Le groupe girondin JVgroup lève 4 M€

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L'aéronautique représente 60 % du chiffre d'affaires de JVgroup.
L'aéronautique représente 60 % du chiffre d'affaires de JVgroup.
Le groupe industriel JVgroup veut grandir plus vite et a choisi le financement privé comme super carburant pour y arriver, avec une levée de fonds de 4 M€ à la clé. Très lié au secteur aéronautique-spatial-défense, JVgroup est dirigé par son fondateur Jean-Michel Ramirez : un homme pressé.

Jean-Michel Ramirez ne transige pas avec le rythme de croissance de JVgroup, à Artigues-près-Bordeaux (Gironde). Cette société holding, Jean-Michel Ramirez l'a créée en 2010. Elle s'appuie sur des fondations qui remontent à 2002, quand Jean-Michel Ramirez prend le contrôle de la société MPRD (études et réalisations d'ensembles mécaniques), à Artigues-près-Bordeaux. Un achat que ce technicien supérieur en matériaux composites a réalisé après avoir quitté son employeur, Composites Aquitaine (devenue Stelia Aerospace Composites - Groupe Airbus), à Salaunes (Gironde).

En quelques années MPRD est devenu le noyau d'un nouvel ensemble qui agrège l'Atelier Serres (mécanique, chaudronnerie, usinage...), à Eysines (Gironde), qui appartenait à la famille Lluis, bien connue dans le milieu industriel bordelais, les Girondins Electro Chrome (traitement de surface) et Air Industrie (mécanique industrielle), à Mérignac, et Perdrijat Production (mécanique de précision, usinage numérique), à Saintes (Charente-Maritime).

"Je n'ai pas froid aux yeux"

"En 2002 j'employais 16 salariés. Aujourd'hui nous sommes 270 !", s'enthousiasme le quadragénaire. Malgré un développement soutenu, accéléré par des rachats d'entreprises, Jean-Michel Ramirez veut encore aller plus vite. C'est pour cela qu'il a eu recours à une opération de financement privé (ou prive equity : hors Bourse et hors banque), sous forme de LBO (effet de levier financier par l'extérieur), à hauteur de 4 M€. Le patron de JVgroup n'est pas un financier mais bien un industriel. Mais c'est aussi un homme pressé qui sait se faire conseiller et qui a trouvé avec Aelios Finance, cabinet conseil parisien implanté à Toulouse, le partenaire qu'il lui fallait.

"Je suis entré en contact avec Aelios Finance, qui a analysé mes besoins avant de rechercher l'offre qui me conviendrait le mieux et me mettre en contact avec iXO PE (société de capital développement toulousaine, NDRL). J'ai eu recours au LBO parce que, quand je suis allé voir mon banquier, il m'a suggéré de faire une pause dans les investissements, pendant trois ou quatre ans, histoire de bien digérer tous ceux que j'avais faits. C'est vrai, j'ai beaucoup investi mais je n'ai pas froid aux yeux. Et puis nous sommes au milieu du gué, nous ne pouvons pas ralentir la cadence de notre développement, sinon nous allons décrocher du marché et ce sera fini", argumente le dirigeant.

Objectif : 50 M€ de CA et 500 salariés

Ces 4 M€ ne sont pas une bagatelle puisque JVgroup réalise un chiffre d'affaires consolidé de 20 M€, mais Jean-Michel Ramirez assure que l'endettement lié à ce LBO n'aura pas de conséquence sur la marche du groupe, pas plus que cette ouverture de capital, dont il souligne le caractère "minoritaire", sur la définition des objectif à atteindre. Ce dirigeant conquérant veut multiplier le chiffre d'affaires de JVgroup par 2,5 d'ici en sept ans maximum, cinq ans si possible, pour le porter à 50 M€, avec 400 à 500 salariés ! Bien entendu, Jean-Michel Ramirez va avoir recours à des opérations de croissance externe et, de façon tout aussi prévisible, il ne veut pas en parler, aucune nouvelle opération n'ayant encore été signée.

JVgroup travaille essentiellement, à 90 %, pour le secteur aéronautique-spatial-défense (ASD) et massivement pour l'aéronautique (60 % du CA). Sous-traitant de rang 1 dans le spatial et la défense, JVgroup est sous-traitant de rang 2 pour l'aviation civile. Une situation qui devrait évoluer à moyen terme. Le groupe girondin travaille aussi pour les plateformes pétrolières off-shore et l'industrie nucléaire. JVgroup possède un bureau commercial en Pologne, près de Cracovie. "Tout est fait en France, je n'ai pas de filiale en Afrique du Nord ou ailleurs", résume le dirigeant avec fermeté. Une option tricolore qu'il compte bien continuer à cultiver.

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