"Il est temps d’utiliser les technologies du jeu vidéo et de les adapter au monde de l’animation" (3/4)

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Aymeric Castaing a créé la société Umanimation en mars 2018.
Aymeric Castaing a créé la société Umanimation en mars 2018. (Crédits : Umanimation)
Aymeric Castaing est celui qui a fait venir Cartoon Movie à Bordeaux il y a trois ans. Evénement qui revient cette année du 5 au 7 mars. Ancien producteur de la société bordelaise I can Fly, il a créé il y a moins d’un an à Pessac Umanimation qui travaille exclusivement le contenu animé sur un moteur de jeu vidéo. Il croit au transmedia et fait en sorte qu’il se développe. Rencontre avec celui qui est aussi le président du cluster aquitain du transmedia storytelling (Cats) et membre fondateur de l'association des producteurs nouveaux médias indépendants (PXN).

On vous a connu en tant que gérant d'I can Fly, société de production d'animation basée à Bordeaux. Vous êtes aujourd'hui à la tête d'Umanimation à Pessac. Que s'est-il passé ?

I can Fly était une belle aventure qui a duré 10 ans. Mais au final, ce sont simplement des associés qui se connaissent depuis le lycée et qui reprennent leur chemin avec des envies différentes. J'ai donc fermé la société pour ouvrir une startup qui utilise la réalité virtuelle et la réalité augmentée mais toujours dans le domaine de l'animation. Umanimation est une société qui travaille exclusivement le contenu animé sur un moteur de jeu vidéo et mêle donc les deux technologies, le but étant de travailler sur de nouvelles plateformes.

Que vous apporte le jeu vidéo ?

Cela permet d'être opérationnel sur toutes les plateformes justement. Tout notre contenu, qu'il s'agisse du décor ou des personnages, se trouve dans ce moteur de jeu video qui permet d'isoler des séquences vidéos traditionnelles pour la télévision par exemple mais aussi pour Youtube ou Facebook... On peut aussi activer une plate-forme interactive, une application par exemple, avec une facilité déconcertante.

C'est ce sur quoi vous travaillez en ce moment ?

Oui, nous produisons actuellement avec Arte une série d'animation de 10 épisodes de 2 minutes, Globozone, et au moment de la diffusion de la série, nous lancerons une application pour une expérience complémentaire. C'est le principe du transmedia qui consiste à raconter plusieurs chapitres d'une même histoire sur des plateformes différentes, certains en réalité virtuelle, d'autres en réalité augmentée, certains encore sous forme de mini-jeu.

Quels sont les avantages du moteur de jeu vidéo d'un point de vue technique ?

Alors que les images d'animation 3D sont fabriquées par de grosses machines qui nécessitent un temps de calcul relativement long, le moteur de jeu video calcule l'image définitive en temps réel. Elle est là, la vraie innovation. C'est une économie de temps mais aussi de budget colossale. On parle de 30 % d'économie par rapport à un cheminement classique de fabrication. Cela permet de produire plus vite et moins cher. Je pense qu'il est temps désormais d'utiliser les technologies du jeu vidéo et les façons de concevoir la chaîne de production et de les adapter au monde de l'animation. C'est ce que je fais en tout cas.

D'autres sociétés prennent ce créneau ?

Oui, il y a en a. J'ai cofondé le cluster aquitain du transmedia storytelling (Cats) qui rassemble les professionnels des filières régionales de l'audiovisuel, de l'animation, du jeu video et de l'Internet afin de promouvoir les expériences numériques innovantes et de favoriser l'émergence de projets transmedia collaboratifs. Ce cluster a plusieurs axes de développement. Nous travaillons notamment sur une série de formation et proposons du soutien aux projets. L'objectif est aussi de créer un événement en 2020 sur le transmedia, à Cap Sciences à priori. Pour le moment, l'action la plus importante a été de faire venir le Cartoon Movie à Bordeaux. Evénement qui facilite les rencontres entre les professionnels de l'animation, du jeu vidéo et maintenant de la bande dessinée.

Quels sont vos projets pour Umanimation ?

Je suis installé dans la pépinière de Bordeaux Unitec à Pessac et cherche à faire une levée de fonds cette année pour pouvoir mener de front plusieurs projets. L'idée est d'accélérer cette façon de produire et de prendre des parts de marché dans un domaine en pleine croissance.

Umanimation a réalisé en 2018 un film VR (réalité virtuelle) intitulé Port de la Lune pour l'Office de tourisme de Bordeaux Métropole.

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A l'occasion de Cartoon Movie, La Tribune consacre un dossier de 4 articles à la filière animation. Lire ici :

La Nouvelle-Aquitaine en ordre de marche pour renforcer la filière animation (1/4)

Cartoon Movie 2019 : les professionnels de l'animation dans les starting-blocks (2/4)

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