Brexit : la filière européenne du vin réclame le statu quo avec le Royaume-Uni

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Jean-Marie Barillère, Andrew Shaw, Sean Allison, Miles Beale et Jane Anson au Parc des expositions de Bordeaux (de gauche à droite).
Jean-Marie Barillère, Andrew Shaw, Sean Allison, Miles Beale et Jane Anson au Parc des expositions de Bordeaux (de gauche à droite). (Crédits : HL)
Les acteurs européens de la filière viticole envisagent la négociation d’un accord de libre-échange pour faciliter l’importation de vin vers le Royaume-Uni et maintenir les accords commerciaux pré-Brexit. A l’occasion de Vinexpo qui se tient à Bordeaux, ils demandent le moins de changement possible.

Un an après le référendum donnant le Brexit vainqueur et alors que les négociations viennent tout juste de commencer à Bruxelles, impossible de ne pas évoquer la question de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et de ses conséquences pour les acteurs européens de la filière viticole en plein salon Vinexpo à Bordeaux, le salon incontournable pour les professionnels du secteur des vins et des spiritueux.

Une bouteille de plus en plus chère

Premier constat en lien direct avec l'annonce du Brexit : le vin n'a jamais été aussi cher au Royaume-Uni. Les prix ont augmenté de +3 % au 1er trimestre 2017, contre seulement +1 % au cours des deux dernières années. Conséquence de la dépréciation de la livre britannique face à l'euro, le prix moyen d'une bouteille de vin en Grande-Bretagne vient d'atteindre 5,56 livres (6,4 euros) contre 5 livres jusqu'à présent.

L'incertitude règne aujourd'hui au sein de la filière, pour autant l'heure n'est pas au pessimisme. "Ça stoppe dans un premier temps le business européen mais la vie reprend. On s'adapte à ces variations de monnaie", explique Jean-Marie Barillère, le président du Comité européen des entreprises vins (CEEV).

Pour un accord de libre-échange

Mais une chose est sûre aujourd'hui pour Miles Beale, directeur général de l'Association anglaise du commerce des vins et spiritueux (WSTA), "si le Brexit a effectivement été vécu comme un choc pour nous, nous allons devoir travailler pour faire en sorte qu'il n'y ait aucun changement dans la manière de commercer".

"L'objectif pour nous est que le Brexit soit un non-événement", renchérit Jean-Marie Barillère sur la même longueur. "Mais nous devons négocier un divorce tout en nous occupant de la garde des enfants, si l'on veut. Ainsi, après 18 mois de négociations politiques, nous demandons la négociation d'un accord de libre-échange pour faciliter l'importation de vin vers le Royaume-Uni et maintenir les accords commerciaux pré-Brexit."

Les acteurs européens de la filière viticole demandent clairement un commerce libre avec des droits de douane nuls.

Méfiance vis-à-vis à des politiques

Les déclarations sont claires et unanimes y compris vis-à-vis du monde politique. "Ce ne sera pas facile et laisser ça aux politiques, je ne suis pas très confiant", affirme Sean Allison, viticulteur (graves) en France et originaire de Nouvelle-Zélande. Lui qui a en tête l'expérience de 1973, date à laquelle le Royaume-Uni a intégré la Communauté économique européenne.

"Cela a provoqué un profond changement dans l'économie néo-zélandaise. On a observé une chute libre des exportations vers le Royaume-Uni. La Nouvelle-Zélande a alors dû se tourner vers d'autres pays et ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il a fallu des années pour parvenir à signer des traités de libre-échange."

Même mise en garde de la part de Jean-Marie Barillère.

"On a très peur des déclarations politiques. En 1995-1997, en France, l'annonce de la suspension des essais nucléaires avait provoqué une polémique internationale et un ressenti anti-français. Notre pays a eu du mal à s'en remettre."

Le Royaume-Uni importe du vin de plus de 70 pays. Deuxième pays importateur en valeur et en volume, il représente à lui seul 15 % des importations de vin mondiales. La quasi-totalité du vin consommé en Grande-Bretagne est importée, dont 55 % en provenance de l'Union européenne. L'enjeu est donc de taille pour le Royaume-Uni mais aussi pour l'Italie, la France, l'Espagne et ailleurs dans le monde.

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Commentaires
a écrit le 23/06/2017 à 11:34 :
Si l'europe ne met pas de ressentiments dans les négociations avec le RU il n'y aura pas de problème mais si elle cherche à punir le RU de sa sortie de l'union il est évident que tout cela peut très vite mal tourner.

Mais bon lire des négociants en gros nous affirmer se méfier des discours des politiciens alors que sans ces derniers ils n’existeraient pas, on se passerait très facilement de ces innombrables intermédiaires un peu partout au sein de notre économie qui nous coûtent excessivement cher, c'est cocasse hein.

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