Girondins de Bordeaux : la Métropole rattrapée par l'aléa sportif

La question du Football club Girondins de Bordeaux FCGB) et de leur descente quasi actée en Ligue 2 a fait l'objet d'un débat au conseil de Bordeaux métropole ce 20 mai. Tout en assurant que la convention avec les Girondins ne prévoit pas de renégociation du loyer du stade en cas de relégation, Alain Anziani a affirmé que la collectivité le prendrait en charge si le club se retrouvait financièrement défaillant. Le coût supporté par la Métropole pourrait alors quintupler.

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Si la descente en Ligue 2 n'est pas encore officielle, les débats ont commencé chez les élus pour savoir comment la Métropole pourrait être mise à contribution.
Si la descente en Ligue 2 n'est pas encore officielle, les débats ont commencé chez les élus pour savoir comment la Métropole pourrait être mise à contribution. (Crédits : Agence APPA)

Les Girondins de Bordeaux en Ligue 2 ? Mathématiquement évitable, sportivement inéluctable. Il ne reste qu'un match à Brest, ce samedi 21 mai, avant la fin du championnat de France de football dont le club occupe la dernière place. Même Bordeaux métropole a acté la perspective de la relégation ce vendredi matin en conseil métropolitain. "Il n'est pas encore temps de pleurer, il est temps de s'alarmer !", a enjoint Alain Anziani. Le président (PS) de Bordeaux métropole a témoigné de son inquiétude et de sa tristesse au sujet d'un club qui "fait partie de notre patrimoine". Nicolas Florian quant à lui, ancien maire (LR) de Bordeaux et conseiller métropolitain, a rappelé les bons souvenir des épopées européennes des Girondins, emblèmes passés de la gloire sportive et de la réussite financière du club. Mais il y a l'heure des oraisons et l'heure des comptes.

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La seconde viendra lorsque la descente sera officiellement actée. Et déjà, les observateurs de cette relation contrariée depuis plusieurs années, entre un club victime d'une gestion calamiteuse et une métropole exposée aux aléas financiers, savent que le pire est à venir. Avant de redémarrer en championnat la saison prochaine, le FCGB (Football club des Girondins de Bordeaux) devra présenter ses comptes devant un autre anagramme en quatre lettres, mais bien plus redoutable : la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion). Si l'instance valide le dossier bordelais, le club pourra continuer à évoluer dans son championnat. Dans le cas contraire, il pourrait carrément tomber en Nationale 3, le cinquième et dernier échelon du football professionnel français chez les masculins.

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Cette descente dans les abimes pourrait s'accompagner d'une conséquence cette fois définitive : la liquidation financière du club. "On n'en est pas encore là", a cependant tempéré Alain Anziani, juste après avoir évoqué cette possibilité. La veille, il a dit s'être entretenu par téléphone avec Gérard Lopez, président et propriétaire du FCGB. Comme il l'avait déjà avancé, l'investisseur hispano-luxembourgeois a promis de rester même en cas de rétrogradation. De quoi éviter le pire sur le plan financier ? L'homme d'affaires est effectivement en capacité d'apporter certaines garanties, là où les autres candidats à la reprise à l'été 2021 ne le pouvaient pas.

"Dix millions d'euros, on pourrait les assumer"

Mais la Ligue 2 signifie une baisse des recettes pour les clubs qui descendent et l'impact sera d'autant plus marqué chez les Girondins, où Gérard Lopez perd déjà de l'argent avec un déficit pour cette saison estimé entre 30 et 40 millions d'euros. Une situation qui pourrait conduire le FCGB à renégocier le loyer annuel de 4,7 millions d'euros qu'il verse à la métropole pour l'occupation du stade. C'est là que le président de la métropole tient un double discours. "Ni le contrat de partenariat [entre la métropole, SBA l'exploitant du stade et le FCGB, ndlr] ni la convention signée avec le club ne prévoient une descente en Ligue 2. La convention s'appliquera et il n'y aura pas de baisse de la redevance", a-t-il assuré devant les élus métropolitains. Avant de déclarer à La Tribune qu'en cas de départ de SBA ou de difficultés des Girondins, "dix millions d'euros par an, on pourrait les assumer". C'est bien la somme en jeu pour le contribuable métropolitain qui avait déjà été sollicité l'an passé par le biais d'une réduction du loyer des Girondins de 1,4 million d'euros en raison du Covid.

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En vertu du contrat en vigueur autour de l'exploitation du stade, le reste à charge de la collectivité s'élève à 2,6 millions d'euros annuels. Si SBA venait à se retirer, comme il l'a laissé entrevoir il y a quelques mois, et que les Girondins venaient à être liquidés - une situation très hypothétique - le montant pourrait grimper autour des 10 millions d'euros. Alain Anziani se veut rassurant sur l'avenir de SBA. "C'est vrai qu'ils perdent de l'argent chaque année mais ils ont conscience que de grands événements arrivent", avance-t-il à La Tribune, justifiant un potentiel de recettes à venir pour l'exploitant du stade, notamment avec les demi-finales de Top 14 en 2025.

En attendant ces réjouissances, Bordeaux métropole a tout intérêt à donner des gages à ses deux partenaires, dans un contrat où elle a, pour l'instant, une position avantageuse, même si l'aléa sportif jamais anticipé auparavant pourrai briser cette faveur.

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