La Nouvelle-Aquitaine en ordre de marche pour renforcer la filière animation (1/4)

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Ma vie de courgette, en partie fabriqué à Angoulême, avait été récompensé par deux Césars et le prix du cinéma européen du meilleur film d’animation.
"Ma vie de courgette", en partie fabriqué à Angoulême, avait été récompensé par deux Césars et le prix du cinéma européen du meilleur film d’animation. (Crédits : DR)
Impossible désormais de parler de cinéma d’animation sans citer la Nouvelle-Aquitaine. 40 % de la production française d’animation est réalisée dans la région où sont installés une quarantaine de studios. A quelques jours du lancement de Cartoon Movie 2019, premier article de notre série avec un coup de projecteur sur la filière qui en région, peut compter sur le premier fonds dédié à la production d’animation en France avec 3 M€. Une filière qui doit toutefois renforcer sa R&D et son développement à l’export.

La Région Nouvelle-Aquitaine l'affirme haut et fort : elle s'est clairement mise en ordre de marche pour devenir la 1re région européenne de l'animation. La filière compte à ce jour une quarantaine de studios, plus de 1.500 professionnels et une quinzaine d'écoles. "40 % de la production française d'animation est réalisée dans la région", insiste Éric Correia, conseiller régional délégué à l'innovation, aux droits culturels et à l'économie créative.

"La Nouvelle-Aquitaine est aujourd'hui une grande région de cinéma en France. Elle fait partie de celles qui peuvent prétendre réussir une véritable décentralisation de cette industrie du cinéma encore concentrée à 80 voire 90 % en région parisienne", ajoute pour sa part Coralie Grimand, directrice générale de l'Agence livre cinéma audiovisuel (Alca) de Nouvelle-Aquitaine, chiffres à l'appui. "En ce qui concerne les films d'animation, selon une étude publiée l'année dernière par Audiens, en 2017, 71 % des entreprises du secteur de la production de films d'animation étaient basés en Ile de France, soit 9 points de moins qu'en 2006. En Charente, le nombre d'établissements a quadruplé depuis 2004."

Premier fonds de soutien dédié à l'animation

"Nous avons la chance d'avoir une pépite, Angoulême", explique Éric Correia. C'est là qu'ont été en partie fabriqués "Kirikou et la sorcière", "La Tortue Rouge", "Ma vie de Courgette", et plus récemment "Croc Blanc" ou encore "Pachamama". "Mais n'oublions pas non plus Bordeaux", ajoute Coralie Grimand. "La Nouvelle-Aquitaine est une véritable Cartoon Valley", insiste le président de la Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset.

Et la Région, en tête, y met les moyens. La Nouvelle-Aquitaine, avec le Département de la Charente, dispose du premier fonds de soutien en France à la production d'animation doté de 3 M€ (1,75 M€ de la Région et 1,25 M€ de la Charente). 38 projets d'animation ont ainsi été soutenus en 2018 par la Région : 18 séries d'animation, 8 longs-métrages et 12 courts-métrages.

"Sur proposition d'Alain Rousset, la Région étudie aussi la possibilité d'aider les studios dès le début d'un projet. Il faut savoir que ces derniers injectent au démarrage en moyenne 3 M€ avant même d'aller chercher des aides et des soutiens ailleurs. Les coûts de fabrication d'un film d'animation sont de l'ordre de 6 à 14 millions d'euros alors qu'il faut compter entre 1 et 4 ou 5 millions pour un film classique", souligne par ailleurs Eric Correia.

Les temps de fabrication sont également longs, entre trois et cinq ans. "Cela dit, c'est intéressant. Cela veut dire que l'on pérennise des emplois techniques pour la même durée. Les retombées économiques en matière d'emploi sont plus palpables que pour un film dont le tournage va durer 6 mois", reconnait-il.

Etre plus compétitif à l'international

Les défis de demain pour la Région ? "Etre dans l'émergence, trouver de nouvelles histoires, travailler sur la R&D. Une équipe totalement dédiée à l'accompagnement des entreprises de l'image doit d'ailleurs s'installer très prochainement à Angoulême", explique Eric Correia. L'ambition est aussi de rendre l'activité plus compétitive au niveau international, d'accompagner notamment les entreprises régionales vers davantage de coproductions internationales.

"La diffusion en France ne suffit plus. Il faut aller chercher des financements internationaux", explique Coralie Grimand qui salue justement le rachat d'une partie des droits mondiaux du film d'animation "Pachamama", fabriqué dans les studios de Blue Spirit à Angoulême. "Cela veut dire que l'animation est capable de cartonner au niveau mondial", lâche Coralie Grimand qui en profite pour annoncer la venue à Bordeaux en juin prochain du Torino Film Lab. "Un appel a projets a été lancé. Une quinzaine de producteurs seront pris en charge et on espère qu'il y aura des régionaux. Notre objectif est d'inscrire nos professionnels dans des logiques d'accompagnement où ils seront avec les meilleurs. Un seul but : les renforcer."

"Mais il n'y a pas que le cinéma, insiste-t-elle. La Nouvelle-Aquitaine est également très présente sur le jeu vidéo et la bande dessinée. Nous avons des industries de contenu créatif qui sont en train de se croiser. Notre pari est de nous appuyer sur cette communauté pour faire naître des contenus plus riches et plus singulier. Notre rôle sera donc aussi d'accompagner cette hybridation des disciplines."

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A l'occasion de Cartoon Movie, La Tribune consacre un dossier de 4 articles à la filière animation. Lire ici :

Cartoon Movie 2019 : les professionnel de l'animation dans les starting-blocks (2/4)

"Il est temps d'utiliser les technologies du jeu vidéo et de les adapter au monde de l'animation" (3/4)

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