, le maire de la commune.

Campement

Début septembre, les vendanges n'avaient pas débuté mais plus d'une soixantaine de personnes campaient derrière la déchetterie de Saint-Laurent (crédits : PC / La Tribune)

Et malgré l'absence d'infrastructures de base, certains occupants s'y installent autant par choix que par défaut, préférant parfois cette situation pour conserver l'intégralité de leur salaire : "Je viens ici quelques mois, avec mon camion et mes deux chiens. C'est libre, c'est gratuit, vient qui veut, il n'y a pas de contrainte ! Et on trouve du travail par le bouche-à-oreille, Pôle emploi, des entreprises ou des châteaux", explique Miguel (le prénom a été changé), un Andalou d'une quarantaine d'années venu pour les vendanges. Il reste que les problèmes de sécurité et d'accès aux soins sont bien réels : alcool, drogue, vols, maladies de peau, infections et même un travailleur qui a perdu plusieurs doigts de la main à cause du gel de l'hiver 2018. "Ces gens se cachent, se rendent invisibles pour pas être emmerdés parce qu'ils sont rejetés de partout alors qu'ils travaillent toute la journée dans les vignes", pointe Secundo Cimbron, le maire de Saint-Yzans-de-Médoc.

"Une professionnalisation de la précarité"

Lucide face à ces dérives, le Pays Médoc, devenu Parc naturel régional du Médoc, a mené en 2017 et 2018 une vaste enquête de terrain afin de quantifier le phénomène. Ciblant notamment les problèmes de logement, le rapport met en évidence

"une remise en question de l'emploi viticole traditionnel à laquelle il a été possible d'assister ces dix dernières années avec un fort repli de l'emploi local et permanent au profit d'une externalisation de l'embauche et de la gestion de la main d'œuvre et d'une 'professionnalisation' de la précarité via un accès à une main d'œuvre étrangère."

Lire aussi : Travailleurs saisonniers : le PNR Médoc déploie un vaste plan d'actions (4/4)

Car le travail saisonnier dépasse désormais très largement la seule période des vendanges (septembre-octobre) ou des vendanges vertes (juin-juillet) avec une population de travailleurs, souvent étrangère, présente toute l'année pour l'entretien des domaines et les petits travaux de la vigne. Le tout sur fond d'un besoin croissant de main d'œuvre. En effet, la désaffection des Médocains pour la vigne est réelle : outre la précarité de l'emploi, c'est un métier physique, mal payé et dont l'image est minée par les maladies professionnelles et les produits phytosanitaires.

Deux chiffres éclairent la situation : 50 % des emplois proposés dans le Médoc sont des emplois saisonniers donc, par nature, précaires et, même en mobilisant par l'absurde 100 % des demandeurs d'emplois du territoire, il faudrait encore recruter à l'extérieur tant les besoins sont importants ! Car le vignoble médocain, qui recouvre plus de 16.000 hectares, tous en AOP, continue de s'étendre, les vendanges manuelles y restent très présentes et la conversion au bio nécessite jusqu'à 70 % de main d'œuvre supplémentaire. Si bien que châteaux et prestataires se disputent une main d'œuvre rare qui, au lieu de tirer salaires et conditions de travail vers le haut, a plutôt l'effet inverse.

Infographie Carte Médoc

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

« Des propriétaires ne veulent plus s'emmerder avec la main d'œuvre »

"Le modèle d'emplois directs et d'hébergement par les châteaux est dépassé depuis longtemps pour des raisons de sécurité, d'hygiène mais également de flexibilité et de garantie de trouver de la main d'œuvre", observe Benjamin Banton, le directeur général de Banton-Lauret, plus gros prestataire viticole de Gironde. Pour justifier la fin de l'hébergement sur la propriété, la plupart des propriétaires invoquent en effet le durcissement et le coût des normes encadrant l'hébergement des travailleurs sur la propriété. Bernard Farges, le président du CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux) souligne ainsi que "les problématiques d'hébergement sont liées à la réglementation française et européenne qui est changeante, très stricte et toujours plus complexe et onéreuse à appliquer", tout en reconnaissant que "la valeur absolue du coût de l'hébergement doit bien souvent être relativisée au regard de la valeur absolue de la bouteille vendue. C'est d'ailleurs ce contraste qui peut être choquant."

Lire aussi : Vignobles : le boom des prestataires viticoles (3/4)

Mais l'externalisation de la main d'œuvre trouve aussi d'autres explications selon Alain Sutre, dirigeant d'Ertus Group, ayant longtemps travaillé dans le Médoc :

"J'ai souvent été effondré du peu de considération des propriétaires et des gestionnaires pour leur collaborateurs, qu'ils n'appellent même pas collaborateurs d'ailleurs. On n'est passé d'un système patriarcal, loin d'être idéal, à des propriétaires qui ne sont plus sur place et ne veulent plus s'emmerder avec la main d'œuvre."

Cet entrepreneur a vu l'évolution dans le Médoc au tournant des années 2000 : "Les métiers viticoles n'ont pas été suffisamment valorisés et l'isolement de la presqu'île, combiné à l'absence d'offre éducative et culturelle suffisante, ont entraîné un exode des cadres et techniciens supérieurs vers Bordeaux. Ces derniers n'ont pas été remplacés ou l'ont été par des profils commerciaux laissant un vide abyssal en termes de management. L'externalisation de la main d'œuvre s'est alors accompagnée sans difficulté d'un transfert de compétence sur le logement."

Vendanges

(crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)

De pompier ponctuel à partenaire quotidien

De quoi créer une véritable aubaine pour les prestataires de travaux viticoles qui ont su avancer leurs arguments auprès des petits viticulteurs comme des grands crus classés. "On est passé ces dernières années d'un rôle de pompier ponctuel de la viticulture à un rôle de partenaire régulier tout au long de l'année", poursuit Benjamin Banton qui estime que "le recours à un prestataire représente un surcoût de l'ordre de 30 % par rapport à une embauche en direct". Un surcoût facial qui s'accompagne d'incomparables avantages de gestion : "Cela permet d'éviter d'avoir des cadres en interne, de s'épargner les lourdeurs de gestion du personnel et d'avoir la garantie d'un travail fait en temps et en heure, malgré des délais parfois très courts et imprévisibles, tout en pouvant jouer sur la trésorerie et la TVA puisqu'il ne s'agit plus de salaires à verser mais de factures à payer !", complète Claude Ganelon, maire d'Arcins et directeur général de Viti France Travaux, l'un des pionniers du secteur dans le Médoc.

L'analyse d'Emeline Borie, propriétaire du Château Grand Puy Lacoste, qui met un point d'honneur à ne pas recourir à des prestataires de services, n'est pas si éloignée. Pour celle qui est présidente du Syndicat viticole de Pauillac et conseillère municipale de la ville :

"Les châteaux sont de moins en moins familiaux et les actionnaires attendent d'abord des chiffres. Les exploitations viticoles mettent en avant le poids des charges salariales et des règles administratives. Je ne cautionne pas mais ce sont les arguments avancés et c'est ensuite la loi de l'offre et de la demande avec des dérives qui correspondent à notre époque : quelque part, on en vient à consommer de la main d'œuvre comme on consommerait n'importe quel bien, sans se poser de questions..."

Des prestataires pas toujours dans les clous

Car c'est bien là que le bât blesse : l'absence de questions. Les prestataires les plus sérieux, à l'instar de Banton-Lauret, logent leurs salariés au camping ou dans des bungalows, proposent des CDI, des primes d'assiduité et des salaires au-dessus du Smic. Mais ils sont régulièrement complets. "Je ne travaille quasiment que pour les grands crus du Médoc, ils sont regardants et il y a une relation de confiance. Mais je refuse des clients tous les jours ou presque faute de main d'oeuvre", témoigne Miguel Martinho Afonso, dirigeant de PSTT Viti. Il est alors très tentant pour un château de recourir à d'autres entreprises moins regardantes et affichant des tarifs imbattables... Mais, quand un prestataire casse les prix, il faudrait pourtant s'en poser, des questions, sur le paiement des salaires et des heures supplémentaires, le respect du temps de travail, les équipements de sécurité et, bien sûr, le gîte et le couvert.

Vendanges

(crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)

Pour un employeur, il n'y a pas d'obligation de fournir un logement à son salarié mais si c'est le cas, alors il y a des règles strictes à respecter et le donneur d'ordre peut être solidaire le cas échéant en cas de contrôle. Dans tous les cas, le salarié doit produire un justificatif de domicile avant l'embauche.

"90 % des prestataires ne vérifient pas la domiciliation et certains emploient des gens qui vivent à la rue. Il y a des abus, c'est évident... Tout cela me dégoûte car ces travailleurs saisonniers sont notre gagne-pain et font vivre le vignoble. Nous nous devons de collectivement les respecter", interpelle Benjamin Banton.

"C'est un commerce juteux, c'est une évidence et c'est très problématique d'un point de vue humain comme d'un point de vue économique. Des entreprises, installées ici ou à l'étranger, opèrent une concurrence déloyale sans assurance, frais structures, ni locaux. Elles proposent des tarifs 30 à 40 % moins cher et beaucoup de propriétés ferment les yeux en attendant qu'une seule chose : que le travail soit fait ! Les syndicats viticoles doivent se mobiliser sérieusement et réellement ! Ils doivent établir des cahiers des charges bien précis et mettre la pression sur leurs membres", atteste Claude Ganelon.

"C'est l'ensemble de la filière viti-vinicole qui doit faire le ménage, y compris la Mutuelle sociale agricole qui devrait s'interroger sur l'opportunité d'affilier des entreprises sans bureaux, sans personnel permanent, sans matériel. Ce sont en réalité des agences d'intérim déguisées et c'est illégal", pointe également un fonctionnaire.

Seulement deux inspecteurs du travail dans le Médoc

Mais les tricheurs connaissent bien la loi et, quand il s'agit de louer des logements surpeuplés à leurs salariés, ils savent se dissimulent derrière des sociétés civiles immobilières, des logements témoins, ou des sous-locations. Des situations plus longues et plus complexes à instruire pour l'inspection du travail qui ne dispose que de deux agents permanents sur l'ensemble du Médoc et du nord du Bassin d'Arcachon ! Sans compter que les contrôles sur pièces sont largement inopérants compte tenu de la nature du travail effectué tandis que les contrôles sur place sont très compliqués à réaliser puisque ces petits prestataires changent de propriété chaque jour ou presque. Résultat, en cinq ans, seulement deux dossiers ont été transmis au parquet pour des questions de logements indignes de salariés dans le Médoc.

En amont, les vignobles semblent enfin se saisir du sujet :

"On est peut-être en retard par rapport à l'identification des besoins de logements et à la résolution de ces problèmes alors même qu'on ne pourra pas communiquer sur notre vin autour de la notion de plaisir si on n'assure pas un confort minimal à ceux qui ont produit ce vin. C'est indispensable", reconnaît Bernard Farges, le président du CIVB qui veut "avancer vite en travaillant d'abord avec les prestataires viticoles" et "créer un métier autour d'hébergements mutualisés".

La profession va-t-elle bouger ?

Pourtant, sur le terrain, la situation évolue lentement. Des châteaux passent des accords avec des campings du Médoc, des prestataires louent ou achètent des mobil'homes pour loger les salariés, et les récupèrent parfois en très mauvais état, et les grands crus sont de plus en plus nombreux à imposer des chartes éthiques à leurs prestataires. C'est Baron Philippe de Rotschild, à Pauillac, qui a ouvert la voie en 2013 en mettant à disposition un terrain de 5.000 m2 loué, via un bail emphytéotique, au Grand port maritime de Bordeaux, pour y accueillir et y nourrir 270 de ses 500 saisonniers pendant les trois semaines de vendanges avec de l'électricité, des blocs sanitaires et de tri des déchets. Un investissement annuel de 70.000 €.

Baron Philippe de Rotschild

L'aire d'accueil de Baron Philippe de Rotschild en septembre 2019 (crédits : Baron Philippe de Rotschild)

D'autres projets sont en gestation dans le Médoc portés ici par le Département, là par des prestataires mais pas encore de Maison des saisonniers comme celle en construction dans le Libournais, ni de terrain mutualisé entre châteaux, deux options jugées trop complexe à gérer.

"Notre terrain n'est pas parfait mais il participe à résoudre une partie de la question. Nous avons mis en place un règlement intérieur et, en tant qu'employeur, nous disposons d'un pouvoir de sanction. Sur une aire mutualisée, ce serait plus compliqué. Mais c'est une piste à creuser, il y a encore des terrains du port qui pourraient être mobilisés si tout le monde met la main à la poche", observe Philippe Dhalluin, directeur général du pôle d'activité châteaux de la société Baron Philippe de Rotschild.

A Pauillac, le projet de maison des saisonniers, promis par le maire Florent Fatin en 2014, n'a jamais vu le jour. "Le risque financier était trop important pour la commune compte tenu des incertitudes liées à son fonctionnement. D'une part, toute une partie des travailleurs saisonniers, en particulier ceux ayant des camions ou des chiens, ne souhaitent pas payer pour être logés, d'autre part, il y a des problèmes réels de cohabitation au sein d'un même bâtiment entre des populations très différentes : jeunes travailleurs, immigrés marocains, gens du voyage, retraités, etc.. Sans compter que les marchands de sommeil n'auraient pas laissé partir leur source de profit", avance le maire de la ville, qui ne souhaite pas non plus accueillir de camping dédié aux saisonniers sur sa commune.

Florent Fatin Pauillac

Florent Fatin, le maire de Pauillac (crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)

Égoïsmes territoriaux

Pourtant, Vincent Derriche porte lui un tel projet privé. Avec un investissement de 800.000 €, déjà financé, il propose de loger 150 personnes dans 50 mobil'homes pour 9 € la nuit. "Avec les pré-réservations de certains châteaux et gros prestataires, j'affichais déjà complet pendant huit mois ! Tout était bouclé, il ne manquait que le terrain... Mais, aujourd'hui, faut de terrain, le projet est au point mort", s'agace cet entrepreneur. Le Médoc est certes un territoire où la pénurie de foncier est une réalité entre les surfaces dédiées à la vigne, les zones agricoles et naturelles et les zones inondables le long de l'estuaire de la Gironde mais il ne doit pas être impossible d'y trouver un terrain. "Tout le monde soutient l'idée mais personne ne trouve un terrain chez lui ! La vérité c'est que les maires et les châteaux se renvoient la balle et pendant ce temps des marchands de sommeil prospèrent et des gens dorment dehors", déplore Vincent Derriche.

"Tout ce business du vin génère à la fois des milliards d'euros de bénéfices et des milliers de travailleurs pauvres. C'est tout le contraste du Médoc. Le jour où il y aura des noyés au bord de l'estuaire ou un incendie chez un marchand de sommeil, alors les gens se rendront peut-être enfin compte de la réalité...", lâche, désabusé, Secundo Cimbron.

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Commentaires
a écrit le 17/10/2019 à 18:22 :
le processus de délabrement de la situation des salariés de la vigne commence par l'externalisation des travaux de vigne au profit d'entreprises locales ou pas qui s'affranchissent du code du travail et de la convention collective applicable en Médoc , principalement en déclarant que tous les travaux de vigne sont saisonniers des vendanges (oui) aux travaux éventuels de vigne en Août suivant , généralement les vendanges vertes . Quant à la puissance publique qui devrait être en mesure de faire respecter les lois de la République , les articles L... du Code du Travail sont des Lois ! Ainsi donc par ce système connu des "grands et honorables vignerons" la précarité , la misère se sont installées . Jetez un œil sur la convention collective applicable ...article 16... à aprt les vendanges la convention collective est muette sur la liste des travaux classés saisonniers ... il parait qu'une loi autorise ces pratiques ..laquelle ?... donc si cela était la convention collective aurait du être amendée en ce sens avec une procédure entre organisations syndicales des employeurs et de salariés .
a écrit le 07/10/2019 à 22:41 :
Quelle hypocrisie de Florent Fatin maire de Pauillac, qui se réveille quelques mois avant les élections et qui veut juste chasser ces travailleurs pauvres de sa commune, pour ne pas faire sale devant les touristes des paquebots de croisière !
Quant à donner la parole à un certain prestataire de services agricoles, qui est un des pires esclavagistes du Médoc et qui officie comme il le dit ici pour les grands crus du territoire, qui ne peuvent pas ignorer la situation. Il sous loue des habitations à ses travailleurs où ils sont logés par dizaine.....
S'il y a un désintérêt légitime des médocains pour la vigne, il y a non seulement un réel besoin de main d'oeuvre supérieur au nombre de chômeurs sur le territoire mais aussi une volonté de la profession de se tourner vers des travailleurs étrangers plus corvéables.
Lorsqu'on ne peut pas délocaliser l'activité,on délocalise la main d'oeuvre, le but est toujours le même un profit croissant !
Autre problème, ces travailleurs sont payés au smic (et encore !) pour des cadences de travail infernales, puisqu'ils interviennent toujours dans l'urgence, et les propriétés sont exonérées de cotisations sociales pour l'emploi de travailleurs occasionnels !
a écrit le 07/10/2019 à 20:52 :
il y a 25 ans , une bouteille de 1er grand cru valait 250 francs, aujourd'hui , 500 euros
il y a 25 ans les grands chateaux logeaient et nourrissaient les vendangeurs dans une ambiance festive
il y a 25 ans , les visites degustations etaient gratuites , aujiurd'hui , il faut débourser 10 à 15e
Mais que font-ils de tout leur pognon ?
a écrit le 07/10/2019 à 20:40 :
Ben dans mon coin pays de la Loire, o' utilise de plus en plus de vendangeuses, ces problèmes ne se pose pas trop, et je trouve la cueillette plutôt pas mal, mes grains insuffisement murs restant sur le cep et ramassé par la suite, donc un vin moins âpre, c'est pas du bordeaux, mais ça descend bien plus vite.
a écrit le 07/10/2019 à 17:00 :
les mecs roulent en Mercedes Porsche etc et ne sont pas capables de fournir un batiment une cantine aux travailleurs ????????
a écrit le 07/10/2019 à 12:02 :
Les normes imposées font tout (volontairement?) pour dissuader les donneurs d'ordre. Avec des exigences surprenantes, par ex. sur les surfaces minimales (plus draconiennes que celles des HLM ou de la CAF) ou comme l'interdiction absolue des lits superposés...

Calculez ce qu'il faudrait prévoir si vous aviez à héberger 5 hommes et 5 femmes comme travailleurs saisonniers pendant 15 ou 20 jours sur nouvelle-aquitaine.direccte.gouv.fr/Saisonniers-agricoles-informations-pratiques-sur-l-hebergement
Réponse de le 07/10/2019 à 16:03 :
Sur Saint Emilion on trouve des gites 3 épis 6 personne à 700€ /semaine.
Disons donc 3 gites pour 3 semaines, et je vous le fait très large 8 000€.
Ça fait 1000 bouteilles de pinard en prix sortie de cave, soit 4 palettes de produit.

Si vous trouvez ça trop cher pour des personnes qui vont vous rentrer toute la récolte de l'année, il faut faire autre chose.
a écrit le 07/10/2019 à 11:44 :
Etudiant, j'allais chaque fin d'ete vendanger chez divers proprietaires. Tous les meme. On etait loges et nourris, pinard fournis a condition de ne pas perdre la tete.
L'ambiance etait tjrs bonne.
Dans la salle commune ou l'on dormait, jamais un seul vol.
Aujourd'hui la France est pauperisee et plus personne ne se preocupe de la simple dignite.
La chute sera lourde.
Réponse de le 07/10/2019 à 20:14 :
A l'époque les vendanges se faisaient fin septembre. maintenant il n'est plus rares qu'elles débutent fin juillet.

Le changement climatique est passé par là.
a écrit le 07/10/2019 à 11:14 :
La Finance c'est le mépris de l'être humain.
a écrit le 07/10/2019 à 10:56 :
La finance c'est le mépris du travail par définition.

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