Lime, Bolt, Tier, VOI, Uber, Pony... A partir du 1er juin, de nouvelles trottinettes débarquent à Bordeaux

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Lime, après avoir opéré son service à Bordeaux pendant un mois et demi avant de se retirer, devrait effectuer son retour sur les rives de la Garonne
Lime, après avoir opéré son service à Bordeaux pendant un mois et demi avant de se retirer, devrait effectuer son retour sur les rives de la Garonne (Crédits : La Tribune / Mikaël Lozano)
Lime, Bolt, VOI, Tier, Uber et son service Jump, Flash... De nombreux acteurs du free floating, permettant aux usagers des applications mobiles correspondantes d'utiliser des trottinettes et vélos électriques en libre-service dans la rue, s'apprêtent à débarquer à Bordeaux. La Tribune dresse en exclusivité la liste les sociétés qui préparent leur arrivée. Au total, plus d'une quinzaine d'opérateurs se sont manifestés auprès de la Métropole. Le top départ est fixé au 1er juin. Ces dernières semaines, la charte bâtie par les services de la Métropole pour encadrer cette activité a été durcie sur plusieurs points.

Deux opérateurs pour les vélos électriques en libre-service, deux pour les scooters électriques et... 15 pour les trottinettes électriques ! Ces dernières semaines, de nombreux opérateurs se sont renseignés officiellement pour attaquer un marché bordelais du free floating qui aiguise les appétits. Pour mémoire, tous ces acteurs proposent sensiblement la même chose : le client peut, grâce à son smartphone, géolocaliser la trottinette, le vélo ou le scooter le plus proche, s'y rendre, le déverrouiller en scannant un QR code, effectuer son trajet et laisser sur place l'engin, tant qu'il reste dans le périmètre autorisé par l'opérateur, sans avoir à l'attacher à une quelconque borne. Ce marché a émergé en quelques mois, prenant au dépourvu les collectivités locales. A Bordeaux, Yego et ses scooters électriques vert pomme s'est installé, Indigo Weel est arrivée avec sa flotte de vélos blancs et violets, Lime et ses trottinettes est arrivé puis reparti au bout d'un mois et demi, Wind s'est accroché. Et la Ville et la Métropole ont ensuite fermé les vannes, le temps que la prochaine Loi d'orientation des mobilités, actuellement discutée à l'Assemblée nationale, établisse un cadre. Ce qui n'a pas pour autant freiné les ardeurs des acteurs du marché.

VOI est déjà sorti du bois

D'après les informations collectées par La Tribune auprès de plusieurs sources, dès le 1er juin ou dans les semaines qui suivront, Lime, Bolt (service de la société Txfy), Tier, Snap.express, Bird, VOI, Uber et son service baptisé Jump, ainsi que Flash et Pony, devraient probablement arriver dans les prochaines semaines sur les rives de la Garonne. Ils rejoindraient ainsi Yego, Wind et Indigo Weel déjà présents. Indigo Weel qui, toujours selon nos informations, va lancer en plus de ses vélos une flotte de scooters électriques.

Cette liste n'est pas exhaustive puisque Stéphanie Givernaud, conseillère municipale de Bordeaux, confirme qu'une quinzaine d'acteurs de la trottinette au total ont manifesté leur intérêt. Tous ne finiront probablement pas par s'installer en bord de Garonne, mais certains sont prêts. VOI par exemple ne s'en cache pas : sur Facebook, la société annonce être officiellement à la recherche de "chasseurs" bordelais de trottinettes pour récupérer ses engins et les recharger à domicile contre rémunération. Fondée à Angers, Pony a aussi dévoilé son arrivée (trottinettes et vélos) avec un modèle différenciant permettant aux utilisateurs d'être propriétaires de leur engin.

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En attendant les décrets d'application de la future Loi orientation des mobilités, la Ville et de Bordeaux et la Métropole ont travaillé à l'élaboration d'une charte encadrant cette activité. La Tribune avait révélé le contenu de la première mouture en mars dernier. Une 2e version a été rédigée et durcit encore la règle du jeu. Elle devra obligatoirement être signée par les opérateurs de free floating. Opérateurs qui ont d'ailleurs dû fournir une série d'informations en vue d'obtenir les autorisations d'occupation temporaire du domaine public. Bordeaux, Bègles et Pessac ont donné leur accord pour accueillir les services, d'autres communes ont refusé, des discussions sont toujours en cours avec Mérignac par exemple. Les opérateurs n'ont, de toute façon, aucun intérêt à s'éloigner des zones denses car leur modèle fonctionne sur une utilisation soutenue des objets de mobilité déployés.

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Les seuils passent mal

Que dit cette nouvelle version de la charte, qui sera votée en conseil métropolitain ce vendredi ? Premier point, le sujet de la redevance. Initialement fixée à 10 € par an par vélo et trottinette mis en circulation, elle a été relevée à 30 € par engin. A contrario, les 100 € par scooter ont été abaissés à 50 €.

"Le système de partage sera très simple : 10 % sera reversé aux communes adhérentes à la charte, le reste à la ville de Bordeaux", précise Stéphanie Givernaud. Le 2e point est probablement celui qui génère le plus de grogne chez les opérateurs, c'est celui des quotas : 600 vélos par société, 200 scooters, et surtout 100 trottinettes au lieu des 200 prévues initialement. "Ils tiquent effectivement, concède Stéphanie Givernaud. Mais il sera possible de relever facilement ces seuils sans obligation de revoter une nouvelle charte." Malgré cette souplesse promise, ce sujet est LE point noir du point de vue d'opérateurs. Ces derniers estiment qu'ils sont en capacité de proposer une alternative électrique aux voitures individuelles et aux transports en commun et demandent les mains libres mais ils sont malgré tout dans l'obligation de s'y plier.

Troisième point, les zones de stationnement. Pour éviter que les engins soient laissés de manière anarchique sur les trottoirs, la charte balaie le modèle historique du free floating et impose un stationnement sur des zones spécifiques. délimitées par un marquage au sol. Les vélos pourront également être déposés contre les arceaux publics et les scooters sur les espaces dévolus habituellement aux deux-roues. Les opérateurs devront mettre en place des pénalités pour les utilisateurs qui disposeraient les engins en dehors de ces espaces dédiés. Les Bordelais les plus observateurs auront déjà repéré que les premiers marquages au sol sont apparus il y a deux semaines. Le 1er juin, une cinquantaine de zones auront été formalisées, puis 50 autres d'ici mi-juin, pour atteindre les 200 au total d'ici la fin du mois. Le marquage utilisé est similaire à celui déployé à Paris et conforme aux attentes du ministère des Transports, précise Stéphanie Givernaud. Précision importante, car elle indique qu'il ne faudra pas le changer lorsque le cadre réglementaire national entrera en vigueur.

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