Qui est le freelance bordelais ? Une slasheuse de moins de 35 ans !

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La communication et le design sont les domaines de prédilection des freelances bordelais qui exercent en général plusieurs activités (crédit infographie Chloé Saint-Denis / Collectif Cosme)
La communication et le design sont les domaines de prédilection des freelances bordelais qui exercent en général plusieurs activités (crédit infographie Chloé Saint-Denis / Collectif Cosme) (Crédits : Collectif Cosme)
Trois freelances bordelaises ont mené une enquête auprès de 128 travailleurs indépendants de l'agglomération pour en esquisser un portrait-robot. Le freelance est ainsi majoritairement une prestataire de services de moins de 35 ans qui exerce plusieurs activités dans le domaine de la communication et du design. Ses clients sont d'abord des TPE/PME et son chiffre d'affaires annuel est le plus souvent inférieur à 30.000 €.

Contrairement aux abeilles et aux oiseaux de nos campagnes, le freelance est une espèce en plein essor dans l'agglomération bordelaise, en particulier dans l'univers de la communication et du numérique. Mais qui sont réellement ces nouveaux travailleurs indépendants ? C'est pour répondre à cette question que Pauline Trequesser, du collectif Cosme, Lise Slimane et Blandine Chenot, trois freelances bordelaises, ont mené une enquête empirique auprès de leurs collègues, obtenant 128 réponses. S'il n'a pas de valeur scientifique, ce sondage permet néanmoins d'esquisser un portrait robot du freelance bordelais, ou plutôt de la freelance puisque 67 % des répondants sont des femmes.

Profil

Ces freelances sont majoritairement âgés de 18 à 35 ans (60 %), voire de 25 à 35 ans (50 %) et sans enfant (75 %). Ils sont locataires dans plus de sept cas sur dix et seulement un tiers habite à Bordeaux depuis plus de cinq ans. Signe du dynamisme de ce statut : 51 % sont freelances depuis moins de deux ans.

Le profil de travailleur indépendant est choisi dans 86 % des cas. Les premières motivations sont la liberté (85 %), la flexibilité (69 %), la créativité (56 %) et le travail à distance (49 %). Un choix qui n'est pas regretté puisque les répondants se disent très majoritairement fiers (95 %) et épanouis (92 %) d'être freelances. Seuls 47 % envisageraient ainsi de reprendre une activité salariée, d'abord pour des raisons financières (65 %).

Activité professionnelle

61 % des répondants déclarent exercer plusieurs activités dont prestataires de services (72 %), consultants (36 %), enseignants/formateurs (23 %) ou chargés de projet (23 %). Ces activités relèvent du domaine de la communication et de l'écriture (52 %), du design et de la créativité (52 %), du marketing (25 %), du tech et produit (18 %) et de l'éducation (10 %). La micro-entreprise est plébiscitée (61 %) devant l'entreprise individuelle (13 %).

Leurs premiers clients sont, de très loin, des TPE/PME (86 %) et des travailleurs indépendants (57 %). Viennent ensuite les administrations publiques et collectivités locales (37 %), les très grandes entreprises (27 %), les ONG et structures de l'ESS (25 %) et les écoles et universités (24 %). 95 % des répondants indiquent trouver leurs clients d'abord par leur réseau professionnel : réseaux sociaux (88 %), sites internet (76 %) et cartes de visite (63 %) en sont les principaux vecteurs.

La première difficulté citée par les répondants est de trouver des clients (39 %). Viennent ensuite les démarches administratives (15 %) et la gestion du temps (15 %).

Revenus

En termes de revenus, 70 % des répondants déclarent un chiffre d'affaires annuel inférieur à 30.000 €, soit inférieur à 2.500 € par mois. A titre de comparaison (*), en 2015, le salaire net médian dans le secteur privé s'élevait en France à 1.797 € mensuels. Quant au salaire net moyen il était de 2.250 € mensuels. 20 % indiquent "gagner moins" qu'avant d'être freelance et 23 % "beaucoup moins".

Freelances

37 % des freelances répondants déclarent un chiffre d'affaires annuel compris entre 15.000 et 30.000 € (Crédits : collectif Cosme / Chloé Saint-Denis).

Vie quotidienne

Contrairement aux idées reçues et malgré l'explosion des espaces de coworking à Bordeaux, 86 % des freelances répondants travaillent de chez eux et seulement 30 % dans des locaux partagés (coworking) ou des working cafés (12 %). 62 % d'entre eux travaillent 5 jours sur 7 et seulement 9 % travaillent tous les jours. Les horaires de travail sont très flexibles mais restent majoritairement diurnes, même si 15 % sont adeptes du travail nocturne. 56 % acceptent de travailler occasionnellement le week-end et 80 % ont pris au moins une semaine complète de vacances ces dernières semaines ou derniers mois.

(*) Questionnaire adressé aux 841 membres du groupe Facebook "Free-lance à Bordeaux" en mars 2018. 128 réponses obtenues. Ce sondage n'est pas scientifique et l'échantillon de répondants n'est pas représentatif.

(*) Attention, il faut défalquer les différentes charges et cotisations sociales du chiffre d'affaires pour obtenir ce qui peut être assimilé à un salaire net. Ce dernier n'est parfois égal qu'à la moitié du chiffre d'affaires.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2018 à 22:00 :
Il est dommage que vous ayez comparé le CA au salaire ("A titre de comparaison"), je ne pense pas que vos lecteurs savent que d'un CA il faut déduire les charges avant de générer un "salaire", charges qui peuvent être aléatoires selon le type de prestation, de statut, etc...
Réponse de le 22/05/2018 à 10:28 :
Bonjour,

Pour éviter toute confusion entre CA et salaire, j'ai ajouté une courte note explicative. J'espère que c'est plus clair pour tout le monde.
En vous remerciant pour votre attention,

Bien cordialement

La rédaction
a écrit le 19/05/2018 à 7:20 :
30 000€ de chiffre d’affaire = 2500€ de salaire !!!!
Vous confondez chiffre d’affaires et bénéfice là ! Je suis en entreprise individuelle depuis 10 ans et une fois retiré les 48% de taxes (urssaf, rsi, taxe pro, csg), les frais de comptable, de prevoyance (nous n’avons pas d’indemnités journalieres en cas de maladie), ainsi que les frais divers (centre de gestion, assurance responsabilté, logiciels...). Il reste 40% sur les 30000€ soit 12000€ de bénefice ce qui correspond a un salaire de 1200€ par mois !
Réponse de le 21/05/2018 à 9:19 :
Bonjour,

Il n'est écrit nulle part dans l'article que "30.000€ de chiffres = 2.500 € de salaires". Bien évidemment que le chiffre d'affaires ne correspond pas au salaire net. Nous donnons le salaire médian pour permettre au lecteur de contextualiser l'information et nous n'écrivons pas non plus que le salaire des freelance est mirobolant, bien au contraire puisqu'il est mentionné que 43 % d'entre eux gagnent moins ou beaucoup moins qu'avant. Bien cordialement

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