Industrie : la croissance de JVgroup passera aussi par la maintenance

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En 15 ans, Jean-Michel Ramirez et ses équipes ont construit un groupe qui compte 4 entités, 270 collaborateurs et réalise 23 M€ de chiffre d'affaires.
En 15 ans, Jean-Michel Ramirez et ses équipes ont construit un groupe qui compte 4 entités, 270 collaborateurs et réalise 23 M€ de chiffre d'affaires. (Crédits : Thibaud Moritz - Appa)
Invité du Petit Déjeuner interactif La Tribune - Crédit agricole Aquitaine (sur le bateau Sicambre de Bordeaux River Cruise), Jean-Michel Ramirez PDG du groupe industriel JVgroup, interviewé par Jean-Philippe Déjean, a dévoilé la stratégie qui lui a permis de bâtir en moins de 15 ans un groupe industriel tout en évoquant l’avenir de sa croissance qui passe par un positionnement sur l’activité de la maintenance aéronautique.

Après 10 années passées au sein d'un groupe industriel, en l'occurrence Composites Aquitaine (Stelia Composites désormais), Jean-Michel Ramirez, acheteur technique puis responsable des achats sous-traitance, a pris la décision, "parce-que je n'étais ni Gad'zart et SupAéro et que du coup ma carrière allait rapidement plafonner", confie-t-il, de se lancer en 2002 dans l'aventure entrepreneuriale. Il prend alors, avec l'aide d'un partenaire investisseur, une société de 16 personnes, située sur la rive droite de Bordeaux : MPRD. Spécialiste de l'usinage de pièces, MPRD est à l'origine un sous-traitant spécialisé dans les mini séries et le prototypage. Sous la houlette de Jean-Michel Ramirez, la société se structure pour adresser des marchés de la moyenne et grande série dans ce domaine. Pour gagner en crédibilité auprès des grands acteurs industriels de l'aéronautique et du spatial, MPRD se dote d'outils compétitifs et, en 2012, d'un atelier spécialement dédié à l'usinage des matériaux composites.
 Au bout de 2 ans et demi, Stelia, MBDA et Roxel figurent parmi ses clients qui lui permettent d'intervenir sur des programmes aussi divers que l'A350, Ariane ou encore le missile M51.

"Nous avons pris soin d'être présents dans l'aéro, mais aussi dans le spatial et la défense pour diversifier nos marchés et ne pas dépendre seulement de programmes aéronautiques civils qui revoient nos marges à la baisse tous les trois ans", et ce, dès le départ de l'aventure, explique le PDG de ce qui deviendra un groupe, rebaptisé JVgroup, après l'acquisition en 2009 de la société charentaise Perdrijat (Saintes)."La reprise et le sauvetage de cette société en procédure de sauvegarde a été une épreuve que je ne souhaite plus revivre désormais", explique Jean-Michel Ramirez.

Cette acquisition pénible, mais réussie, marque une première étape dans la constitution du groupe qui compte, désormais, après les acquisitions d'Electro Chrome (2010 - Mérignac, 33) et en 2014 des Ateliers Serres (ex-filiale Groupe Lluis), toujours à Mérignac.

"JVgroup ? Un décathlonien, pas une star du 100 m !"

"La stratégie déployée depuis 15 ans vise à faire du groupe un acteur capable d'exceller dans plusieurs domaines. Capable de proposer de nombreux services à des clients qui veulent de plus en plus limiter les sous-traitants, et les interlocuteurs. Nous avons mis sur pied un groupe qui ressemble plus à un décathlonien, bon dans plusieurs disciplines, plutôt qu'à une star du 100 m !" explique Jean-Michel Ramirez. "Nous avons eu à cœur de bâtir un groupe qui rassure les acteurs de l'ASD par sa solidité et l'étendue de ses expertises. Nous sommes dans l'usinage de pièces de carbone ou en acier qui vont de quelques millimètres à 10 m de long, nous sommes dans le traitement de surface, la tôlerie, l'assemblage..."

Aujourd'hui, le groupe girondin compte 4 sites industriels, une agence en Pologne, 270 salariés (dont 20 intérimaires) et a réalisé près de 23 M€ de chiffre d'affaires à 80 % dans l'aéro, le spatial et la défense, mais aussi dans l'offshore, les machines spécialisées, l'aménagement d'intérieurs d'avion, les satellites, le bois et la chimie.
En croissance continue depuis 15 ans, le groupe qui a récemment levé 4 M€ via un LBO, "parce que les partenaires bancaires estimaient qu'il nous fallait faire une pose de 3 ans, ce qui est impossible dans notre secteur industriel", souligne le PDG, dispose d'une capacité d'investissement de près de 15 M€. Des investissements sur l'outil de productions sont programmés, des opérations de croissance externe permettant d'élargir encore le champ d'action de JVgroup sont à l'étude, plutôt dans le Grand Sud-Ouest.

La MRO dans le viseur pour accélérer la croissance

"Nous visons 50 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon de 5 ans. Atteindre cet objectif voudrait dire occuper en France une place qui nous permettrait de ne plus être ballotés par nos fournisseurs et les clients. Nous pensons pouvoir atteindre 30 M€ en croissance organique... "

Le reste passera donc par de la croissance externe, elle concernera vraisemblablement la filière MRO (Maintenance Repair and Operations), la maintenance aéronautique et spatiale.

"Il existe beaucoup d'opportunités de business dans ce secteur en fort développement. Les grands acteurs du secteur ont des qualifications et font réaliser le travail à des sous-traitants. Nous maîtrisons à peu près toutes les expertises nécessaires pour prendre des positions sur ce marché qui, en outre, va permettre à JVgroup de se faire connaître de tous les acteurs du secteur aéronautique, les Européens comme les Américains notamment", glisse en conclusion Jean-Michel Ramirez.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2017 à 10:33 :
Bravo fiston, ton commentaire est super. Tu te débrouilles comme un grand (que tu es).
C'est quoi un "LBO" ?
Bises

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