L’Aérocampus Aquitaine lance un plan d’investissement à 18 M€

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Quelques-uns des 270 élèves formés à l'Aérocampus Aquitaine
Quelques-uns des 270 élèves formés à l'Aérocampus Aquitaine (Crédits : Aérocampus Aquitaine -DR)
Référence internationale dans la formation à la maintenance aéronautique, l’Aérocampus Aquitaine va s’étendre à l’ouest de Bordeaux Métropole et particulièrement à Mérignac, où se trouve l’aéroport international. Mais le nouveau plan d’investissement concerne aussi le site historique de Latresne.

Comme il est officiellement le seul candidat en lice, Jean-Luc Engerand, qui assurait jusqu'ici la direction des programmes du groupe Safran, devrait être sans surprise élu ce mardi à la présidence d'Aérocampus Aquitaine, association loi 1901, lors de l'assemblée générale qui se tient au lycée professionnel Jehan Duperier, à Saint-Médard-en-Jalles (Bordeaux Métropole). Jean-Luc Engerand va ainsi succéder à Denis Guignot, aux commandes de l'association depuis sa création, en 2011, qui vient d'annoncer son départ.

Cadre dirigeant dans l'aéronautique, Jean-Luc Engerand a occupé plusieurs postes et travaillé en Gironde où il a notamment présidé l'association BAAS (Bordeaux Aquitaine Aéronautique et Spatial), l'un des quatre principaux cofondateurs d'Aérocampus Aquitaine, avec l'Education nationale, la Région Aquitaine et l'Union des industries et métiers et de la métallurgie (UIMM) d'Aquitaine. L'établissement scolaire où se tient l'assemblée générale de ce mardi n'a pas été choisi au hasard puisque l'Aérocampus va y ouvrir un atelier dédié au câblage aéronautique.

250.000 € investis au lycée professionnel Duperier

"C'est une très grosse activité. Il y a eu un changement de proviseur au lycée. Son remplaçant a décidé de mettre en valeur l'établissement, qui ne manque pas de place, avec de nouvelles activités. Ce nouveau proviseur est allé voir les industriels qui lui ont conseillé de contacter Aérocampus : c'est ainsi que tout s'est mis en place... se félicite Jérôme Verschave, directeur de l'Aérocampus. Le lycée professionnel Jehan Duperier, poursuit-il, dispose de 630 m2 d'espace où nous avons commencé à former depuis septembre, et ce jusqu'à février prochain, 15 stagiaires de l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) dans le cadre d'un CQPM (certificat de qualification professionnelle) câbleur intégrateur".

L'Aérocampus Aquitaine met du personnel à disposition et investit dans cet établissement 250.000 euros. C'est ainsi que le lycée Duperier a été équipé notamment d'une pointe avant d'Airbus A320 et qu'il recevra bientôt un fuselage de Falcon 900. Un fait d'autant plus notable que ce lycée est installé à l'ouest de Bordeaux tandis que Latresne, où se trouve le siège et le site de l'Aérocampus est à l'est, sur la rive droite de la Garonne.

Hôtel Aérocampus

L'une des chambres de l'hôtel Amélia de l'Aérocampus (DR)

Le poids de l'hôtellerie pour les pros

A terme il s'agit pour l'Aérocampus, qui manque désormais de place sur son site de Latresne (20.000 m2 de plancher) et va continuer à se densifier, de développer de nouvelles activités hors de ces murs historiques. "Jehan Duperier préfigure l'arrivée de l'Aérocampus sur la rive gauche" confirme Jérôme Verschave. Une diversification marquante puisqu'elle va se faire à Mérignac, en plein cœur du pôle aéronautique métropolitain.

"Nous venons d'achever notre premier plan d'investissement de 26 M€, qui a essentiellement consisté à mettre le site de Latresne à niveau, tant dans les infrastructures d'enseignement et de formation que dans les capacités hôtelières, avec la création de 150 chambres d'hôtel de 1 à 4 étoiles. Nous sommes désormais le quatrième hôtel girondin en termes de fréquentation, avec notre clientèle d'affaire" s'amuse Jérôme Verschave.

Quant au deuxième plan d'investissement, il est déjà lancé et va porter le virage initié par l'Aérocampus, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de ses murs.

Raser et reconstruire des bâtiments

"Cette nouvelle tranche d'investissement est d'un montant de 18 M€ sur quatre ans. Nous allons en particulier investir dans la création d'un pôle avionique, consacré notamment aux systèmes embarqués. Nous allons créer aussi un pôle matériel et un pôle électronique. Nous avons acheté le site de Latresne à la Direction générale à l'armement (DGA), avec des bâtiments qui datent parfois de 1946. Ce qui fait que, pour aménager ces nouveaux pôles, nous allons raser des bâtiments et en construire de nouveaux" dévoile Jérôme Verschave.

Aérocampus Aquitaine

Une des élèves de l'Aérocampus Aquitaine (DR)

Le bâtiment dévolu au pôle avionique devrait ainsi développer 2.000 m2 de plancher. Alors même que le premier coup de pioche n'a pas encore été donné, une dizaine d'entreprises de formation sont déjà dans les starting blocks pour venir s'implanter sur le site, souligne le directeur, "parce qu'elles veulent bénéficier de la marque Aérocampus à laquelle elles accéderont en venant ici".

Lire aussi : Talents Nouvelle-Aquitaine de l'aéronautique et de l'espace : le programme complet

Le Drone Campus avec ses volières sur les rails

Ce nouvel investissement va également permettre de créer des volières à drones dans le cadre du projet Drone Campus. Car il n'est pas possible de tester ces petits aéronefs pilotés à distance dans un espace totalement ouvert.

"Nous utilisons aujourd'hui un gymnase à temps partiel, quand les élèves en sport n'y sont pas. Nous avons besoin de deux volières à plein temps pour nos essais. L'une totalement fermée et l'autre ouverte sur l'extérieur mais bouclée par des filets. Comme ça d'ici janvier 2018 nous pourrons commencer à lancer des formations" relève le directeur.

Drones UAV Show

Il faut des volières pour développer puis entrainer les drones (DR)

Ce Drone Campus, unique en son genre en France, doit permettre aux constructeurs, développeurs, utilisateurs, universités et clients des secteurs professionnel et loisirs de lancer des modules de formation aux nouvelles technologies et applications spécifiques aux drones sur un même site. En plus des volières intérieure et extérieure, le Drone Campus offrira à ces professionnels un banc d'essai, des ateliers équipés ou encore une imprimante 3D. Plusieurs projets portés par l'Aérocampus ou auxquels l'association s'associe sont en cours de développement à Mérignac.

Une Cité de l'aéronautique à Mérignac

Le plus spectaculaire de ces projets est baptisé "Tarmaq". Il consiste à reprendre l'actuel Conservatoire de l'air et de l'espace de Mérignac, qui regroupe plus de 70 aéronefs, pour le mettre en valeur et en faire une activité capable de s'autofinancer.

"Aérocampus a été mandaté dans le cadre de l'Opération d'intérêt métropolitain (OIM) pour définir ce projet. L'OIM porte le foncier et en fin d'année nous devons proposer à la Métropole un montage juridique et financier pour ce projet ambitieux qui devrait mobiliser entre 80 et 90 M€. Il s'agit de répondre à la Cité du vin, à Bordeaux, en créant à Mérignac une Cité de l'aéronautique" confirme le directeur de l'Aérocampus.

Le projet n'en est encore qu'à ses prémices mais la future cité, qui devrait marier propositions ludiques, à la façon d'un lunapark, et activités plus sérieuses, telles que la formation, va disposer de 10 hectares qui seront mis à disposition en plusieurs tranches.

parcs d'attraction six flags

L'équipe de l'Aérocampus Aquitaine a écumé les parcs d'attraction pour préparer le projet "Tarmaq" (DR)

La future Cité de l'aéronautique devrait développer au final 60.000 m2. Une maison du projet doit sortir de terre dès l'an prochain.

"Avec juste la formation, Aérocampus n'équilibrerait pas son budget. C'est grâce à l'activité hôtelière que nous y arrivons. Nous avons étudié de nombreux parcs d'attraction en Europe pour préparer le projet. Pour que la formule fonctionne il faut compter que 30 % des recettes sont générées par la restauration et l'hôtellerie" détaille Jérôme Verschave.

Des micro-drones avec Dassault

En parallèle l'Aérocampus Aquitaine, qui a fini par s'imposer comme une référence chez les constructeurs du secteur aéronautique-spatial-défense, annonce la conclusion d'un partenariat avec Dassault Aviation, dont l'usine de Mérignac sera toute proche de la future Cité de l'aéronautique. Il s'agit en l'occurrence de développer l'inspection des avions par des micro-drones autonomes.

Jérome Verschave

Jérôme Verschave, directeur de l'Aérocampus Aquitaine (DR)

Un projet très innovant que l'Aérocampus soutiendra avec l'ensemble de ses moyens matériels basés à Latresne, avec une très probable mise à contribution des moyens du Drone Campus mais aussi de la flotte aérienne du site de Latresne, qui sert à la formation et comprend un Super Etendard modifié, trois Epsilon (avion militaire de formation), un Cessna F406 des Douanes et un Falcon 50. Structure unique en son genre en France, Aérocampus Aquitaine forme aujourd'hui 270 élèves, contre 93 lors de la première année, du bac pro (anglais/allemand) au BTS, et a développé une expertise internationalement reconnue, en premier lieu dans la formation professionnelle à la maintenance aéronautique.

Un Aérocampus à Hyderabad

C'est ainsi que le site de Latresne forme depuis 2016 des stagiaires militaires qataris, âgés de 20 à 28 ans, avec un niveau 3e à Bac +1, en vue de la préparation d'un brevet de technicien dans l'armée de l'Air. Et Jérôme Verschave est rentré récemment d'un voyage en Inde, dans la ville d'Hyderabad, où l'Aérocampus Aquitaine devrait dupliquer son modèle de formation à la maintenance aéronautique.

"Cette école on la crée, dans le cadre d'un accord négocié par Bordeaux Métropole avec le Telangana, l'Etat dont fait partie la ville d'Hyderabad. On crée l'école mais on ne sait pas encore ce qu'il y aura dedans" résume le directeur de l'Aérocampus. L'Aérocampus Aquitaine est également en train de se rapprocher de l'Institut de maintenance aéronautique de Casablanca (Maroc) et a participé en décembre 2016 à la mise en place du concours pour le recrutement de 80 techniciens par Tunisair Technics. Avec en perspective un partenariat beaucoup plus poussé avec le groupe aéronautique tunisien.

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