Un vélo en libre service Indigo Weel sur deux a été volé à Bordeaux

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Les vélos Indigo Weel sont arrivés le 5 février à Bordeaux.
Les vélos Indigo Weel sont arrivés le 5 février à Bordeaux. (Crédits : HL)
Le 5 février dernier, la société Indigo Weel mettait à la disposition des bordelais les premiers vélos en libre service et sans station. Sept mois après, le bilan est en demi-teinte. Si les locations sont nombreuses, les incivilités et les vols sont récurrents. Bordeaux Métropole attend des outils avec la loi d’orientation des mobilités d’Elisabeth Borne qui sera votée cet automne.

2.000 vélos en libre service et sans station avaient été mis en circulation par la société Indigo Weel à Bordeaux. "A ce jour, un sur deux a été volé. Ensuite, une bonne partie de ceux qui restent sont en réparation", reconnait Jean Gadrat, directeur général de la société. "On doit être à 600 vélos en service", lance pour sa part Brigitte Terraza, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge de la mobilité alternative. "Sept mois après la mise en service de ces vélos, le bilan n'est pas très positif", lâche-t-elle tandis que Jean Gadrat reconnait des incivilités, du vandalisme et donc beaucoup de vélos cassés et volés."Plus que prévu, c'est vrai", déclare-t-il.

Entre 17.000 et 20.000 utilisateurs réguliers

Mais Jean Gadrat insiste :

"Le service connait un véritable succès d'un point de vue du nombre de locations enregistrées. Nous en sommes à 3 voire 4 locations par jour et par vélo, ce qui est très bien. On a, à Bordeaux, entre 17.000 et 20.000 utilisateurs réguliers, en majorité des jeunes puisque 80 % ont moins de 30 ans. C'est donc un service qui comble un vide", insiste-t-il.

Pas question donc pour Indigo Weel de quitter Bordeaux. "A nous de nous adapter à chaque marché", explique Jean Gadrat qui en appelle au civisme des utilisateurs. Par ailleurs, depuis le mois de septembre, une pénalité de 15 euros est appliquée aux utilisateurs qui sortent du périmètre préalablement défini, à savoir essentiellement Bordeaux centre. La société porte plainte en cas de dégradation. "Il y a eu beaucoup d'interpellations, y compris en flagrant délit." Indigo Weel repense également les vélos. De nouveaux modèles seront en circulation dès le mois de janvier prochain. Des vélos électriques feront également leur apparition sur le même concept, en libre circulation et sans station, au cours du premier semestre de l'année prochaine. En même temps que les V3 à assistance électrique...

Lire aussi : TBM va déployer des vélos électriques en libre service à Bordeaux

On se rappelle également que Gobee.bike avait fait un passage éclair de 4 mois à Paris avec un concept similaire. Au moment de fermer le service dans la capitale et dans toutes les autres villes européennes, la société avait évoqué "un tsunami de vandalisme"...

Lire aussi : Pourquoi Gobee.bike a échoué ? Les réponses du city manager Paris


A Bordeaux, la concurrence commence à devenir rude. En plus des vélos, ce sont les trottinettes électriques de la société Lime qui ont très récemment débarqué à Bordeaux. "Le président de Bordeaux Métropole leur avait demandé d'attendre la loi d'Elisabeth Borne pour venir s'installer. Ils n'ont pas attendu. Nous ne sommes absolument pas contents", avance Brigitte Terraza.

Les collectivités en attente d'outils

Alors qu'elle déclarait en février ne pas vouloir fragiliser un modèle en développement, aujourd'hui le ton s'est quelque peu durci.

"Bordeaux Métropole a adopté le 6 juillet dernier une charte d'engagements des opérateurs de vélos en libre service sur le territoire de Bordeaux Métropole avec notamment la possibilité pour les maires de faire payer une redevance aux opérateurs privés. Mais cela n'est pas suffisant. Les collectivités attendent avec impatience la loi d'orientation des mobilités pour les autoriser, contraindre et interdire. Nous avons besoin d'outils", insiste Brigitte Terraza qui rappelle que le 2e plan vélo métropolitain 2017-2020, approuvé le 2 décembre 2016, vise une part modale du vélo de 15% en 2020 sur la métropole, contre 8 % en 2017.

D'autres villes ont déjà pris des mesures contre ce type de services dits en "free floating". San Francisco a par exemple, en juin dernier, interdit les trottinettes de Lime et de ses concurrents Spin et Bird, tant les engins laissés sur les trottoirs ennuyaient les piétons, en attendant qu'un code de bonne conduite soit décidé et respecté. Les collectivités craignent que les nouveaux modes de déplacement proposés génèrent à la fois du danger - par exemple les trottinettes électriques qu'aucune loi à ce jour n'interdit de rouler sur le trottoir - et des nuisances. Elles pointent aussi les coûts cachés potentiels générés par les activités des acteurs privés du free floating.

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Commentaires
a écrit le 13/10/2018 à 21:08 :
Quelle blague... des vélos volés, perdus, oubliés???je crois que la société Indigo Weel s'en tape : trois vélos sont en errance sur Blanquefort depuis plus d'un mois, mon mari les a signalé à la société qui lui a répondu qu'ils allaient faire le nécessaire mais rien n'a été fait. Une semaine et demi après, les vélos sont toujours là et ils continuent à se dégrader. Ça ne donne pas envie de signaler. Je précise que ce n'est pas nous qui avons emprunté ces vélos.
a écrit le 03/10/2018 à 16:23 :
Comment ce fait il qu'ils ne soient pas équipés de puce GPS pour les tracer et les retrouver?
Réponse de le 10/10/2018 à 21:31 :
La puce GPS ne marche plus une fois dans la Garonne :D

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